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Mo 2012 | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 16 - 10 - 2012

Chaque année, la fondation Mo Ibrahim propose un prix conséquent aux ex-dirigeants africains, élus démocratiquement et qui auront quitté le pouvoir en laissant le pays dans un meilleur état que celui dans lequel ils l'ont trouvé. La bourse de 5 millions de dollars est versée par fractions pendant une durée de 10 ans. Puis elle est suivie par une rente de 200 000 dollars annuels à vie. Ce qui, pour un ancien dirigeant, représente une confortable retraite. Lancé il y a six ans, ce prix a récompensé jusqu'à présent trois personnes, Festus Mogae du Botswana, Joaquim Chissano du Mozambique et Pedro Verona Pires, ancien président du Cap Vert qui a été sélectionné l'an dernier. Cette année, il n y aura pas de vainqueur. Faute de candidats éligibles selon les critères stricts de la fondation Mo Ibrahim. Cela ne signifie pas pour autant que parmi les dirigeants qui ont quitté le pouvoir au cours des trois dernières années, aucun ne serait à la hauteur morale de sa mission. Cela reflète simplement l'exigence de ce prix, qui, au-delà de la somme en jeu, acquiert une valeur symbolique plus importante, lui donnant par ricochet une importance pour les candidats potentiels. Récompenser ceux qui ont réussi est une pratique anglo-saxonne répandue. Elle est associée à la culture du mérite. Mais après la dimension pécuniaire, l'objectif premier de Mo Ibrahim est de stimuler le débat sur la gouvernance des pays d'Afrique subsaharienne et du monde. Gouvernance qui s'améliore d'année en année sur le continent comme le révèle l'Indice Ibrahim, qui mesure la performance des pays africains par le biais de plus de 80 indicateurs. L'intérêt de ce genre d'initiatives est qu'il permet de mesure de manière impartiale et quantifiable les progrès réalisés sur des thématiques étroitement liées au développement de la référence démocratique et permet d'établir des comparaisons entre états, ainsi que dans le temps. De ce fait, l'indice et le prix Mo Ibrahim sont des instruments de mesure qui contribuent pour les pays africains à se fixer un cap sur des bases saines. Une initiative aux retombées utiles en conclusion.
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