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El Aboudi : « Le thème de mon film est osé » | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 08 - 01 - 2013

Le réalisateur maroco-finlandais Mohamed El Aboudi signe un documentaire audacieux et dénonciateur. Danse of Outlaws sonde le milieu des femmes marginalisées, et la tourmente d'une danseuse de ventre, ancienne victime d'un viol.
Mohamed El Aboudi est un habitué des documentaires axés sur des sujets sociaux et humains. Résidant en Finlande, il enchaîne depuis 2008 les documentaires pour la chaîne de télévision finlandaise, YLE. Il a représenté son pays d'adoption à plusieurs reprises dans la compétition pour Prix Europa/Prix Iris, avec “Inside/offside: Dreams vs Reality" en 2006, et “Fight of Fate" en 2010. Projeté en décembre au festival du film de Dubaï et sélectionné en compétition officielle du festival du film de Tanger, “Dance of Outlaws" traite d'un thème culotté, et affiche un langage cru.
Groupe de danseurs et musiciens lors d'un mariage. Le réalisateur maroco-finlandais (ci-dessous) sonde l'univers des femmes aux «moeurs légères».
Comment avez-vous eu vent de l'histoire de Hind, votre héroïne?
Il y a cinq ans, j'ai rencontré un vieillard qui cherchait des danseuses pour le mariage de son fils. Il les voulait jeunes et belles, et j'étais surpris par l'intérêt qu'il montrait pour ce sujet. Ce jour-là, un ami m'a expliqué que ces jeunes filles étaient très convoitées. Elle sont jeunes, souvent analphabètes, abandonnées par leurs familles, travaillant comme prostituées, danseuses ou femmes de ménage. Elles vivent en marge de la société. Ce sujet m'a tout de suite interpellé et j'ai décidé d'assister aux répétitions en compagnie de mon ami, musicien dans un des groupes. A l'écoute de leurs histoires, leur façon de parler et leur façon d'être traitées, j'étais sidéré. Elles avaient la vingtaine et parlaient comme de vieilles femmes et semblaient aussi éprouvées et expérimentées que des femmes d'âge mûr.
Selon vos recherches, quel est le sort réservé à toutes ces femmes violées dans l'enfance?
Hind a perdu son identité parce qu'elle a été chassée de chez elle après le viol. Ses parents ont refusé de lui donner un certificat de naissance et elle s'est retrouvée dans l'incapacité d'obtenir une pièce d'identité, de louer un appartement ou de trouver du travail. Au Maroc, si une femme perd sa virginité, quelle qu'en soit la raison, elle est condamnée. Sa famille l'abandonne pour cause de déshonneur, et tout le monde la traite comme une fille de petite vertu. La majorité des femmes violées sont soit forcées à épouser leur violeur ou chassées de chez elles. Dans mon film, je parle de femmes qui ont cessé d'exister et qui sont mises au ban de la société.
Votre film a été tourné dans une région reculée. Selon vous, les filles violées sont-elles traitées de la même manière dans les villes?
La situation est similaire partout. Si une femme perd sa virginité d'une manière non conventionnelle, elle est bannie. Il s'agit d'éducation et non d'enjeu géographique. Le manque d'éducation est un problème majeur, et entraîne une méconnaissance des citoyens de leurs propres droits. Lorsque j'ai demandé à une des filles la raison qui l'a empêchée de recourir à la police, elle m'a dit qu'elle avait peur d'être jetée en prison. D'ailleurs, j'ai réalisé que la plupart des gens éduqués au Maroc ignorent tout sur ces femmes, et préfèrent fermer les yeux, les cataloguer comme prostituées, comme si elles avaient choisi cette voie. Ils étaient tout étonnés de connaître l'envers du décor.
Pourquoi le choix est-il tombé sur Hind, l'héroïne de votre film?
D'abord, j'ai tourné avec quatre filles, mais pendant le tournage j'ai réalisé que Hind était la plus désinhibée et la plus sincère. Elle m'a ouvert son coeur et m'a dit: “Je n'ai rien à perdre".
Vos personnages interprètent leurs propres rôles. Comment avez-vous réussi à les faire jouer aussi aisément devant la caméra ?
Les filles jouaient aisément parce que leur travail consiste à jouer la comédie, à faire plaisir à leurs clients et à se donner en spectacle. Elles sont habituées à être photographiées et filmées. Et comme dit l'adage, le metteur en scène réalise la fiction et Dieu le documentaire. J'aime bien utiliser les méthodes de narration dans le documentaire, ça me permet d'obtenir une histoire forte et un certain dynamisme. Au Maroc, la plupart des documentaires se font à la manière du reportage, alors qu'en Finlande, il existe une nette distinction entre les deux genres. En Finlande, les documentaires considérés artistiques sont dûment financés, représentés dans les festivals et projetés dans les salles de cinéma.
Le film sera-t-il projeté dans les salles marocaines?
Je ne sais pas. C'est problématique, étant donné que c'est un film osé. La thématique est audacieuse et le langage cru. Le thème abordé, voire la sexualité, est encore un grand tabou dans notre société. Je sais que certaines personnes, celles qui refuseraient d'épouser des femmes qui ont perdu leur virginité, jugeraient les femmes de mon film comme impures et indignes, et les mépriseraient.
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