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Malgré procès et scandales, l'argent reste tabou dans le sport universitaire américain
Publié dans Libération le 23 - 10 - 2018

Dessous de table, avantages en nature: les pratiques discutables du sport universitaire américain de haut niveau ont été mises au jour à New York lors d'un procès historique, mais le milieu n'est pas pressé de se réformer, laissant amateurisme et argent faire mauvais ménage.
Facultés ou joueurs, des noms parmi les plus prestigieux du basket universitaire ont été cités lors de ce procès inédit, dont les débats se sont achevés jeudi.
Dennis Smith Jr., aujourd'hui meneur de jeu titulaire des Dallas Mavericks en NBA, mais aussi la jeune recrue la plus en vue de la ligue de basket professionnelle nord-américaine cette saison, Deandre Ayton (Phoenix Suns), auraient tous deux bénéficié, avec de nombreux autres, de pots-de-vin pour les inciter à s'engager pour telle ou telle université alors qu'ils n'étaient que lycéens, selon un témoin.
L'impossible équation d'un milieu générant (pour le basket et le football américain) des milliards de dollars, dont les athlètes ne voient que des miettes, était là exposée.
A titre d'exemple, l'entraîneur de l'équipe de football américain de l'université d'Alabama, Nick Saban, cinq fois champion ces dix dernières années, reçoit un salaire annuel de 8,3 millions de dollars.
Mais sur le banc des accusés, pas de joueurs, d'entraîneurs ou de responsables universitaires: seulement un ancien cadre d'Adidas, un consultant de l'équipementier et un aspirant agent, accusés d'avoir joué les intermédiaires.
Selon un raisonnement dénoncé par beaucoup, l'acte d'accusation présentait même les universités comme victimes, et non comme coupables.
Le procès événement, qui était censé faire trembler le sport universitaire sur ses fondations, l'a finalement plutôt épargné, hormis un léger accroc à son image.
"Les gens sont déjà habitués aux scandales" dans ce milieu, explique Andrew Zimbalist, professeur au Smith College (Massachusetts) et spécialiste de l'économie du sport.
A l'automne 2017, le principal organe de gouvernance du sport universitaire, la NCAA (National Collegiate Athletic Association), avait admis qu'il "devait procéder à des changements significatifs", à la lumière de ces révélations.
Une commission ad hoc, présidée par l'ancienne secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, a donc formulé en avril des recommandations, qui vont être progressivement mises en place.
Davantage de frais pris en charge par les universités, possibilité d'engager plus tôt un agent... Pour Andrew Zimbalist, les mesures vont "dans la bonne direction, mais elles ne s'attaquent pas aux bases de ce qui se passe dans le sport universitaire".
La commission a notamment soigneusement évité la question de la rémunération des athlètes étudiants, qui était pourtant sur toutes les lèvres.
"Le procès de New York montre que les joueurs ont de la valeur et qu'elle peut être très élevée", souligne David Ridpath, professeur d'administration du sport à l'université d'Ohio.
Selon le témoin vedette du procès, certains joueurs se seraient ainsi vu proposer plus de 100.000 dollars pour se décider en faveur d'une université précise.
Sur la côte ouest, un autre front judiciaire est ouvert, au civil cette fois-ci, par d'anciens joueurs universitaires de football et de basket.
Devant un tribunal californien, ils font valoir qu'en limitant les indemnités (frais de scolarité et d'hébergement) accordées aux athlètes par les universités, la NCAA enfreint les lois de la concurrence en mettant en place une entente.
Le procès a eu lieu en septembre et une décision est attendue prochainement, même si rares sont ceux qui en espèrent un bouleversement.
"Il est très improbable que les tribunaux résolvent cette question parce que les lois antitrust sont très peu claires et sujettes à différentes interprétations", prévient Andrew Zimbalist.
La Justice a déjà tranché partiellement en faveur des athlètes en 2015 dans un autre dossier. Mais la Cour suprême ayant refusé d'examiner l'affaire, les conséquences ont été limitées.
Pour M. Zimbalist, il appartient maintenant au Congrès et à d'autres organisations, hors du giron de la NCAA, de se saisir du sujet.
Il rappelle le précédent de 1978 et la création, par le Congrès, du Comité olympique américain, qui a notamment permis aux athlètes olympiques d'être officiellement rémunérés.
David Ridpath milite auprès des élus du Congrès pour les sensibiliser à la question de l'intégrité du sport universitaire. Pour lui, la révolte pourrait aussi venir des athlètes, lassés de ce système qui les exploite, "par le boycott ou la grève".
A moyen ou long terme, "le changement arrivera quoi qu'il arrive", dit-il. "Nous devons simplement décider où nous voulons aller".


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