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Nouveaux membres et nouvelle vie pour les amputés du Soudan du Sud
Publié dans Libération le 18 - 05 - 2019

Stephen, 12 ans, bondit avec assurance à travers une courette écrasée par le soleil à Juba, se faufilant entre les patients en chaise roulante et jouant avec d'autres enfants, comme si sa prothèse l'entravait à peine.
Lorsqu'il avait cinq ans, la voiture dans laquelle il voyageait avec sa famille a heurté une mine dans la ville de Bentiu, dans le nord du Soudan du Sud. Sa grand-mère a été tuée, lui a vu sa jambe gauche déchiquetée. Il a fallu l'amputer.
Un avion l'a transporté jusqu'à Juba, où le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) gère, sur un même site, une unité de fabrication de prothèses et un centre de rééducation pour les patients.
"(La prothèse) m'a aidé à aller à l'école", marmonne timidement Stephen, rencontré dans le centre du CICR où il a reçu sa nouvelle jambe en 2013.
A cause de la guerre, il n'avait pu revenir dans ce centre depuis lors, malgré la nécessité pour les enfants en croissance de changer de prothèse tous les six mois. En mars, Stephen a enfin pu s'y rendre, avec une jambe devenue bien trop petite pour lui.
Des milliers de Sud-soudanais ont perdu un membre depuis le début de la guerre civile en 2013. Selon le CICR, environ 60% des patients du centre - l'un des trois du pays - ont été blessés par balle.
Beaucoup d'amputations auraient probablement pu être évitées si l'accès aux soins n'était pas si limité au Soudan du Sud, que ce soit en raison des combats ou de routes inexistantes ou impraticables lors de la saison des pluies.
"Une blessure simple ou une fracture qui pourrait être soignée facilement dans la plupart des pays peut se transformer en infection ici en raison des problèmes du système de santé", explique Régis Tiffeneau, prothésiste et orthésiste au CICR.
Certains patients ont subi les conséquences de maladies comme la polio ou le rachitisme - dus à la malnutrition.
Dans l'atelier, des modèles de jambes tournent sur eux-mêmes, fixés sur des machines. On les recouvre de plâtre afin d'obtenir la forme exacte voulue, puis d'un plastique brun qui formera la prothèse elle-même.
Une fois les mesures du patient prises et le moulage fait, la prothèse peut être fabriquée en un jour, explique Emmanuel Loubari, le responsable de l'atelier.
L'année dernière, le centre en a fabriqué 580. "Beaucoup de patients (au Soudan du Sud) sont censés recevoir une prothèse mais n'ont pas accès au centre", ajoute Emmanuel Loubari.
Les routes sud-soudanaises sont si mauvaises que le CICR utilise une flotte d'avions et d'hélicoptères pour amener ses patients jusqu'au centre. Pendant la saison des pluies, il est difficile d'atterrir dans beaucoup de zones isolées.
Réunir dans un centre de soins des populations qui se font parfois la guerre ailleurs dans le pays peut également poser problème.
"Ils sont traumatisés, la plupart d'entre eux ont été blessés par des tirs ou par des mines, nous leur parlons de pardon", explique James Soma, un travailleur social.
La veille, une dispute a éclaté entre deux patients, l'une reprochant à l'autre de lui chercher des problèmes en raison de son ethnie, avant de promettre qu'elle allait "ramener des membres de sa famille et tous (les) tuer", raconte-t-il.
Le centre du CICR reçoit beaucoup d'enfants. "Il y en a cinq actuellement, tous blessés de manière différente... il y en a même qui ont été blessés par balle alors qu'ils étaient attachés sur le dos de leur mère", relate le physiothérapeute Oketta Robert Kanyara.
Ceux qui comme Stephen ont déjà utilisé une prothèse par le passé n'ont besoin que de deux ou trois jours avant d'être prêts à rentrer chez eux, mais pour les nouveaux patients, plusieurs semaines peuvent être nécessaires.
Laytol, âgée de cinq ans, se balance calmement entre deux barres de métal. La petite fille, qui selon les médecins a été mordue par un serpent et dont la jambe "aurait probablement pu être sauvée", essaie sa prothèse pour la première fois.
"Elle réagit très bien. Elle a été équipée aujourd'hui. Elle ne pleure pas et elle marche", s'enthousiasme Oketta Robert Kanyara.
Le physiothérapeute souligne qu'entraîner des enfants à utiliser leur prothèse peut être difficile, obligeant souvent les soignants à recourir à des jeux, car les petits ne comprennent pas bien le concept de transfert de poids et ont beaucoup de mal à suivre des instructions.
"Quand j'ai commencé avec Stephen en 2013, c'était très, très difficile", se souvient-il. "Lorsqu'on lui disait de se mettre debout, il pleurait."


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