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Le "biz-Hoeness model" gagnant du Bayern
Publié dans Libération le 20 - 05 - 2019

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Gestion virtueuse, pillage en règle des concurrents en Bundesliga et politique sportive de long terme: le Bayern Munich, assoit son incroyable longévité au sommet du foot allemand sur une philosophie incarnée par un homme: Uli Hoeness, aux commandes du club depuis 1979.
Il a remporté samedi son 7e titre de champion consécutif, le 14e depuis l'an 2000.
Lorsque Hoeness a pris son poste de manager en 1979, à 27 ans seulement, le chiffre d'affaires du club se montait à 12 millions de Deutsche Mark, l'équivalent de 6 millions d'euros actuels ! Désormais président, l'ancien attaquant de la grande équipe des années 70 a annoncé l'an dernier un chiffre d'affaires de 629 millions. Au quatrième rang des clubs les plus riches du monde, derrière le Real Madrid (750 M d'euros), le FC Barcelone (690 M) et Manchester United (666 M). (Source cabinet Deloitte).
Deux phrases célèbres de Hoeness résument sa stratégie: "Quand les autres vont à la banque, c'est pour emprunter. Nous, nous allons au guichet des dépôts" et "nous n'avons pas de mécènes, seulement des partenaires".
Sa philosophie, calquée sur celle qui a fait la fortune des PME allemandes après-guerre, est simple: ne pas dépenser plus que l'on gagne, et toujours avoir un trésor de guerre placé en banque.
C'est ainsi que le jeune manager, dans les années 1980, a peu à peu transformé ce club traditionnel en entreprise florissante, important des Etats-Unis des idées inconnues alors en Europe: négocier des droits TV, et miser sur le merchandising, la vente de maillots et de produits dérivés.
Aujourd'hui, le Bayern appartient majoritairement à ses supporters, mais ses sponsors principaux y détiennent 25% des parts. Il est devenu l'un des seuls clubs européens à jouer dans la cour des très grands tout en présentant des comptes équilibrés, voire bénéficiaires.
La méthode fait grincer des dents en Allemagne, mais elle est efficace. Dès qu'un jeune joueur du championnat semble s'établir en équipe nationale, le Bayern lui fait une offre, et l'attire dans ses filets. Et tant pis pour les autres clubs allemands, qui voient saison après saison une partie de leur pépites partir vers la Bavière.
Dortmund (Hummels, Götze, Lewandowski), Schalke (Neuer, Goretzka), Hoffenheim (Süle), et peut-être demain Leipzig (Werner) ou Leverkusen (Brandt, Havertz) ont été ou vont ainsi être dépossédés de leurs meilleurs éléments par le Bayern.
Hoeness et son alter ego Karl-Heinz Rummenigge y tiennent: la méthode conserve au club son identité allemande (7 nationaux parmi les titulaires réguliers cette saison), et affaiblit durablement la concurrence.
Lorsqu'on les attaque sur le sujet, les patrons du "Rekordmeister" ont un argument tout trouvé: "Si nous ne les achetions pas, ces joueurs quitteraient purement et simplement la Bundesliga".
A l'avenir, le Bayern aimerait pouvoir compter plus sur son propre centre de formation, afin d'éviter de débourser des fortunes sur un marché des transferts devenu fou. Mais la machine à produire des champions ne semble pas encore fonctionner.
Attirer des talents, oui, mais en début de carrière, de manière à investir sur le long terme. Depuis une dizaine d'années, les dirigeants ont conservé un noyau de joueurs fidélisés et fortement identifiés au club: la génération Neuer, Hummels, Boateng, Ribéry, Robben, Müller et Lewandowski, qui vit ses derniers feux.
Pour remplacer ces hommes qui ont tout gagné (1 Ligue des champions, 8 Bundesliga en dix ans), le Bayern de Hoeness a dénoué les cordons de la bourse. Objectif: reconstituer une ossature d'internationaux capables de regagner rapidement la Ligue des champions. Devant, Gnabry et Coman sont censés succéder à Robben/Ribéry, Goretzka et Tolisso doivent assurer la stabilité au milieu, tandis que le club attend beaucoup de ses deux défenseurs champions du monde Benjamin Pavard et Lucas Hernandez (plus gros achat historique du club, 80 millions), recrutés pour la saison prochaine.
Tous savent que les dirigeants espèrent d'eux qu'ils vont s'identifier pour longtemps avec le "Rekordmeister". "Si je peux dire à la fin de ma carrière que j'ai fait tout mon parcours au Bayern, je serai fier", avait lâché Corentin Tolisso quelques mois après son arrivée à Munich. Exactement le genre de propos qui plaît à Uli Hoeness.


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