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La politique migratoire de l'Espagne entre façade et réalité
Publié dans Libération le 24 - 06 - 2019

"L'Espagne mène une politique migratoire « ambiguë ». Elle est humaniste et solidaire au niveau du discours, mais demeure répressive dans les faits ». C'est ainsi qu'Amnesty international-Espagne a décrit la position du gouvernement espagnol sur cette question dans la lettre adressée récemment à l'Exécutif à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale du réfugié.
Ainsi, si Madrid avait maintenu, au niveau européen, un discours de solidarité en matière d'accueil des réfugiés et avait mis en œuvre des mesures « positives » en matière de migration, telles que l'accueil en juin 2018 de plus de 600 migrants qui ont été laissés à la dérive suite au refus de l'Italie et Malte d'autoriser l'accostage du bateau qui les a sauvés ou l'annonce dans la même année de la volonté de démantèlement des clôtures de barbelés des présides occupés de Sebta et Mellilia qui causent aux migrants des blessures pouvant être mortelles, dans les faits, la réalité est tout autre.
Amnesty international cite l'exemple du retard pris par l'abrogation de la «loi du bâillon» de 2015 dont l'une des dispositions permet de procéder à des expulsions des migrants sans que les personnes concernées n'aient la possibilité de demander l'asile ou une évaluation des risques qu'elles encourent en cas de renvoi depuis Sebta et Mellilia vers le Maroc. Pis, le gouvernement de Pedro Sánchez poursuit la politique de ses prédécesseurs en renvoyant à chaud les personnes qui ont réussi à accéder aux deux présides occupés.
Amnesty international a recensé 658 cas de retour à chaud en 2018, alors que l'Espagne a déjà été condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) en octobre 2017 pour avoir bafoué les droits de deux Subsahariens en les expulsant vers le Maroc, sans respecter les normes internationales. En fait, le droit international interdit aux Etats d'expulser des personnes sans prendre en compte leur situation et de les renvoyer vers des pays où elles risquent de subir des actes de torture ou de mauvais traitements.
A ce propos, Esteban Beltrán, directeur d'Amnesty international-Espagne, estime que l'accord de 1992 signé entre l'Espagne et le Maroc est un exemple de politique de sous-traitance visant à faire des pays tels que le Maroc ou la Libye des « gardiens » pour contenir la migration et maintenir la "forteresse européenne fermée".
L'organisation œuvrant pour la défense des droits de l'Homme a évoqué également le non-respect de l'engagement du gouvernement concernant le retrait des barbelés de puisque ces derniers ont clôtures été déplacés du côté du Maroc qui aurait, selon des médias espagnols, installé une clôture en fils barbelés et du coup, les migrants devraient, d'abord, franchir cette barrière puis un deuxième obstacle pour accéder à Sebta.
En outre, Amnesty international a révélé que l'Espagne n'est plus une terre d'accueil, comme en atteste le nombre de demandes d'asile qui sont en stand-by. Des chiffres d'Eurostat datés de mars 2019 ont indiqué que plus de 100.000 demandes de protection internationale sont en instance. Migreurop, réseau européen et africain de militants et chercheurs, a précisé que l'Espagne n'a traité qu'un pour cent des demandes déposées dans l'ensemble de l'Union en 2016 et qu'elle a octroyé le statut de réfugié à seulement 595 personnes en 2017 alors qu'elle a enregistré 4,4% du total des demandes de protection présentées dans les Etats-membres de l'UE.
Le blocus de deux bateaux de sauvetage des migrants, à savoir « Open Arm » et « Aita Mari » dans les ports de Barcelone et de Pasaia, pendant plus de trois mois, est cité comme exemple supplémentaire du virage pris par le gouvernement socialiste. En effet, l'Etat espagnol avait empêché l'ONG de sauvetage de migrants Proactiva Open Arms de prendre la mer pour aller secourir des migrants en Méditerranée. Le navire avait débarqué le 28 décembre au sud de l'Espagne avec, à son bord, 311 migrants, secourus une semaine auparavant au large de la Libye. Après avoir refait le plein de provisions à Barcelone, le navire devait repartir le 8 janvier, mais les autorités portuaires le lui ont interdit, affirmant que l'ONG violait les normes internationales en matière de sauvetage en mer.


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