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Au Liban, des posters vintage exposent les clichés du cinéma occidental
Publié dans Libération le 25 - 06 - 2019

Une femme au teint pâle à cheval dans le désert, des hommes armés en tenue de Bédouins sur des chameaux, un palais miroitant au loin... Pour les affiches vintage du cinéma occidental, le Liban a des airs d'Orient rêvé et caricatural.
Au coeur de Beyrouth, le centre culturel Dar al-Nimer présente des dizaines d'affiches de vieux films afin de démonter les clichés sur le monde arabe qui ont nourri des décennies durant les fantasmes d'Hollywood et des cinémas d'Europe.
Parmi les posters, celui de "La Châtelaine du Liban" multiplie les poncifs. "Ça vient de l'imagination de l'artiste...", ironise Abboudi Abou Jawdeh, contemplant l'affiche réalisée en 1956. "Il savait que le Liban, c'est en Orient, alors il a fait ça."
Il pointe du doigt un autre poster du même film, montrant cette fois-ci un puits de pétrole. Il n'y en a pourtant pas au Liban, un pays connu pour ses plages au bord de la Méditerranée, ses montagnes boisées, ses pistes de ski - et certainement pas pour son pétrole ou ses déserts.
Passionné par le septième art, M. Abou Jawdeh a puisé dans son impressionnante collection privée pour rendre possible cette exposition, organisée jusqu'au 25 mai et intitulée "Voleur de Bagdad", du nom d'un film réalisé pour la première fois en 1924 et dont de nombreuses versions ont été filmées depuis.
D'un poster à l'autre, les danseuses du ventre côtoient des espions, des charmeurs de serpents, des hommes enturbannés juchés sur des tapis volants, avec parfois des apparitions de stars étrangères.
Keffieh blanc sur la tête, le "King" de la musique américaine Elvis prend ainsi la pose dans la comédie "Harum Scarum". Et Fernandel, un peu plus loin, sourit à pleines dents tandis que, derrière lui, s'agite la célèbre danseuse du ventre égyptienne Samia Gamal pour le film "Ali Baba et les 40 voleurs". Qu'ils soient américains, français ou italiens, les films évoqués dans ces posters ont tous ont un point commun: des intrigues surréalistes, parfois inspirées de l'univers du conte des Mille et une nuits, et toujours déconnectées de la complexe réalité du Moyen-Orient.
"Venez dans l'Arabie bouillonnante et sauvage, une quête terrifiante pour des trésors interdits antiques", promet l'affiche d'un film d'action de 1957, "Désert interdit".
M. Abou Jawdeh, 61 ans, a débuté sa collection dès l'adolescence avec les films américains de Steve McQueen et Clint Eastwood.
Explorant les cinémas vétustes du Liban et du Moyen-Orient, il a dépoussiéré un univers tombé dans l'oubli, retrouvant des posters d'Hollywood mais aussi des affichettes peintes à la main datant de l'âge d'or du cinéma arabe.
En collectionnant, il a rapidement remarqué une même tendance pour les affiches de films étrangers dont l'action se déroule dans le monde arabe: "Elles ressemblent aux peintures réalisées par les Orientalistes dans la région, au 18e et 19e siècles", s'amuse le sexagénaire aux cheveux blancs.
Sa collection compte quelque 20.000 affiches aux couleurs vives, empilées du sol au plafond dans sa maison d'édition, au sous-sol d'un immeuble à Hamra, un quartier de Beyrouth.
D'un pays à l'autre du Moyen-Orient, le même poster d'un film ne sera pas accueilli de la même façon, souligne-t-il. Le dos nu d'une femme sera recouvert, un titre trop explicite sera changé, selon le niveau de censure. A travers ses divers destins, une affiche peut raconter l'histoire du cinéma dans la région.
L'expert libano-américain Jack Shaheen a analysé la représentation des Arabes à Hollywood, passant en revue plus de 900 films allant jusqu'au début des années 2000.
Seuls 5% des personnages arabes étaient représentés comme "normaux, humains", rapporte-t-il dans un essai consultable en ligne. "Pratiquement toutes les représentations des Arabes à Hollywood sont négatives", déplore-t-il. Quant aux femmes, ce sont principalement des danseuses du ventre, des séductrices, des "ballots noirs" silencieuses, voire des "terroristes".
"Nous aussi, on aimait voir des danseuses du ventre", admet M. Abou Jawdeh.
Mais aujourd'hui le public au Liban voit ces posters sous un jour plus critique, en réévualuant ce regard orientaliste sur le monde arabe, dit-il.
Rabbah Faqih, une étudiante en master de 30 ans, fait partie des premiers visiteurs de l'exposition. Elle s'attarde devant l'affiche d'une actrice légèrement vêtue.
"Je suis pour les affiches expressives pour attirer les gens, mais je suis contre le fait de présenter les femmes comme des objets", proteste la jeune femme, vêtue d'une longue abaya noire et les cheveux couverts. "Au Liban, on n'est pas toutes des danseuses du ventre."


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