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Le discret mais lucratif trafic de fossiles à Erfoud
Publié dans Libération le 22 - 08 - 2019

Difficile de vous cacher que le Maroc est un creuset de biodiversité. En revanche, ce que vous ignorez sûrement, c'est que le sol du Royaume regorge de trésors à l'instar des fossiles de dinosaures. Mais peut-être plus pour longtemps. Selon le journal espagnol El Mundo, près de 20.000 familles vivent de l'exploitation de ces fossiles et réduisent cet inestimable patrimoine comme peau de chagrin, quand bien même il est difficile d'en connaître la quantité exacte, mais la fréquence du pillage va dans ce sens. Le pire dans tout ça, c'est que cette activité qui générerait près de 50 millions de dollars par an, d'après la même source, ne profite que très peu aux exploitants marocains, contrairement aux acheteurs en provenance principalement du Vieux Continent et de l'Amérique du Nord.
Juan Avilés est l'un d'eux. Dans les colonnes du quotidien espagnol, on apprend qu'il a investi ses économies dans l'achat de fossiles dans le Sud du Maroc, avant de créer un site web où il met en vente des dents d'un dinosaure théropode de la période du Crétacé supérieur, mais aussi des griffes de Spinosaurus. Les prix ? respectivement 257 et 7.000 dollars. Et comme Juan Avilés compterait 650 clients fixes, dont des collectionneurs nord-américains, cela résulte sur un business très lucratif, avec un chiffre d'affaires moyen compris entre 6.000 à 12.000 euros par mois. «Les prix varient en fonction de la rareté de l'espèce, de la complétude du fossile, de l'émail dentaire préservé, des cassures, de la couleur... Toutes les pièces que je vends sont accompagnées d'un certificat d'authenticité. Il faut faire attention, car le Maroc est le pays où il existe le plus de contrefaçons de fossiles, en particulier de trilobites», explique-t-il au média espagnol.
Pour avoir un ordre de grandeur de la marge réalisée par Juan Avilés et ses compères, il faut revenir une année plus tôt. Dans un article consacré à ce sujet, le quotidien français « Libération » est allé à la rencontre d'Abdelaziz, un ramasseur de fossiles dans la ville d'Erfoud, l'épicentre de ce commerce juteux. Agé de 40 ans, il a passé quasiment la moitié de sa vie à s'abîmer dans les carrières improvisées. A ce moment là, il venait d'extraire deux grandes pierres rouges contenant des crinoïdes, animaux marins fossilisés. Des découvertes qui font vivre sa femme et ses trois enfants. «Je les ai vendues à 3.500 dirhams», raconte-t-il. Et de nuancer : « Mais parfois, je ne trouve rien pendant des mois».
Pour le coup, le prix de vente paraît alléchant; toutefois, il existe une autre réalité. «Sur Ebay, on trouve des fossiles du Maroc en vente à des prix très bas, tels que des mâchoires d'enchodus (des dinosaures marins) pour cinq euros», raconte Juan Carlos Gutiérrez-Marco, paléontologue au Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC).
Un triste constat qui en appelle un autre. Et pour cause, le marché illégal des fossiles de dinosaures profite également à certains Marocains, mais sûrement pas à ceux qui se tuent à la tâche, puisqu'une autre chaîne met en scène des grossistes locaux qui alimentent des bazaristes marocains, en l'absence de législation claire, car c'est l'une des principales raisons pour lesquelles ce musée à ciel ouvert qu'est la région d'Erfoud attire un trafic informel.


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