Elections: Laftit rencontre les patrons des partis    Défaillances d'entreprises: «Les mesures n'absorberont que partiellement la crise...»    Les ménages ont le bourdon    Bourse: Légère hausse des capitaux étrangers en 2019    Le nouvel ordre mondial post-Covid-19: Quel positionnement pour le Maroc?    Covid19: 178 nouveaux cas au Maroc, ce jeudi à 10h00    Parcours international du bac: +75% de candidats    La Covid-19 est sous contrôle, mais cela ne signifie pas que le virus a disparu    Au moins 180 civils tués dans une seule ville au Burkina Faso, selon HRW    En Algérie et au Liban, deux affaires de corruption ébranlent Sonatrach    El Othmani: le Covid-19 est sous contrôle, mais...    La responsabilité de l'Algérie dans le détournement de l'aide humanitaire destinée aux camps deTindouf est patente    Préparation des prochaines échéances électorales    Le roi Mohammed VI a envoyé un message au roi Salmane    City se balade, Wolverhampton s'égare    Formation pour l'obtention de la licence A CAF d'entraîneur    Le Maroc rouvre partiellement ses frontières    Débat en commission parlementaire sur le projet de loi relatif au ciblage des bénéficiaires des programmes d'appui social    Débat sur la réforme du Code électoral    Saad Dine El Otmani : Relance économique et vigilance sanitaire, maîtres-mots de la prochaine étape    Lamia Chakiri, directrice régionale de la santé à Marrakech-Safi : La pandémie nous a permis d'augmenter notre capacité litière et de renforcer nos équipements    Le trompettiste Ibrahim Maalouf relaxé en appel    Le 51ème Festival national des arts populaires aura lieu en octobre    Mohamed Benchaâboun appelle lespartenaires sociaux et le secteur privé à un dialogue responsable sur les défis de sortie de crise    Nouvelle édition en ligne des Nuits blanches du cinéma et des droits de l'Homme    Le président ivoirien a reçu un message du roi Mohammed VI    Ecriture jubilatoire    De nouveaux bains de sang évités en Tunisie    Liga: Le Barça enfonce l'Espagnol    Le Real Madrid met Jovic en vente    Coronavirus : le groupe Bio-Rad accélère la production de son test sérologique    Arsenal écarte Matteo Guendouzi !    Guerre mémorielle autour de l'ancienne basilique Sainte-Sophie    Coronavirus: des pertes de plus de 240 MDH pour la presse marocaine (CNP)    Chaque coq est seigneur sur son fumier    L'écriture pour quoi faire!    FNM: une programmation résolument marocaine pour la reprise    Vols spéciaux à partir du 15 juillet: la RAM lance un nouveau programme    Ligue des champions : Le Cameroun toujours favori pour abriter les demi-finales et la finale    La RAM met en place un programme de vols spéciaux    De nouveaux jalons pour l'écriture poétique proposés par Salah Boussrif    Détournement de l'aide par le polisario et l'Algérie: le Parlement européen dépose un projet de résolution    Situation en Libye: le Maroc s'inquiète    45.309 MRE rejoignent leurs pays de résidence    Reprise de l'activité footballistique au Maroc    Talaâ Saoud Al Atlassi : Le non du Maroc au plan israélien se démarque par son réalisme    Casablanca: incendie spectaculaire dans une décharge (VIDEO)    Loubna Abidar critiquée par un avocat égyptien (VIDEO)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Réinsertion des détenus : Un slogan alléchant
Publié dans Libération le 17 - 09 - 2019

«Non utilisation des crédits budgétaires ouverts au profit de la préparation à la réinsertion, faible taux d'encadrement, des centres de formation non équipés et non dotés de personnel administratif, faiblesse du pourcentage des détenus inscrits dans les formations, faible accès des détenus aux activités sportives, culturelles et autres, etc. ». C'est ainsi que le dernier rapport de la Cour des comptes a dépeint la préparation à la réinsertion des détenus, qui est considérée comme l'une des missions principales des établissements pénitentiaires (EP) conformément aux dispositions du décret n° 2.00.485 du 3 novembre 2000 fixant les modalités d'application de la loi n° 23.98 relative à l'organisation et au fonctionnement des EP et qui est pilotée par la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR).
D'après le rapport d'activités relatif à l'exercice 2018, la Cour a relevé, à cet effet, que 55% des crédits budgétaires alloués à la réinsertion estimés à 20,2 MDH en 2017 sont systématiquement virés depuis cinq ans dans d'autres rubriques comme la sécurité et l'alimentation considérées, par la DGAPR, comme prioritaires au vu des contraintes financières qu'elle connaît. Les 45% restants, soit 10 MDH, sont dédiés principalement aux rétributions versées aux détenus qui exercent des activités productives.
La Cour a constaté, en outre, l'existence de centres de formation non équipés et non dotés de personnel administratif ainsi que la non réalisation des centres pédagogiques prévus par les conventions de partenariat (signées en 2013) relatives à la cession de terrains agricoles du domaine privé de l'Etat à des entreprises privées en contrepartie de la formation des détenus. A cela, s'ajoute le fait que l'effectif des formateurs et des fonctionnaires encadrant les programmes de formation professionnelle et agricole, l'enseignement (fondamental et autre), la lutte contre l'analphabétisme et les activités culturelles et sportives demeure en-deçà des besoins du programme de la préparation à la réinsertion.
Les mêmes carences ont été soulignées au niveau des programmes d'éducation, de formation professionnelle, d'activités culturelles et sportives, d'éducation et d'assistance spirituelle qui souffrent d'une insuffisance des critères de sélection des détenus éligibles, de la faiblesse du pourcentage des détenus inscrits, du déficit d'encadrement, de l'irrégularité de l'inspection pédagogique, des difficultés de coordination entre la DGAPR et le ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle, de l'indisponibilité du matériel didactique, de la faible diversification des activités dans certains centres pénitentiaires, du non démarrage de certaines formations malgré la disponibilité des équipements pédagogiques au niveau de la PL de Tanger 2, de l'insuffisance des espaces pour assurer les formations au niveau de plusieurs EP notamment au niveau de la PL de Larache et de celle de Ksar El Kébir. Pis, la DGAPR a signalé la non-délivrance des diplômes de la formation professionnelle aux 3.250 détenus qui ont réussi leur cursus depuis l'année scolaire 2006/2007.
De plus, la Cour a observé que de multiples demandes de poursuite des études au niveau universitaire et notamment au niveau du master sont soit restées sans suite, soit ont accusé un retard important en vue de l'obtention d'un accord. Pour y remédier, la DGAPR a élaboré un projet de convention avec le ministère de l'Education nationale, de la Formation professionnelle et de la Recherche scientifique, et la Fondation Mohammed VI, pour soutenir l'enseignement supérieur au niveau des EP et motiver les détenus en adaptant les procédures relatives à leur inscription, études et passation d'examens aux conditions de détention. Cependant, il est à signaler que malgré les efforts déployés par la DGAPR pour faire aboutir cette convention, aucune suite ne lui a été donnée.
A noter également que les EP ne disposent ni de structures ni d'équipements et accessoires sportifs suffisants pour permettre d'encourager l'activité sportive. La Cour a remarqué que la demande sollicitant un soutien pour les actions sportives et culturelles en faveur des détenus, adressée en 2015 par la DGAPR au ministère chargé de la Jeunesse et des Sports et au ministère de la Culture est restée sans suite. « Il est à signaler que ces deux ministères font partie de la commission ministérielle chargée de mettre en place une stratégie de gestion des EP », a précisé le rapport.
Concernant la mise en œuvre du programme de la formation agricole au niveau des EP, ledit rapport a pointé plusieurs problèmes rencontrés dans la mise en œuvre de la formation des détenus par apprentissage, à savoir l'éloignement par rapport aux établissements de la formation professionnelle agricole, avec ce que cela induit comme contraintes de sécurité, la faiblesse du taux des inscrits (en moyenne 455 détenus annuellement depuis 2011) par rapport à l'effectif total des détenus qui varie entre 70.000 et 83.000 et l'insuffisance des matières éducatives et des équipements agricoles nécessaires à la formation. Les détenus de huit prisons locales n'ont bénéficié d'aucune formation dans ce domaine, et ce contrairement aux dispositions de la convention-cadre susmentionnée. Il s'agit des prisons locales d'Outita 1, Bouarfa, Adir, Tifelt, Fquih Ben Salah, Errachidia, Taza et Zaio. Il est à signaler également que les programmes d'investissement de la DGAPR (au titre de l'année 2011) ne prévoient pas de construction de prisons agricoles alors que l'article 10 de la loi n° 23.98, relative à l'organisation et au fonctionnement des EP, considère les EP agricoles comme des prisons semi-ouvertes d'exécution des peines destinées à la formation professionnelle en milieu agricole et à la préparation du retour à la liberté des détenus.
L'article 83 de Code pénal précise à ce propos que « le placement judiciaire dans une colonie agricole consiste dans l'obligation imposée par la décision de la juridiction de jugement, à un condamné pour crime ou pour tout délit légalement punissable d'emprisonnement, de séjourner dans un centre spécialisé où il sera employé à des travaux agricoles, lorsque la criminalité de ce condamné apparaît liée à des habitudes d'oisiveté, ou qu'il a été établi qu'il tire habituellement ses ressources d'activités illégales ».
S'agissant de la formation artisanale, le nombre de détenus qui en ont bénéficié s'élève à 230 en 2017 dont 50 femmes. Lesquels bénéficiaires disposent d'une expérience dépassant les 5 ans au niveau des activités artisanales proposées. Or, il a été constaté, au niveau de la prison de Kénitra, par exemple, que malgré la disponibilité des places, le taux des détenus bénéficiant de cette formation reste bas. En effet, sur 110 places disponibles et réparties sur 5 filières différentes (menuiserie, imprimerie, ferronnerie, maroquinerie et cordonnerie) seuls 55 détenus en bénéficient. Le nombre de détenus ayant bénéficié de la formation des formateurs dans un métier artisanal à l'échelle de tous les EP ne dépasse pas 261 détenus dont 135 en matière de formation technique et cela dans 12 domaines de spécialisation différents.
Cette formation est réservée aux détenus qui disposent d'une expertise dépassant les 10 années dans des métiers artisanaux. La DGAPR envisage en 2018 la formation de 90 autres formateurs.
Il a été également constaté la faiblesse du nombre de détenus qui bénéficient du régime de travail dans l'artisanat à l'intérieur des prisons pour cause de non-disponibilité de budget suffisant dédié au pécule qui rémunère le travail dans ces ateliers, et ce conformément aux dispositions de l'article 105 de la loi 23.98 susmentionnée. C'est le cas notamment de la prison centrale de Kénitra. De plus, la commercialisation lors des expositions des produits fabriqués par les détenus reste très faible.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.