Vidéo. Voici la déclaration de Mezouar qui lui a attiré les foudres du gouvernement    La Journée sans voiture laisse un écho favorable chez les casablancais    Tunisie : Kais Saed vainqueur de la Présidentielle    Averses orageuses fortes avec chute de grêle et rafales dans plusieurs provinces du royaume    World Policy Conference 2019 : Ce qu'a dit Mezouar sur l'Algérie…    Salaheddine Mezouar annonce son départ de la CGEM    CGEM : Mezouar annonce sa démission    Le chapitre Mezouar fermé, que se passera-t-il à la CGEM ?    Zagora : clôture du 7ème Festival international du conte et des arts populaires    Emouvantes obsèques à Seddina «Tétouan» d'Abderrahmane Karkich    Agir pour un tourisme créatif!    Transport de marchandises : les professionnels suspendent leur sit-in    Sahara: des pétitionnaires latino-américains mettent en avant l'initiative marocaine    Le roi félicite le Premier ministre éthiopien lauréat du Prix Nobel de la paix    Le groupe Renault se sépare de son Directeur général    Le PDG de Laprophan n'est plus !    Le thyphon Hagibis atteint les côtes du Japon    Les chants désespérés et pathétiques des supporters    Gouvernement : A la recherche de l'efficacité    Arrivée au Maroc du président rwandais Paul Kagame    Fès : Saisie de plus de 2t de chira    Eradication du mariage des mineurs    Epidémiologie cancer du col de l'utérus au Maroc    Marrakech : Trois morts et 22 citoyens écrasés par un conducteur en état d'ébriété    Météo: Le temps qu'il fera ce dimanche    WPC 2019: Mezouar voit positivement les mutations que connaît le Maghreb    «La culture est le meilleur moyen d'échange»    Fatima Attif: «Il n'y a pas beaucoup d'écriture pour la femme dans le cinéma marocain»    Faouzi Skali présente la culture soufie devant le Sénat français    L'édition 2020 du Symposium business et santé en Afrique (AHBS) aura lieu au Maroc !    Maroc – Libye : « Beaucoup de travail reste à faire », dixit Halilhodzic    Casablanca ne sera pas privé d'électricité le 20 octobre (ONEE)    Le secrétaire général des Nations unies épingle le Polisario    Les distributeurs africains des produits pharmaceutiques fédèrent leurs énergies    La Belgique première qualifiée à l'Euro 2020 : Les Pays-Bas se font peur    Le Sud-Africain Giniel De Villiers remporte le Rallye du Maroc 2019    Divers    Divers sportifs    La Banque mondiale prévoit une accélération de la croissance de l'économie marocaine    Le jour où Elton John a vu la reine Elizabeth II perdre son sang-froid    Les Tunisiens élisent leur président après un mois riche en rebondissements    Angelina Jolie : Je ne me suis jamais cantonnée dans un confort physique ou émotionnel    Beyoncé de nouveau enceinte    Bentalha victime d'une escroquerie    Institut français du Maroc. Que la saison commence !    Maroc-Lybie : Tout ce qu'il faut savoir sur cette rencontre    Wydad et Raja dans des groupes plus ou moins difficiles    Vahid Halilhodžić n'a pas encore trouvé l'équipe type    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le déficit de liberté économique, une menace pour la démocratie
Publié dans Libération le 19 - 09 - 2019

Le bien-être économique des femmes et des hommes a progressé durant des siècles dans le monde occidental. L'amélioration du revenu mondial par habitant a été particulièrement impressionnante au cours des 70 dernières années. Elle a suivi la croissance économique qui a impacté tous les pans de la société. Ainsi, le PIB mondial par habitant, corrigé de l'inflation, a été multiplié par quatre environ depuis 1950. La population mondiale est passée de 2 milliards à plus de 7 milliards au cours de la même période, tandis que la population vivant dans la pauvreté absolue s'est réduite à environ 1 milliard.
Le terreau
du développement
D'une manière certes schématique mais évidente, le meilleur terreau du développement économique est la liberté économique et politique. Autrement dit, il s'agit de créer un environnement incitatif pour que les individus poursuivent leur intérêt en cherchant à obtenir les meilleurs revenus avec le moins d'interférence possible de la part de l'administration. Donner aux acteurs économiques la liberté d'acheter et de vendre, d'employer ou d'être employé (e), d'embaucher ou de licencier, d'épargner et d'investir à leur guise est un environnement qui permet de créer de la richesse. Cela signifie aussi pouvoir créer librement de nouvelles entreprises offrant des produits et services capables de concurrencer le marché existant. De plus, les gouvernements doivent être en mesure de protéger ces libertés, de protéger l'épargne et la propriété. L'Etat de droit est un ingrédient essentiel pour une action économique libre. L'égalité devant la loi est une base nécessaire.
Les fossoyeurs
de la liberté économique
Pourquoi alors les pays échouent-ils à trouver le bon équilibre entre le poids de la législation et la liberté économique de manière à générer du progrès économique? C'est une question importante parce que la liberté économique soutient fortement l'intérêt général grâce à une économie forte. Ce qui saute tout de suite aux yeux, c'est que tous ceux qui tirent des intérêts de leur proximité du gouvernement, pour des raisons ethniques ou religieuses, ont peu d'intérêt à voir la liberté économique progresser. Cela les obligerait à quitter leur petit entre-soi protégé et facile pour affronter la vraie compétition. Fini les licences qui les protègent contre la concurrence, locale et étrangère, ou leur offrent un accès privilégié à des droits miniers ou fonciers de grande valeur.
Ajoutons que les fonctionnaires responsables de la réglementation régissant l'activité économique ont aussi un intérêt économique dans le maintien du statu quo. Cet environnement « feutré » leur garantit des emplois sûrs et bien rémunérés offrant des avantages bien supérieurs à la moyenne, notamment des droits à la retraite. Ainsi, par essence, ils n'ont aucun intérêt à devenir des réformateurs.
Une faible liberté économique fait leur affaire au détriment de la grande masse des populations qui galère.
Liberté économique
et démocratie :
un destin commun
Le think tank Freedom House étudie le niveau de liberté démocratique dont jouissent tous les pays. Le Fraser Institute du Canada, quant à lui, a été le premier à mesurer de manière comparative la liberté économique dans le monde. On constate, si l'on rapproche les chiffres, que les classements des pays en termes de liberté économique, réalisés par le Fraser Institute, et en termes de liberté politique mesurée par Freedom House, sont fortement corrélés. Par exemple, les pays scandinaves obtiennent de bons résultats dans les deux groupes. La Finlande, la Norvège et la Suède enregistrent un maximum de 100 points pour la liberté politique. Les Etats-Unis obtiennent un score de 86 pour la liberté politique et 80,3 pour la liberté économique.
On remarque, en observant les différents pays du monde, que lorsqu'il y a un déséquilibre entre la liberté économique et la liberté politique, il y a toujours un impact négatif.
On constate par exemple qu'un score relativement élevé de liberté économique peut être obtenu sans grande liberté politique, comme en Chine, en Russie et au Vietnam. Ce contexte est difficilement soutenable et il reste fragile. Les expériences de planification économique centralisée de ces pays montrent qu'il faut forcément réprimer les libertés démocratiques pour maintenir l'ordre central. Combien de temps cela sera possible ?
Sans surprise, le score de l'Afrique du Sud en matière de liberté économique est très médiocre tout en étant meilleur en termes de liberté politique, sans toutefois être excellent. On constate une diminution de son score de liberté économique ces dernières années (actuellement à 64,5/100), ce qui lui confère un faible rang, soit le 110ème sur 160 pays. Le score de 79/100 est obtenu pour la liberté politique mesurée par Freedom House. L'Afrique du Sud est dans le deuxième quartile des pays libres. Mais, les tendances récentes du pays ne vont pas dans le bon sens, à la fois pour la liberté politique et la croissance économique. Ses entreprises étatiques offrent un bon niveau de vie à ceux qui travaillent pour eux ou les fournissent à des conditions très favorables. L'appartenance au parti au pouvoir a également été une source précieuse pour obtenir des revenus plus élevés. Il s'agit bien d'un modèle de réussite reposant sur une appropriation sélective qui laisse le plus grand nombre dans les difficultés.
Ces intérêts particuliers seront-ils dépassés un jour? Nous ne pouvons qu'espérer que l'Afrique du Sud, compte tenu des dangers de la stagnation économique, fasse preuve de davantage de bons choix pour renforcer son environnement de liberté économique.
* Directeur de l'Institut de recherche
d'Investec Wealth & Investment
Article publié en
collaboration avec Libre Afrique


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.