Le secteur bancaire applique son taux d'intérêt le plus bas    Trump enterre les espoirs de paix    Catalogne: Elections anticipées après le divorce entre séparatistes    « Ach Waqe3 » : l'actualité décryptée par Jamal Berraoui    Coronavirus : Durcissement des contrôles à l'aéroport Mohammed V    Tenue de la première réunion de la Commission militaire mixte maroco-mauritanienne    Académie du Royaume : La Croatie à l'honneur    Rencontre littéraire avec Mahi Binebine à l'IF d'Essaouira    L'armée syrienne annonce la reconquête de Maaret al-Noomane    Ligue des Champions : Le WAC se prépare pour affronter Mamelodi    Achraf Hakimi, personnalité de l'année 2019 pour la MAP    PAM : le congrès du renouveau pourrait être différé encore une fois    Procès en destitution: Les avocats de Trump demandent un acquittement rapide    5G: Londres accorde un feu vert partiel à Huawei, au grand dam de Washington    «30 Melyoun» de Rabii Shajid dans les salles obscures à partir du 5 février    Bolivie: La course à la présidence est lancée…    Trois questions à Driss Guerraoui, Président du Conseil de la Concurrence    El Ghazoui: l'Etat doit garantir à tous les Marocains l'accès à l'eau    Ronaldo recrute Ben Arfa    Chine: l'épidémie dépasse l'ampleur du Sras, premières évacuations    Cour des Comptes : les principaux points du grand oral de Driss Jettou    Le logo de la NBA portera-t-il la silhouette de Kobe Bryant    Nouvelle attaque meurtrière dans le nord du Burkina Faso    Coronavirus : aucun cas n'a été signalé en Afrique    L'ADII célèbre la journée internationale de la Douane : Inauguration du nouvel Institut de formation douanière à Benslimane    Coronavirus : Le Souverain ordonne le rapatriement d'une centaine de Marocains bloqués à Wuhan    Régime de retraite : Urgence d'une intervention décisive, selon la Cour des Comptes    Banques et Parlement veulent faire la paix    Le ministre français de l'économie en visite au Maroc ce vendredi    Un quadragénaire, assassiné dans la région de Midelt    Service 2.0 : de plus en plus d'applications scrutent le marché du covoiturage courte et longue distance    Un attaquant marocain débarque au Club Africain    Festival international des nomades : la 17ème édition aura lieu du 19 au 21 mars à M'hamid El Ghizlane    A Tokyo, la préparation des JO passe aussi par celle des séismes    Le Groupe Addoha veut lancer des projets immobiliers au Ghana    Les officiels sur place à Laâyoune pour la CAN de futsal    Une étude controversée sur la viande suscite une dispute entre une université texane et Harvard    Divers    Lancement du dispositif territorial intégré de protection de l'enfance    Qualifications africaines aux JO de Tokyo    Divers sportifs    Le port d'Essaouira en pleine restructuration    Insolite : Facturer la question idiote    Billie Eilish, l'icône pop branchée qui réécrit les règles de la célébrité    Ces stars mariées à leur amour de jeunesse    Abdellah Ouzitane : Il faut favoriser les recherches portant sur l'universalisme des valeurs et le pluralisme des cultures    La Mauritanie à l'honneur    Larache à l'heure du soixantenaire de l'Union Socialiste des Forces Populaires    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





L'éducation à la petite enfance se porte bien, mais …
Publié dans Libération le 06 - 12 - 2019

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il est possible de tenir un discours sur un ton monotone sans pour autant perdre l'attention de son auditoire. Preuve en est, le ministre de l'Education nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Mercredi matin, lors de l'ouverture des travaux du Colloque africain sur la qualité de l'éducation de la petite enfance et la professionnalisation des éducatrices et des éducateurs, qui devaient se clôturer jeudi après-midi, au-delà de la manière dont il a énoncé son discours, c'est bel et bien le fond de ses propos, traitant d'un sujet dont l'importance n'est plus à prouver, qui a captivé un parterre composé d'experts en la matière ainsi que des représentants des 17 pays participants. Et on pouvait les comprendre. Drapé d'un optimisme pour le moins démesuré, le ministre de tutelle s'est non seulement satisfait des premiers résultats du programme national pour développer l'enseignement préscolaire, mais aussi des opportunités offertes par un colloque de ce genre. Même si, en réalité, il y a quelques bémols à mettre concernant le premier point.
Un enfant sur deux inscrit en préscolaire
« Les résultats obtenus durant la première année sont encourageants et prouvent que le défi relatif au développement du préscolaire peut être relevé ». C'est donc par ses paroles que Said Amzazi s'est réjoui des avancées et des résultats dudit plan de développement. En effet, comparé aux autres pays africains représentés lors de ce colloque, il n'y a pas de doute, le Royaume est largement en avance. Mais ce constat n'est peut-être pas une si bonne nouvelle que ça.
Dans l'optique d'atteindre les objectifs du programme national pour le développement de l'enseignement préscolaire, lancé en juillet 2018, à savoir un taux d'intégration des 4-5 ans de 67% en 2021-2022 et de 100% pour la rentrée 2027-2028, n'aurait-il pas été plus judicieux de comparer l'expérience marocaine à celles des pays d'Europe et d'Asie centrale qui investissent le plus dans l'enseignement pré primaire? D'autant plus qu'il est difficile d'avancer en regardant derrière soi. Car en réalité, quand on parle d'un taux de scolarisation de 55%, c'est comme si on disait qu'un enfant sur deux au Maroc est privé de l'enseignement préscolaire. Pis, pour les filles, ce taux atteint 46% et dans les zones rurales 44%. Ce qui est problématique, car comme l'a rappelé le directeur adjoint du département des activités sectorielles de l'Organisation internationale du travail (OIT), Akira Isawa « l'éducation à la petite enfance est le fondement d'un développement intellectuel positif, ainsi que l'assurance d'un avenir brillant et de meilleures opportunités dans le monde professionnel».
En tout cas, on ne peut pas nier que les travaux de ce colloque africain, par ailleurs, organisé à l'initiative du bureau de l'UNESCO pour le Maghreb, seront extrêmement utiles pour bon nombre de pays africains où l'objectif est justement d'atteindre les taux de préscolarisation actuels du Maroc, comme au Bénin où le gouvernement a rendu obligatoire les deux années de préscolarisation, ou encore en Mauritanie, où des garderies communautaires ont été créées, et auxquelles s'ajoute une autre mesure, celle de l'aide aux éducateurs sans emploi, sous forme de prêt sans intérêt afin de construire des crèches dans les quartiers populaires.
Les éducateurs, un rouage essentiel
Mais bien plus que cela, c'est bien la qualité de l'éducation de la petite enfance et la professionnalisation des éducatrices et des éducateurs, c'est-à-dire le thème du colloque, qui ont été abordées en particulier. Il faut dire que le renforcement des compétences n'est pas à prendre à la légère. C'est même la base d'une éducation efficiente. Cet euphémisme se trouve confronté à des difficultés sur le terrain. Comme, par exemple, cette tendance qu'ont les éducateurs à fuir les zones rurales, mais encore, l'incohérence linguistique qui met lesdits éducateurs en difficulté au moment de communiquer avec des enfants dont la langue maternelle est différente de celle enseignée.
Enfin, il est à noter que cet évènement constitue une contribution à la mise en œuvre de la cible 4.2 de l'Objectif de développement durable (ODD) sur la protection et l'éducation de la petite enfance, ainsi que de la cible 4.c de l'ODD concernant les enseignants. Plusieurs tables rondes ont permis aux participants de partager leurs expériences, d'échanger sur les bonnes résolutions à prendre, sans oublier évidemment de pousser pour le renforcement des investissements dans le domaine institutionnel. En d'autres termes, le nœud du problème.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.