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Enseignants-cadres des AREF : Côté cour, côté jardin
Publié dans Libération le 10 - 12 - 2019

Saïd Amzazi, ministre de l'Education nationale, semble satisfait du recrutement régional. D'après lui, c'est grâce à cette expérience que son département a pu surmonter le déficit en personnel enseignant et le surpeuplement des classes. L'opération « a permis de dépasser le déficit enregistré au cours de l'année 2013 où il a été impossible de créer plus de 7.000 postes budgétaires. Elle nous a permis également de solutionner le problème du surpeuplement des classes survenu en 2016. Lors de cette année scolaire, certaines classes ont compté plus de 50 élèves », a indiqué le ministre.
Intervenant lors de la séance des questions orales à la Chambre des conseillers, il a précisé que l'embauche au niveau régional a permis le recrutement de 85.000 enseignants-cadres d'académies entre 2016 et 2020, ce qui a garanti, selon lui, le droit d'accès à l'école à des centaines de Marocains.
S'agissant du surpeuplement des classes, il a annoncé que la priorité de son département sera de limiter le nombre maximum d'élèves en préscolaire à 30 élèves par classe (1ère et 2ème années), contre moins de 34 en classes primaires et de moins de 36 dans le secondaire alors que les normes fixées par ledit ministère stipulent 30 élèves au maximum en 1ère et 2ème années du primaire et 36 dans le reste des niveaux. Aujourd'hui, 85,4% des classes du primaire, 57,2% de celles du collège et 71% au lycée respectent ces normes
Il a également indiqué que les classes partagées au niveau du monde rural ne doivent pas dépasser deux niveaux scolaires. A ce propos, il a révélé que 88% des classes comptent deux classes. Des chiffres émanant du département de tutelle ont indiqué qu'en 2018-2019, le nombre des classes qui accueillaient 45 élèves et plus était de 1.279 dans le primaire, soit 1% de l'ensemble des classes de ce cycle au Maroc ; 757 classes du collège, soit 1,7% de l'ensemble des classes de ce cycle et 2.097 classes du lycée, soit 1% de l'ensemble des classes de ce cycle.
D'autres chiffres du département de l'Education nationale ont souligné que ce dernier a mobilisé, pour l'actuelle rentrée scolaire, 263.335 enseignants, dont 15.000 nouveaux (54% dans l'enseignement primaire, 22% dans le collégial et 24% dans le secondaire). On compte en moyenne un enseignant pour 32 élèves au primaire, un pour 31 élèves au collège et un pour 17 élèves au lycée. L'année 2018 a enregistré l'intégration de 20.000 enseignants dans le système, 24.000 en 2017 et près de 11.000 en 2016.
Sadik Rghioui, secrétaire général du Syndicat national de l'enseignement (SNE), ne partage pas, pour autant, cet enthousiasme du ministre. Il s'est demandé pourquoi son département a pris tout ce temps avant de procéder à des recrutements et pourquoi il n'a pas jugé urgent d'embaucher le même nombre d'enseignants dans le cadre de la fonction publique. « Le déficit a été constaté depuis 2012 avec la réduction du nombre des personnels recrutés qui est passé de 12.000 à 6.000. Pis, Abdelilah Benkirane, ancien chef du gouvernement, a toujours nié ce déficit alors que le HCP avait déclaré qu'il y avait un déficit avoisinant les 31.000 postes », a-t-il rappelé. Et de poursuivre : « Le déficit en personnel enseignant n'a jamais été une coïncidence mais plutôt le résultat des politiques publiques. Alors comment peut-on expliquer que le gouvernement a décidé d'embaucher du jour au lendemain près de 24.000 personnes en 2016 ? ».
Le secrétaire général du SNE nous a révélé que le problème du déficit ne concernait pas uniquement le personnel enseignant, mais touchait également les cadres. « Plusieurs établissements scolaires fonctionnent aujourd'hui sans proviseurs ou directeurs. Pis, certains d'entre eux sont gérés par des techniciens qui endossent l'habit de proviseurs ou celui de directeurs », nous a-t-il confié.
Pour Sadik Rghioui, l'embauche par contrat au niveau régional constitue aujourd'hui un risque et une menace plus qu'autre chose. D'abord, au niveau de la formation, « les enseignants contractuels ne bénéficient aujourd'hui que de quelques mois de formation alors qu'auparavant, il fallait entre deux à quatre ans de formation », nous a-t-il expliqué. Il y a ensuite un problème au niveau des caisses de retraite. « Le statut précaire de ces enseignants aura des conséquences sur l'alimentation de ces caisses en fonds», nous a-t-il précisé. Enfin, il y a aussi un problème au niveau de la stabilité psychique et sociale des enseignants. « Ces derniers exercent leurs missions dans un contexte de précarité administrative et sociale. Ils n'ont pas de garanties concernant leur avenir. Alors on se demande comment ils pourront continuer à travailler normalement dans ce contexte ? », a-t-il conclu.


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