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Latifa Akherbach : Une société sans médias publics forts ne peut pas avancer
Publié dans Libération le 16 - 01 - 2020

«Je ne vais pas utiliser la langue de bois mais celle de la vérité». Latifa Akherbach, présidente de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) a répété, à maintes reprises, cette phrase lors de la conférence de presse organisée mardi au siège de cette institution constitutionnelle pour présenter le bilan de celle-ci, un an après le renouvellement de sa composition et de ses groupes de travail concernant quatre thématiques, à savoir "la régulation et les nouveaux médias numériques", "le discours de violence et de haine dans les contenus médiatiques", "la promotion de l'éducation aux médias et à l'information" et "le modèle économique de l'audiovisuel marocain dans le nouvel environnement numérique".
Présentant l'expérience de la HACA, elle a indiqué que la mission fondamentale du régulateur marocain consiste à veiller au libre exercice de la communication audiovisuelle par les opérateurs à l'abri de toute influence pouvant provenir d'acteurs économiques, politiques ou syndicaux, affirmant qu'un tel rôle est le soubassement même de l'indépendance de la Haute autorité.
Mettant en avant les actions menées en faveur de la promotion des valeurs démocratiques par le biais du développement d'un paysage audiovisuel pluraliste, diversifié, équitable et citoyen, elle a cité, entre autres, la décision normative de 2018 qui a étendu la notion de pluralisme d'expression partisane au concept de pluralisme d'opinion et a concilié la règle de l'équité d'accès des acteurs politiques aux médias avec le droit du citoyen à l'information pluraliste.
Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA) a-t-elle annoncé, a, par ailleurs, émis 106 décisions en 2019 réparties entre octroi de licences et d'autorisations, établissement de cahier des charges des opérateurs privés et sanctions, affirmant que «c'est un très bon bilan».
Elle a aussi indiqué que 40 cas relatifs au contenu audiovisuel ont fait l'objet d'une décision de classement de dossier, qu'il y a eu 9 décisions d'avertissement, 8 décisions de notification concernant les mesures prises, 7 décisions «d'attirer l'attention», 4 de diffusion de communiqué et 3 autres d'arrêt de diffusion pour une durée limitée.
Quant à la répartition des décisions selon la thématique, Latifa Akherbach a souligné que ces décisions concernent l'honnêteté, l'impartialité et l'équilibre de l'information et des émissions (9 décisions), la programmation (8), la publicité (7), la dignité humaine, le racisme et la discrimination (7), la santé et la sécurité des personnes (5), les femmes (4), la diversité linguistique et culturelle (3), le pluralisme (2) et la protection du jeune public.
La présidente de la HACA a, par ailleurs, mis en garde contre le danger de la diffusion par les médias audiovisuels marocains des discours de haine, de racisme ou de discrimination à l'égard de la femme. «La femme est toujours décrite comme une vache et traitée comme un objet sexuel ... et par d'autres expressions qui portent atteinte à la dignité des femmes», a-t-elle affirmé, expliquant que la raison de la perpétuation de ces discours attentatoires est due principalement à «la faiblesse de la culture de l'égalité entre certains opérateurs. Je ne dis pas qu'il s'agit d'un acte prémédité. La preuve c'est qu'ils réagissent souvent positivement après les avoir avertis».
Latifa Akherbach a également défendu le bien-fondé des décisions prises par le CSCA. Elle a souligné à ce propos que cette institution «fonctionne de manière démocratique, car aucune décision ne peut être rendue qu'après délibération entre les membres du Conseil supérieur, et les décisions sont prises collectivement », ajoutant que ceux qui sont insatisfaits des décisions de la HACA peuvent recourir à la justice.
Elle a également évoqué les problématiques liées à la publicité, notamment en ce qui concerne le non-respect par des médias publics (la deuxième chaîne) de ce qui est indiqué dans les cahiers des charges, en dépassant la limite autorisée, notamment pendant le mois de Ramadan, soulignant que le problème de la publicité est dû au modèle économique de ces médias, car l'on exige d'eux d'être indépendants et, en même temps, de ne pas dépasser un certain seuil de publicité.
Dans ce sens, la présidente de la HACA a mis l'accent sur la nécessité de renforcer les médias publics, ajoutant que «la question du modèle économique des chaînes publiques est une question politique et démocratique. Ces institutions doivent être renforcées, car une société sans médias publics forts ne peut pas avancer».
Un groupe de travail créé par la HACA et présidé par Ali Bakkali, membre du CSCA, se penchera justement sur la problématique du «modèle économique de l'audiovisuel marocain dans le nouvel environnement numérique». «Le choix de cette thématique illustre l'intérêt que porte le régulateur marocain à la question hautement stratégique de l'adaptation impérative du modèle économique de l'audiovisuel national, public et privé, aux ruptures induites par la révolution technologique qui a bouleversé les structures et le fonctionnement des médias audiovisuels partout dans le monde», a souligné un document de la HACA.
Un autre groupe de travail examinera la problématique de «la promotion de l'éducation aux médias et à l'information». Partant du constat que «les Marocains sont de plus en plus connectés et que l'accès à Internet se fait à un âge de plus en plus précoce», ce groupe présidé conjointement par Mohammed El Maazouz et Badia Erradi (membres du CSCA) a pour objectif de «poser les jalons d'une vision marocaine» en matière d'éducation aux médias et à l'information, et partant, «développer la résilience des citoyens aux infox, à la manipulation de l'information et à renforcer leur vigilance vis-à-vis du discours de haine et de violence».
«Le discours de violence et de haine dans les contenus médiatiques» est une autre problématique qui sera traitée par le groupe de travail présidé par deux membres du CSCA, à savoir Fatima Baroudi et Jaafar Kansoussi. L'objectif final étant «de parvenir à formuler une vision adaptée à la société marocaine en matière de lutte contre ce discours dans les contenus médiatiques marocains».
Le quatrième groupe présidé par Narjis Rerhaye se penchera sur la question de la «régulation et nouveaux médias numériques». Ce groupe «se propose de réfléchir à un modèle marocain de régulation numérique tout en prenant en considération tant les exigences démocratiques que le respect de la personne humaine, la lutte contre l'incitation à la haine et à la violence, la lutte contre toutes les formes de discrimination, la protection de l'enfance, l'honnêteté de l'information et le pluralisme des opinions».


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