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Présentation à El Jadida du livre "Mémoires d'un professeur"
Publié dans Libération le 23 - 01 - 2020

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La rencontre culturelle qui s'est déroulée samedi 18 janvier 2020 à la librairie de Paris à El Jadida peut être considérée à juste titre comme une rencontre sur l'actualité brûlante que connaît l'enseignement marocain d'aujourd'hui. La vive discussion, qui a animé l'espace de la librairie en cette fraîche soirée d'hiver, a mis le doigt sur une plaie toujours saignante. L'occasion de cette rencontre était la présentation du livre intitulé « Mémoires d'un professeur » relatant l'expérience et le parcours de l'enseignante marocaine Najat Dialmy, docteur ès Lettres, professeur de l'enseignement supérieur au Centre régional des métiers de l'éducation (CRMEF) à Rabat.
Le débat fut dirigé par le professeur Abdelali Errehouni qui d'emblée a déploré l'absence d'enseignants à cette rencontre alors qu'ils auraient dû être les premiers intéressés pour tirer profit de l'expérience vécue sur le terrain par leurs aînés.
Mais en réponse, à un intervenant, l'auteure a eu cette phrase qui permet d'entretenir l'espoir d'une évolution : « Les décideurs savent très bien le problème que vit l'enseignement marocain depuis des décennies et, s'ils en ont la volonté politique, ils peuvent le résoudre».
L'intervenant a constaté que, depuis les dernières années, certaines familles refusent d'inscrire leurs enfants à l'école publique qu'elles jugent d'une médiocrité telle qu'elle n'est plus attirante et n'offre plus les mêmes conditions de réussite qu'autrefois. L'enseignement pour les familles modestes ne permet plus à leurs enfants de progresser dans l'échelle sociale comme ce fut le cas pour les générations des années 60 et 70 qui ont pu progresser, bâtir leur avenir et briller au Maroc comme à l'étranger.
Najat Dialmy a également déploré le choix de l'importation des méthodes étrangères qui ont toutes échoué : la pédagogie par projet, celle par compétence et aussi la pédagogie différenciée. Selon l'auteure, les raisons de cet échec cuisant sont doubles : tout d'abord ces pédagogies ne prennent pas en considération la réalité et les contraintes marocaines et, ensuite, il convient de déplorer la non implication des enseignants marocains et leur manque de motivation vis-à-vis de ces pédagogies. L'auteure juge que les enseignants, même ceux qui font preuve de bonne volonté et de patience, sont tellement débordés par le travail en classe qu'ils finissent par baisser les bras et de se contenter du manuel officiel sans faire preuve d'aucune créativité. Comment pourraient-ils faire autrement quand ils sont parfois chargés de 5 classes de 40 élèves chacune ? Et de conclure ainsi : « Nous sommes devant un système qui tourne en rond sans aucune perspective vers l'avenir ».
L'hôte de la rencontre a également formulé certaines critiques au sujet de la formation actuelle des professeurs et du choix de leurs profils. « Une année scolaire de formation, entrecoupée de vacances, dit Najat Dialmy, n'est pas suffisante notamment pour des étudiants déjà en difficulté ». L'auteure a noté, par exemple, que plusieurs licenciés en économie et en droit, qui ont choisi d'être de futurs enseignants de langue française, ne maîtrisent pas cette langue : « Ils ne savent rien de la grammaire et de la littérature ». Aujourd'hui, dit-elle, « ce n'est un secret pour personne que l'élève marocain ne maîtrise ni l'arabe ni le français ».
Dans le cadre des échanges avec l'auteure du livre, j'ai souligné que ma génération, par exemple, avait bénéficié à l'école publique dans les années 60 et au début des années 70 d'un bon enseignement qui n'avait rien à envier aux meilleurs systèmes pédagogiques européens et qu'il fallait peut-être penser faire un retour en arrière et appliquer cet ancien système. Najat Dialmy en guise de réponse, tout en étant d'accord avec mon point de vue, a précisé qu'il est maintenant difficile de revenir en arrière eu égard à la réalité du présent et à l'existence de techniques nouvelles d'enseignement basées sur l'utilisation d'Internet et de différents moyens de communication.
Finalement ce livre rejoint ce qu'écrivait un autre enseignant de langue française, Faquihi Sahraoui, aujourd'hui retraité, qui dans son autobiographie professionnelle « Le tableau noir », a détaillé le problème épineux de l'enseignement avec beaucoup d'amertume et même un certain rejet. Dans cet ouvrage, cet ancien enseignant fort de son expérience n'hésite pas à critiquer les CPR, les directeurs incompétents, les inspecteurs fantômes, le ministère où règne la bureaucratie, le cycle spécial, les examens bâclés, la fraude des élèves, et toutes les petites corruptions. Un sujet qui reste entier.
(écrivain)
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