Vojtech Filip : Le blocage de la libre circulation menace la paix et la sécurité    Le Président congolais exprime sa solidarité avec le Royaume    Le GCAM à l'écoute des Fédérations interprofessionnelles de l'agriculture    Où va le Liban ?    Haboub Cherkaoui nouveau patron du BCIJ    Venant des Etats-Unis où il a été formé, Rayane Jamaï défendra les couleurs du MAS    Pour éviter les problèmes cardiaques : Dormez mieux !    Mise en échec d'une opération d'émigration clandestine à Dakhla, une personne interpellée    Emirates Warriors : Jaafar Alaoui remporte le titre de la 14è édition    Mohamed El Guisser nouvel entraîneur du KACM    Le CCME lance une formation sur le plaidoyer au sujet du Sahara    Rencontre entre la FRMF et les clubs de la Botola sous le thème : "Les centres de formation des joueurs"    Refinancement bancaire : Le volume dépasse les 100 milliards DH    Le Président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez attendu au Maroc le 17 décembre    Supercoupe Africaine: El Ahly accueille la Renaissance de Berkane le 10 décembre au Caire    Chtouka Ait-Baha : des mesures pour atténuer les effets de la vague de froid    Entame réussie du TAS en Coupe de la Confédération    Mike Tyson, la vie par chaos    Nouvel échec pour Trump devant un tribunal de Pennsylvanie    Driss Lachguar : Le rôle joué par le Maroc pour instaurer la sécurité, la stabilité et la paix procure une immense et légitime fierté    Quatre startups marocaines nominées pour le World Summit Awards    Le président de la FRMF met en avant le rôle des centres de formation dans la promotion du football national    Evolution du coronavirus au Maroc : 4115 nouveaux cas, 353.803 au total, dimanche 29 novembre à 18 heures    Prolongation des mesures préventives contre la Covid-19 à Essaouira    Bouarfa : Suspension des examens de permis de conduire, à partir du 30 novembre    A Montréal, Leila Gouchi présente un concert empreint du charme de l'Andalousie    "Casarchives " , une exposition dédiée à la mémoire historique de Casablanca    La Jeunesse socialiste s'active sur le front de la diplomatie parallèle    L'OCI réaffirme son attachement à l'accord de Skhirat comme base à toute solution    Dialogue inter-libyen à Tanger : Nouveau pas vers la grande réconciliation    Le dirham s'apprécie vis-à-vis du dollar du 20 au 25 novembre 2020    Maroc-Russie: un nouvel accord de coopération    Régularisation fiscale : Signature d'un accord entre l'ONIGT et la DGI    IB Maroc dévoile son chiffre d'affaires    L'UM6P et le CRI de Marrakech-Safi s'allient pour accompagner le tissu entrepreneurial    2.260 lits hospitaliers supplémentaires en 2021    La défense de l'intégrité territoriale fait partie intégrante des valeurs professionnelles authentiques de la presse    La diaspora marocaine manifeste à Paris en soutien à l'intervention marocaine à El Guerguarat    Une femme à la conquête du désert    Mahmoud El Idrissi, icône de la chanson marocaine, n'est plus    Communauté juive : Reconnaissance d'une marocanité...enracinée    Depuis El Guerguarat, la jeunesse istiqlalienne salue la décision déterminante du Souverain    Sahara marocain : le nombre des consultas s'agrandit [Vidéo]    Bourita : la réunion de la Chambre des représentants libyenne consultative a été une «réussite»    Niamey : Les ministres des AE de l'OCI saluent les efforts du Souverain pour la protection d'Al Qods    La seule école et troupe de cirque du Gabon lutte pour sa survie    Mais que fait l'actrice marocaine Sarah Perles avec la star de «La Casa De Papel» ? (PHOTO)    Etude d'impact patrimonial à Rabat : L'orientation de SAR Lalla Hasna comme soubassement    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le monde devra franchir la barre des 100.000 morts dès ce week-end
Publié dans Libération le 11 - 04 - 2020

Face au nouveau coronavirus qui continue de tuer implacablement dans un monde partiellement paralysé, la riposte économique s'est renforcée jeudi aux Etats-Unis mais aussi dans l'Union européenne, dont les dirigeants se sont enfin entendus sur une réponse commune d'envergure.
Plus de 93.000 personnes ont désormais succombé à la pandémie qui, selon la patronne du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, aura "les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression" de 1929.
Mais le nombre de patients en réanimation a légèrement baissé en France, tout comme les hospitalisations dans les foyers américains du Covid-19, ce qui permet d'espérer un ralentissement de la spirale macabre dans un avenir pas trop lointain.
En l'absence de vaccin, le retour à la normale devra toutefois attendre et se fera probablement de manière graduelle, les autorités voulant à tout prix éviter une nouvelle vague d'infections.
Les mesures de confinement, qui concernent plus de la moitié de l'humanité, ont pourtant un coût faramineux: des secteurs entiers de l'économie sont à l'arrêt, les échanges s'effondrent, le chômage s'envole. En conséquence, un demi-milliard de personnes risquent de tomber dans la pauvreté, selon l'ONG Oxfam.
"Les pauvres n'ont pas de revenus, encore moins d'économies. Mes enfants ne peuvent pas travailler, tout le monde a besoin d'aide", témoigne Maria de Fatima Santos, une habitante de la Cité de Dieu, une favela emblématique de Rio de Janeiro, au Brésil.
Même dans la très prospère Californie, sur la côte ouest des Etats-Unis, le coronavirus coûte cher: tournages à l'arrêt à Hollywood, stades désertés, bars fermés... "personne n'a de travail", "c'est la panique", se lamente un ingénieur du son, Zach Machtem, résumant l'anxiété des quelque 17 millions d'Américains qui ont perdu leur travail à cause de la pandémie.
La Banque centrale américaine a frappé un grand coup jeudi en annonçant 2.300 milliards de dollars de nouveaux prêts pour soutenir l'économie et celle-ci pourrait rebondir assez rapidement, selon les autorités.
En Europe, après d'âpres tractations, les ministres des Finances sont parvenus à trouver un accord incluant 500 milliards d'euros disponibles immédiatement et un fonds de relance à venir. Pour Berlin, il s'agit d'un "grand jour pour la solidarité européenne".
La question de la mutualisation de la dette, les "coronabonds" destinés à soutenir l'économie à plus long terme, qui divise les pays du nord et du sud, n'a toutefois pas été tranchée.
Dans le reste du monde, la majorité des pays n'ont pas les moyens américains ou européens et, pour la première fois en plus d'un quart de siècle, l'Afrique subsaharienne, particulièrement exposée, devrait entrer en récession en 2020, a prévenu la Banque mondiale qui craint également une "crise alimentaire" sur le continent.
Au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, le confinement perturbe déjà les circuits de production agricoles. "A cause des restrictions de transport, il est difficile de s'occuper de nos poissons, et on les nourrit de manière irrégulière", déplore Wale Oni, un pisciculteur venu vendre ses produits sur un marché de Lagos. Et parfois "ils se mangent entre eux".
Malgré le coût de ces mesures, l'Afrique du Sud, géant économique du continent, a prolongé de deux semaines l'appel à rester cloîtré chez soi.
Bien que la planète soit claquemurée, le virus poursuit sa course macabre et le monde se rapproche à grand pas de la barre des 100.000 morts.
Avec plus de 18.000 décès, l'Italie est toujours le pays au monde comptant le plus de victimes. Les Etats-Unis occupent désormais la deuxième place de ce sinistre classement avec 16.000 morts, suivis de l'Espagne (plus de 15.000) et de la France (plus de 12.000).
Epicentre de la pandémie aux Etats-Unis, l'Etat de New York a déploré près de 800 morts en 24 heures, son pire bilan sur une journée. Mais le nombre des hospitalisations n'a jamais été aussi bas depuis le début de la crise, a relevé son gouverneur Andrew Cuomo, ce qui lui a fait dire: "nous sommes en train d'aplatir la courbe".
L'Espagne, l'Italie et la France relèvent aussi une tendance à la baisse de la tension hospitalière. Partout, les autorités sanitaires appellent à ne pas relâcher les efforts pour autant.
En Grande-Bretagne, 881 décès supplémentaires ont également été recensés en 24 heures. Petite bouffée d'air: le Premier ministre Boris Johnson, porteur du virus, a pu sortir des soins intensifs grâce à une amélioration de son état.
Les soignants de tous les pays continuent de payer un lourd tribut à la pandémie : une centaine de médecins sont décédés en Italie. Au Royaume-Uni, un docteur qui avait sonné l'alarme sur le manque d'équipements de protection pour les soignants a succombé au virus.
Mais les professionnels de la santé poursuivent leur lourde tâche avec souvent un incroyable dévouement: "je n'ai pas peur d'être infectée, j'ai juste peur de ne pas pouvoir faire tout ce que j'ai à faire", confie une religieuse et médecin qui bataille contre la pandémie en Lombardie.
Les pompes funèbres, également sur le pied de guerre, regrettent que leur travail soit moins valorisé. "On a un fort sentiment d'abandon. Les soignants ont eux une sorte de reconnaissance. Pour les masques et les combinaisons, on s'est débrouillés seuls. Les autorités n'ont pas pensé à nous", constate Jean-Christophe Saels, croque-mort à Bruxelles.
Les chauffeurs et livreurs d'Uber dans le monde pourront eux compter sur la plateforme de réservation en ligne qui a commandé des millions de masques et a commencé à les distribuer aux chauffeurs new-yorkais.
Sur la scène diplomatique, le Conseil de sécurité de l'ONU tentait jeudi de surmonter ses divisions, notamment sino-américaines, lors d'une réunion en visioconférence consacrée au Covid-19.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres l'a exhorté à se montrer uni face à la pandémie, soulignant qu'il s'agissait "du combat d'une génération - et la raison d'être des Nations unies elles-mêmes".
Ce n'est "pas le moment" des critiques, avait-il déjà plaidé, alors que le président américain Donald Trump a vivement mis en cause l'OMS pour sa gestion de la crise et un supposé prisme pro-chinois.
L'administration américaine a renouvelé jeudi ses accusations contre l'agence onusienne, lui reprochant d'avoir "privilégié la politique à la santé publique". Pour Washington, le manque de transparence de la Chine, où le nouveau coronavirus est apparu en décembre, a également fait perdre "un temps précieux au monde".


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.