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Sur les traces du vaccin anti-Covid-19
Publié dans Libération le 02 - 07 - 2020

Nous sommes le 15 mai, à Washington. Face au monde et à deux pas du président Donald Trump, Moncef Slaoui s'est engagé à livrer plusieurs centaines de millions de doses du vaccin contre le nouveau coronavirus à la fin de l'année. Depuis, le spécialiste en immunologie et biologie moléculaire, natif d'Agadir, est retourné à l'ombre après avoir été sous les projecteurs de la Maison Blanche. En ce moment même, dans son laboratoire, il s'acharne à tenir sa promesse. Et il n'est pas le seul. La course au vaccin est lancée et rien ne semble l'arrêter, pas même les théories complotistes, pourtant légion.
Désormais, il est convenu qu'en l'absence de vaccin, le retour à une vie normale n'est pour le moment qu'illusion dans un rêve de satin. Pour les plus optimistes, ce rêve pourrait devenir réalité au plus tard, d'ici à janvier prochain. Pour les autres, une telle issue est inenvisageable avant l'automne 2021. Où en est-on aujourd'hui ? Une interrogation capitale à l'heure où aux quatre coins du monde, l'hypothèse d'une deuxième vague prend, chaque jour, un peu plus d'épaisseur. Alors que l'Organisation mondiale de la santéprédit que « le pire est à venir », le Premier ministre canadien Justin Trudeau a appelé sa population à la vigilance et a fait part de ses craintes d'un retour du Covid-19 à l'automne. Idem pour le professeur Didier Raoult. L'infectiologue, rendu célèbre par le traitement à la chloroquine, avait déclaré, fin mai, ne pas croire à la possibilité d'une deuxième vague de l'épidémie de Covid-19, que ce soit en France ou ailleurs. Aujourd'hui, il se montre plus prudent. Disons-le clairement, il a fait volte-face.
Dès lors que la possibilité d'une deuxième vague en automne n'est plus un fantasme, celle d'une troisième vague en hiver est logiquement à craindre. Enfin à moins qu'un vaccin ne soit disponible d'ici là. A l'OMS, on y croit dur comme fer. « Si nous avons beaucoup de chance, il y aura un ou deux candidats vaccins avant la fin de cette année », a déclaré Soumya Swaminathan, la directrice scientifique de l'OMS lors d'une conférence de presse virtuelle. Début 2021, c'est un vaccin franco-thaïlandais qui est promis aux terriens. « Le ministère travaille avec Bionet-Asia pour développer un vaccin de type ADN, et les derniers tests sur des souris montrent une réponse significative en anticorps », a confié le ministre de la Santé AnutinCharnvirakul, cité par la presse locale.
L'Afrique n'est pas en reste non plus. Récemment, les premiers essais cliniques sur le sol africain pour un vaccin contre le Covid-19 ont débuté. En Afrique du Sud, près de 2.000 personnes se sont portées volontaires. Annoncé officiellement le mardi 23 juin, ce test mené par l'Université Wits de Johannesburg a tout d'un tournant majeur dans la lutte contre le coronavirus sur le continent et plus si affinités évidemment. 12.000 km plus au nord, le Centre national russe de recherche en virologie et biotechnologie Vectorpassera à des essais cliniques sur 300 volontaires à partir de mi-juillet après avoir testé trois prototypes de vaccin contre le nouveau coronavirus. RinatMaksioutov, le directeur général du centre, a affirmé, dans une interview mâtinée d'optimisme accordée à « Sputnik », que « si l'efficacité in vivo du médicament est confirmée, l'enregistrement du vaccin débutera en septembre ».
Cela ne vous aura certainement pas échappé, la course mondiale au vaccin contre le nouveau coronavirus a un point en commun : l'urgence. C'est la raison pour laquelle un laboratoire indien veut produire à la fin de l'été 50 millions de doses de sérum par mois, sans pour autant attendre les résultats des essais cliniques en cours dont les conclusions ne sont pas attendues avant plusieurs mois. « Nous devons prendre ce risque en ces temps de crise, sinon nous prenons un an de retard, cela serait dramatique », confie, à Libération, Adar Poonawalle, le PDG de l'entreprise indienne, Serum Institute of India (SII). Appelé AZD1222 etdéveloppé par des chercheurs de l'Université anglaise d'Oxford, en partenariat avec le laboratoire britannique AstraZeneca, le vaccin pourrait être produit à hauteur de 50 millions de doses par mois à partir d'août ou septembre. Puis un milliard par an si son efficacité est avérée. Cependant, quelle que soit l'issue de cette course contre la montre mondiale, il y aura toujours des contestataires.
Les derniers en date ont pris pour cible le milliardaire américain Bill Gates et sa politique vaccinale. En guise d'argumentaire, ils évoquent des effets secondaires ayant pour conséquence la mort de 700.000 personnes par le vaccin anti-Covid-19. Pis, ils l'accusent d'avoir introduit l'autisme au Vietnam, ou encore d'avoir stérilisé des millions de femmes en Afrique. Un cocktail d'accusations explosives sans aucun fondement. Si l'on se cantonne uniquement aux accusations liées au vaccin anti-Covid-19, elles ne résistent guère aux propos du milliardaire début d'avril, lorsqu'il expliquait, à juste titre, qu'il fallait faire attention aux effets secondaires, dans le cadre du développement d'un vaccin en vitesse accélérée comme celui contre le Covid-19. Un discours peu en phase avec l'image d'un génocidaire sanguinaire et les accusations portées à son égard. Comme quoi les apparences peuvent être trompeuses. Et ce n'est pas Moncef Slaoui qui nous contredira, lui qui a toujours voulu aider son pays sans qu'on lui en offre l'opportunité, pourrait contre toute attente réaliser l'exploit de sortir le monde de cette crise sanitaire qui semble infinie et par ricochet le Maroc aussi.


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