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Les femmes porteuses et autres travailleurs en victimes collatérales
Publié dans Libération le 04 - 09 - 2020

13 mois après la fermeture des passages de et vers les présides occupés, Abdelouafi Laftit a réaffirmé la volonté de l'Etat de ne plus autoriser le retour du trafic des marchandises avec Sebta et Mellilia ou plus précisément le travail de forçat des "femmes-mulets" qui donne, selon lui, une mauvaise image des Marocaines.
Intervenant lors d'une rencontre avec les représentantes des partis politiques, tenue mardi dernier à Rabat, le ministre de l'Intérieur a même déclaré que le Maroc est prêt à chercher d'autres alternatives à ce trafic qui nuit à l'économie locale et nationale ainsi qu'aux femmes porteuses qui sont les première perdantes dans ce commerce informel.
Pourtant, la fermeté affichée par le ministre et ses bonnes intentions à trouver une solution ne règlent en rien la dure réalité de ces femmes marquée aujourd'hui par la pauvreté, l'exclusion et la souffrance en l'absence d'une alternative à leur situation.
«Après la fermeture des frontières factices, il y a eu effectivement le lancement de plusieurs projets destinés à la reconversion professionnelle de «ces femmes porteuses». Certaines d'entre elles ont opté pour la création de leurs propres entreprises d'importation des marchandises en provenance de l'Espagne alors que d'autres ont choisi de rentrer chez elles. Bref, toutes ces femmes ont tenté de s'adapter à leur nouvelle situation, mais l'arrivée du Covid-19 a changé la donne et aggravé leur situation», nous a indiqué Mohamed Benaïssa, président de l'Observatoire du Nord pour les droits de l'Homme, basé à Fnideq.
Selon notre interlocuteur, la propagation du coronavirus a porté un coup de massue à l'économie de la région. Notamment dans la ville de Fnideq qui compte énormément sur ses activités commerciales avec Sebta. «Les « femmes porteuses» ont été les premières victimes de cette situation dramatique dans cette ville où tous les indicateurs économiques sont au rouge», nous a-t-il précisé.
La même situation de détresse est observée au niveau de la ville de Nador. Selon Omar Naji, militant des droits de l'Homme, près de 15.000 hommes et femmes vivant du trafic de marchandises avec Mellilia sont dans une situation dramatique après la fermeture des frontières. Une situation des plus difficiles vu que la région ne dispose pas de zone industrielle et que l'idée de création d'un projet de traitement des déchets annoncé comme une alternative pour ces personnes, peine encore à aboutir.
Pourtant, nos deux sources sont unanimes à considérer que le véritable problème dans ces villes du Nord est celui des travailleurs «transfrontaliers» qui disposent de certaines facilités pour obtenir des contrats et gérer leur permis de travail en tant qu'étrangers. En revanche, ils ne peuvent pas passer la nuit sur le territoire espagnol et ne peuvent donc pas demander un permis de séjour. « Selon nos chiffres, il y a 5.000 travailleurs marocains légaux à Mellilia. Ces derniers ont reçu dernièrement des lettres de leurs employeurs espagnols les incitant à retourner à leurs postes de travail ou d'être licenciés », nous a révélé Omar Naji.
Pour ce dernier, la décision de fermeture des frontières factices a été prise à l'improviste et sans en avoir préalablement mesuré les conséquences. « Aujourd'hui Mellilia est le plus grand pourvoyeur d'emplois dans la région avec 20.000 postes de travail. Il y a aussi des enfants marocains qui poursuivent leurs études dans cette ville et il y a également des enseignants marocains qui dispensent des cours dans une école marocaine de la ville. On se demande comment le département de l'Intérieur compte gérer tout ce beau monde», s'est-il interrogé.
A rappeler que le Maroc a procédé unilatéralement, le 9 octobre 2019, à la fermeture du poste de contrôle donnant accès au préside occupé de Sebta. Une décision qui a été lourde de conséquences pour les habitants du Nord du Maroc comme pour la population de Sebta. Une décision similaire a été prise une année auparavant concernant le poste donnant accès à la ville de Mellilia. Les deux présides étaient considérés comme les principales portes d'entrée de marchandises de contrebande sur le sol marocain. En effet, plusieurs produits non taxés étaient acheminés à pied via le poste de "Tarajal II" grâce aux 3.500 femmes-mulets qui transportent sur leurs dos plusieurs dizaines de kilos de marchandises. Cette contrebande entre Sebta et Fnideq représentait annuellement entre six et huit milliards de dirhams, selon les estimations de Nabyl Lakhdar, directeur général des douanes, rapportées par le journal l'Economiste.
Selon certains médias espagnols, la décision des autorités marocaines de fermer les soi-disant frontières a provoqué une chute des ventes estimée à 80% et une baisse considérable du trafic routier au niveau du poste concerné, ce qui a eu des conséquences négatives sur plusieurs PME et PMI espagnoles.
Hassan Bentaleb


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