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Le soutien de la discorde
Publié dans Libération le 30 - 09 - 2020


Dans le monde entier, la culture subit la crise sanitaire de plein fouet. Que peut, ou doit, y faire l'Etat ? Au Maroc, le ministère de tutelle avait annoncé en juin dernier le lancement d'un programme exceptionnel de soutien aux acteurs culturels des mondes de l'art et du livre, en vue d'atténuer l'impact socioéconomique de l'état d'urgence sanitaire. "Conscient de l'apport des créateurs, artistes et auteurs, dans la fabrication du lien social, de la cohésion et de la capacité d'innovation, le ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports lance un programme exceptionnel de soutien aux acteurs culturels des mondes de l'art et du livre, personnes physiques, associations et entreprises", avait écrit Othman El Ferdaous, ministre de la Culture sur sa page Facebook. En application des textes organiques régissant et déterminant les modalités de soutien et tenant compte du cahier des charges encadrant le soutien au titre de l'année 2020, les commissions chargées de l'étude des dossiers de demande de soutien se sont réunies et ont examiné 1.096 projets dont 459 ont été retenus. Ces projets concernent 173 tournées théâtrales, 140 projets pour l'acquisition d'œuvres d'arts plastiques et visuels et le soutien des expositions d'arts plastiques et visuels organisées par les galeries d'art spécialisées et 146 projets de musique, de chansons, d'arts de la scène et d'arts chorégraphiques. Depuis la publication de la liste des récipiendaires de ce soutien, les réseaux sociaux se sont enflammés et beaucoup d'internautes ont dénoncé ce qu'ils ont qualifié de système de rente. Certains ont jugé que ces aides devaient être attribuées aux cadres de la Santé qui luttent contre le Covid19 depuis plusieurs mois. Mais ce que ces gens ne savent certainement pas, c'est qu'il ne s'agit pas d'une action de charité envers des artistes mais d'un soutien aux projets culturels et artistiques, comme le soulignent de nombreux artistes. Pour le chanteur Nouaman Lahlou qui dénonce une campagne de désinformation, «il ne s'agit pas d'un don en faveur des artistes mais d'un programme qui existe depuis 11 ans, intitulé «Aide à la production». «Pour pouvoir en bénéficier, il faut remplir un certain nombre de critères et déposer une candidature qui est examinée par une commission professionnelle», explique l'artiste. Et d'ajouter: «Il ne s'agit nullement de charité, mais d'un système d'aide à la création à hauteur de 60% qui existe dans de nombreux pays». Pour sa part, le comédien et président du Syndicat marocain des professionnels des arts dramatiques, Messaoud Bouhcine, explique que les gens qui sont derrière cette fausse polémique sombrent gravement dans le populisme. «Je peux comprendre que cette polémique soit véhiculée par des gens qui n'ont pas compris et qui pourraient changer d'avis et de jugements une fois qu'ils auront saisi le fonctionnement du système d'aide à la production, mais ce qui est inacceptable et qui fait mal au cœur, c'est de voir des gens appartenant à l'élite intellectuelle et soi-disant modernistes véhiculer ces idées qui combattent tout ce qui se rapporte à la culture et à la création». «Je trouve cela indigne, dégoutant et méprisable», martèle l'artiste. «Je pense que les gens ont le droit de critiquer ce système d'aide à la production, mais, à mon sens, cela est dû au manque flagrant de communication de la part du ministère», souligne, de son côté, l'homme de théâtre Amine Nasseur. «Le ministère s'est contenté de publier la liste des artistes qui ont bénéficié de subventions sans donner aucune explication, ce qui a laissé libre cours aux rumeurs et aux fausses polémiques», ajoute-til. Et de préciser : «Le soutien du ministère aux mondes des arts et du livre vise avant tout à fournir un service public aux citoyens marocains dans le cadre de son droit constitutionnel qui lui garantit l'accès à la culture, c'est-à-dire rapprocher la culture et l'art des citoyens». Pour ce qui est du comédien Mohamed Choubi, il tient à préciser que «cette aide à la production n'est pas destinée directement aux artistes mais aux sociétés de production qui devront bien évidemment rendre des comptes par la suite et prouver que ces sommes ont bel et bien été déboursées dans la production d'œuvres artistiques». «Sans oublier que chaque projet artistique fera travailler beaucoup de gens du domaine, que ce soit au niveau des musiciens, des arrangeurs, des compositeurs, des monteurs, etc. C'est beaucoup de familles marocaines qui sont concernées et qui pourront subvenir à leurs besoins grâce à ces aides octroyées aux sociétés de production», dit-il. Autre son de cloche de la part de Latifa Raafat qui fait partie des gens qui ont tiré à boulets rouges sur cette initiative du ministère. Dans une vidéo publiée sur Instagram, la chanteuse n'a pas mâché ses mots pour manifester sa colère et dénoncer ce qu'elle a qualifié d'injustice. «Près de 1,5 milliard de centimes ! Une somme qui a été offerte à des personnes qui n'ont aucun rapport avec l'art, des inconnus qui ne résident même pas au Maroc. Sur la liste des bénéficiaires figure une société de construction. Je l'ai vu de mes propres yeux», s'est insurgée Latifa Raafat. «Ces aides auraient dû être données aux artistes qui n'ont plus de ressources à cause de la pandémie. Certains n'arrivent plus à subvenir aux besoins de leurs familles, d'autres vendent leurs instruments à des prix dérisoires pour subvenir à leurs besoins. Cette catégorie d'artistes ne mérite-t-elle pas cette subvention ? C'est honteux ! Je n'ai pas pu retenir mes larmes», a ajouté la chanteuse.

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