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Un Président déconnecté des réalités
Publié dans Libération le 02 - 02 - 2011

Face au défi massif de la rue, Hosni Moubarak a usé du même paternalisme condescendant avec lequel il gouverne sans partage l'Egypte depuis trente ans.
Sourd à la vague de protestation qui submerge le pays depuis une semaine, le président égyptien, âgé de 82 ans, a nommé son chef des renseignements au poste de vice-président, remanié son gouvernement et promis quelques efforts économiques, comme si tout pouvait reprendre comme à l'accoutumée.
Pendant trois décennies, Hosni Moubarak a bénéficié du ferme soutien des Etats-Unis, d'Israël et de l'Europe, qui le voyaient comme le garant de la stabilité et de la paix, et un rempart contre l'islamisme.
Aujourd'hui, même Washington, qui a versé des milliards de dollars à l'Egypte, principalement sous la forme d'une aide militaire, et en dépit de la résistance de Moubarak aux réformes occasionnellement préconisées par les Américains, a déploré sa réaction face à ce mouvement de contestation historique.
«Ce ne sont pas des nominations qu'il faut, ce sont des actes», a déclaré lundi le porte-parole de la Maison blanche Robert Gibbs.
L'armée n'a pas publiquement lâché Moubarak, mais elle a annoncé lundi qu'elle ne tirerait pas sur les manifestants rassemblés ce mardi pour une «marche d'un million» destinée à faire chuter le chef de l'Etat. Les militaires ont qualifié de «légitimes» les revendications du peuple égyptien.
Un système étouffant

Ancien général de corps d'armée aérien, Moubarak est arrivé au pouvoir en 1981 après l'assassinat du président Anouar Sadate, tué lors d'un défilé militaire par des islamistes pour avoir fait la paix avec Israël deux ans plus tôt.
Au cours des trois décennies suivantes et malgré ses promesses, Moubarak n'a rien fait pour bâtir un cadre institutionnel permettant un transfert de pouvoir pacifique et démocratique dans le pays le plus peuplé du monde arabe, avec ses quelque 80 millions d'habitants.
Au contraire, il a pérennisé un système étouffant dans lequel la politique conventionnelle n'a quasiment pas sa place, gérant le pays par décrets administratifs comme s'il s'agissait d'une armée ou d'une corporation.
Décrit comme un dictateur dans les câbles diplomatiques divulgués récemment par WikiLeaks, Hosni Moubarak a remporté quatre mandats présidentiels par référendum dont il était le candidat unique.
Il a facilement gagné la première présidentielle pluraliste organisée en 2005. Il n'a jamais débattu avec son principal rival, l'avocat libéral Ayman Nour, qui sera ensuite condamné à cinq ans de prison pour usage de faux, puis remis en liberté après avoir purgé plus de trois ans de sa peine.
De nombreux Egyptiens s'attendaient à le voir briguer un sixième mandat en septembre prochain, ou installer son fils cadet Gamal, un homme d'affaires, dans son fauteuil, en sachant qu'ils n'auraient pas leur mot à dire.
La goutte d'eau qui fait déborder le vase a été la victoire écrasante du Parti national démocrate (PND) aux législatives de novembre dernier. Le parti présidentiel a remporté 90% des sièges au parlement et le principal mouvement d'opposition, les Frères musulmans, a perdu ses 88 sièges.
Sécurité et stabilité ?
Moubarak doit sa carrière présidentielle à Sadate, qui le considérait comme un subordonné loyal et l'a nommé vice-président en 1975, alors qu'il commandait l'armée de l'air et n'avait pas d'ambitions politiques. Au début, son style solide et prudent a aidé à apaiser une Egypte traumatisée par l'assassinat de Sadate et redoutant les violences des rebelles islamistes hostiles au traité de paix avec Israël.
Mais une fois au pouvoir, Moubarak a perpétué le système militaire autoritaire hérité du putsch de 1952. Personne n'a gouverné aussi longtemps l'Egypte hormis Mehmet Ali Pacha, l'aventurier albanais qui fonda au début du XIXe siècle la dynastie royale que renverseront les «officiers libres».
A l'occasion, Moubarak a parlé de démocratie mais sans jamais suggérer qu'il comprenait par ce mot la possibilité de se retirer ou de perdre le pouvoir à l'occasion d'élections.
Le président égyptien préfère parler de sécurité et de stabilité, se dépeignant lui-même comme un patriarche protégeant l'Egypte de ses ennemis.
Même le développement économique a été lent jusqu'à ce que Gamal, un ancien banquier d'investissement, persuade son père d'intégrer des hommes d'affaires et des économistes néolibéraux au sein de son gouvernement. La croissance a alors accéléré pour atteindre 7,2% au cours de l'année fiscale 2007-2008 mais les inégalités de revenus se sont creusées, l'inflation est restée élevée.
Sur le plan politique, rien n'a vraiment changé. Les amis et associés de Gamal Moubarak ont grimpé les échelons au sein du PND, une des premières cibles du soulèvement des derniers jours.
Avec l'âge, son père s'est enfermé dans l'autosatisfaction, manquant d'imagination. La police a torturé avec impunité quiconque défiait son autorité, des hommes politiques corrompus ont truqué les élections et modifié les règles pour exclure tous leurs rivaux, soulignent les organisations de défense des droits de l'Homme.
Hosni Moubarak a semblé inconscient de ces dangers. Interrogé l'an dernier sur le nom de son successeur, il répondait: «Dieu seul sait qui sera mon successeur. Quel que soit son choix, ce sera mon choix».


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