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Aguaï Dahi, ancien détenu du Polisario : “Le régime algérien a tout fait pour maintenir Kadhafi au pouvoir”
Publié dans Libération le 03 - 09 - 2011

Emprisonné pendant plusieurs années dans les geôles du Polisario pour avoir clamé la marocanité du Sahara, au sein même des camps de Tindouf, au début des années 80, Aguaï Dahi a fini par s'évader des camps et rejoindre la mère patrie où il a fondé l'Association des portés disparus au Polisario. Cette association s'est fixé comme objectif de défendre les Sahraouis tués ou portés disparus dans les geôles du Polisario. Dans ce cadre, Aguaï Dahi et son
association ont déposé une plainte auprès du Tribunal pénal
international et devant la Cour suprême d'Espagne, accusant nommément certains dirigeants du Polisario de crimes contre
l'humanité. Ayant
longtemps vécu dans les camps de Tindouf et côtoyé plusieurs
responsables algériens, Aguaï Dahi parle à Libé des raisons qui ont poussé les éléments du Polisario à combattre aux côtés des soldats de Kadhafi et l'Algérie à soutenir le dictateur libyen.

Libé : Le Conseil national de transition en Libye accuse le Polisario d'avoir envoyé des centaines d'éléments combattre aux côtés des troupes de Kadhafi. Quel rôle aurait pu jouer l'Algérie dans l'envoi de ces troupes ?
Aguaï Dahi : En réalité quiconque veut parler du Maghreb, doit partir du principe que Kadhafi était un mégalomane, un paranoïaque imbu de sa personne n'ayant jamais assouvi sa soif de pouvoir. Il avait tenté de semer la discorde dans les rangs arabes et africains et de renverser tous les régimes qui essayaient de s'opposer à ses ingérences. Les responsables algériens avaient su l'amener à soutenir le Polisario sur tous les plans et ce, dès la création de ce mouvement, lorsque Boumediene avait déclaré n'avoir aucune prétention sur le Sahara. Les Algériens l'avaient apprivoisé et se cachaient alors derrière Kadhafi, chaque fois qu'ils étaient montrés du doigt, lui faisant endosser la responsabilité de ce qui leur était reproché. Il faisait l'affaire de l'Algérie en armant et finançant le Polisario, mais surtout en empêchant les mouvements touaregs sur lesquels il avait une mainmise de créer des problèmes aux dirigeants algériens.
Pour en revenir aux relations que Kadhafi entretenait avec le Polisario, dès les premiers jours de sa création, ce mouvement a bénéficié des largesses du colonel mégalomane. Il l'a armé, les premiers kalaches du Polisario provenaient de Libye, via l'Algérie ; il a financé toutes les campagnes diplomatiques menées par l'Algérie au profit du Polisario, il a pris en charge les frais de scolarisation de plusieurs milliers d'étudiants provenant des camps. La moindre des choses, le Polisario se devait, en signe de reconnaissance d'aider son bienfaiteur pour mettre fin à l'insurrection des Libyens. Ceci ne pouvait certes se faire sans la bénédiction du pouvoir en Algérie qui voyait en Kadhafi un allié dans ses velléités hégémoniques au Maghreb et surtout de nuire aux intérêts du Maroc.
Plus de 20 pays africains ont reconnu le CNT libyen comme seule autorité légale. Pourquoi le régime algérien s'obstine-t-il à le rejeter ?
Tout d'abord, je tiens à féliciter le peuple frère de Libye qui vient d'avoir une direction responsable qui le conduira, sans aucun doute, vers un avenir meilleur et de se débarrasser du tyran irresponsable qui l'a terrorisé pendant plus de quarante ans, le conduisant au gré de ses caprices. Pour comprendre la position de l'Algérie et son opposition à la chute de Kadhafi, il faut savoir que les Touaregs qui sont disséminés à travers le grand Sahara, vivent en grande partie dans le Sahara algérien aux environs de Hassi Messoud, là où se concentrent les gisements de pétrole et de gaz algériens. Ces Touaregs sont des inconditionnels de Kadhafi qui les a soutenus dans leur dissidence au Mali, au Niger et au Tchad tout en leur interdisant toute velléité contre le régime algérien auquel ils demandent, depuis plus de 40 ans, une autonomie et qui essaye de se débarrasser des populations et d'exploiter leur terre.
Mais quand on sait que Kadhafi a exploité et tyrannisé le peuple libyen durant plus de 40 ans, suite à un coup d'Etat militaire, quand on sait que Kadhafi et les dirigeants algériens ont en commun la dictature sous laquelle ils dirigent leurs peuples, on se rend compte que les dirigeants des deux régimes ne peuvent qu'être solidaires et l'on comprend la position des dirigeants d'Alger vis-à-vis du régime de Kadhafi. Solidarité entre tyrans. Et je ne peux, ici, que féliciter le gouvernement marocain pour la position courageuse qu'il a adoptée en soutenant dès les premiers instants de son mouvement, le CNT libyen. Celui qui ne reconnaît pas le CNT qui est issu du peuple libyen et dont il incarne la volonté, celui qui ne le reconnaît pas, nie l'existence de ce peuple et lui refuse le droit de choisir sa voie. Mais en ce qui concerne l'Algérie, ce refus de reconnaître le CNT libyen est en contradiction avec les positions du grand défenseur, entre guillemets, du droit des peuples de décider de leur sort que le régime algérien prétend être. Mais le régime algérien ne peut reconnaître le CNT qu'après s'être assuré que celui-ci continuera d'être la marionnette qu'était Kadhafi aux mains des dirigeants algériens pour les soutenir dans leurs aspirations au leadership dans le Maghreb. Mais ces mêmes dirigeants oublient ou font semblant d'oublier que leur pays, du fait de ses composantes ethniques, du fait des luttes qu'il ne cesse de mener contre les différents mouvements armés dans ses frontières ou à l'extérieur de celles-ci, ce pays risque d'être la prochaine cible des révolutions populaires. Sauf qu'en Algérie si la révolution populaire éclate, elle sera sans doute plus violente et plus meurtrière que partout ailleurs. Car les Algériens dont le pays est parmi les plus riches d'Afrique, ont des difficultés pour vivre convenablement, car comme le régime libyen, le régime algérien destine les richesses du pays à des objectifs autres que les besoins des Algériens.
Vous avez saisi le Tribunal pénal international où vous avez déposé une plainte contre des dirigeants du Polisario pour les tortures que vous aviez subies dans leurs geôles et pour crimes contre l'humanité. Qu'en est-il de ce dossier ?
Nous étions un groupe d'anciens séquestrés du Polisario ; nous avions déposé deux dossiers devant deux juridictions différentes que sont le Tribunal pénal international de La Haye et la Cour suprême d'Espagne. Malheureusement, certains de mes compagnons avaient des objectifs autres qu'humanitaires et se sont retirés. Ce qui ne nous empêche pas de continuer à suivre ce dossier jusqu'à son aboutissement qui consiste à faire la lumière sur les crimes commis par la direction du Polisario et à arrêter les tortionnaires où qu'ils soient.
Quel changement attendez-vous des prochaines élections, au niveau des provinces sahariennes, au vu du dernier discours Royal et de la nouvelle Constitution ?
Tout d'abord, je tiens à féliciter le peuple marocain pour la nouvelle Constitution qu'il a adoptée avec une importante participation. En effet, en adoptant cette Constitution, le Maroc n'a rien à envier aux plus grandes monarchies démocratiques d'Europe. La reine d'Angleterre, par exemple, est chef suprême des forces armées ; elle charge le Premier ministre de nommer son gouvernement ; elle reçoit les lettres d'accréditation des ambassadeurs étrangers ; elle déclare la guerre et signe les traités de paix. Aussi, nul ne peut prétendre que la Constitution marocaine a quelque chose à envier aux Constitutions des monarchies européennes les plus démocratiques.
S'agissant des provinces sahariennes, les élus et responsables sahraouis qui ont occupé les postes censés les inciter à être présents sur la scène locale et défendre la marocanité du Sahara, se pavanent dans les villas cossues de Rabat et se moquent de ce qui se passe dans les villes du Sud.
Ce qu'il importe de faire aujourd'hui, partant de la recommandation du Roi qui a dit que chaque époque a ses hommes, les Sahraouis doivent tout faire pour élire une nouvelle élite qui existe et qui doit être soutenue afin de procéder aux changements auxquels aspirent les Marocains en général et les Sahraouis en particulier. Les jeunes doivent s'inspirer de ce qui s'est passé dans les pays arabes et empêcher l'élection de la vieille garde qui, selon eux, n'a rien fait pour les provinces du Sud. Les jeunes doivent présenter des programmes à même de convaincre les électeurs. Ils doivent partir du principe que c'est très difficile de débusquer la classe actuelle, mais que ce n'est pas impossible.
Les dernières semaines avaient connu plusieurs foyers d'agitation à travers la ville de Laâyoune. Ces agitations malgré les revendications sociales qu'elles mettaient en avant, étaient qualifiées par d'aucuns de séparatistes. Qu'en pensez-vous ?
En tant que natif de Laâyoune, je me félicite et félicite les habitants de Laâyoune de la nomination à la tête de la wilaya d'un vrai patriote originaire de cette ville.
Pour ce qui est des manifestations, je ne suis pas contre les manifestations pacifiques à caractère social. Mais ce qui est inadmissible, c'est que ces manifestations prennent un caractère séparatiste ou clament des idées séparatistes. D'ailleurs le programme du wali, sa connaissance de la région et sa détermination à lutter contre le séparatisme sont de nature à mettre un terme à ces agitations.


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