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Rencontre avec Mohamed Rouicha
Publié dans Libération le 29 - 12 - 2011

Modeste, convivial et d'une rare simplicité que seuls les grands artistes connaissent.
Si Mohamed Rouicha, l'une des figures marquantes de la chanson amazighe, a accueilli dernièrement «Libé» et a bien voulu répondre à nos questions pour parler de sa vie artistique, son patrimoine culturel amazigh et de ses projets…Rencontre.
Libé : Le public marocain connaît Rouicha comme l'un des chanteurs populaires les plus appréciés. Pourriez-vous nous éclairer sur votre parcours artistique ?
Mohamed Rouicha : Natif du Moyen-Atlas et plus précisément de Khénifra en 1950, j'ai aimé dès mon jeune âge la musique populaire. J'ai toujours apprécié l'instrument de « L'outar ». Je me considère dans ce domaine comme le disciple de feu Hammou El Yazid et Bouzekri. C'étaient les meilleurs joueurs de cet instrument à l'époque. Plus tard, j'ai fait mes débuts sur la scène nationale en 1964 à la RTM avec l'aide d'Ahmed Ryane, Charaf Si Mohamed et d'autres. Pour moi, c'est une période d'amateurisme où l'on chantait la joie et la liesse populaire après l'Indépendance. Durant les années 70, les choses ont changé. J'ai puisé dans la poésie amazighe riche en sensibilité qui reflète les soucis de la société et les sentiments humains. C'est l'époque aussi des enregistrements des 33 tours des soirées publiques…Après, c'est normal, c'est la maturité, la recherche, le professionnalisme…
On remarque que vos chansons, qu'elles soient en berbère ou en arabe, sont tristes et mélancoliques.
Dans un sens, c'est vrai. Ma situation d'orphelin précoce a eu peut-être un impact sur le choix des paroles et des mélodies. Mais ce n'est pas toujours vrai. J'ai chanté aussi la gaieté, la joie, l'amour et le bonheur. De plus, je crois que l'artiste doit exprimer les soucis et les souffrances de la société où il vit. Et ma foi, les gens aiment qu'on chante leur douleur. D'ailleurs mes tubes qui ont eu le plus de succès véhiculent un air mélancolique. J'aime chanter les préoccupations profondes et de l'individu et de la société. Pour ce faire, la poésie amazighe en est un support adéquat. Je saisis l'occasion pour saluer la nouvelle Constitution qui présente l'amazigh comme langue nationale au même titre que l'arabe.
Vous êtes chanteur, compositeur et souvent parolier. N'est-ce pas là une emprise négative pour le style Rouicha, je veux dire pour la relève, la continuité ?
La préservation et la promotion de la culture amazighe en général et du patrimoine musical en particulier sont l'affaire de toute la société. C'est un élément essentiel de la culture diversifiée au Maroc. C'est le cas du Marsaoui, de l'Aïta aussi qui méritent une attention particulière. Il faut procéder à une archivation de ces arts populaires comme on l'a fait pour la musique andalouse et le Malhoun, faire des études académiques sur la chanson amazighe, créer des conservatoires régionaux pour l'enseignement des arts. C'est une responsabilité nationale et non seulement d'une seule personne. C'est à ce moment-là qu'on peut parler de continuité et de relève. Et je suis prêt à y participer.
N'avez-vous pas songé à l'instar d'autres chanteurs populaires à introduire des instruments modernes dans votre musique ?
Je préfère développer plutôt le côté chorégraphique dans ma troupe. Les poèmes amazighs racontent généralement des conditions humaines et sociales, nous pourrions adapter des opérettes musicales pour dramatiser par le geste, la danse et la musique ces situations, mais les potentialités et les moyens matériels font défaut. C'est une entreprise onéreuse et les conditions de l'artiste marocain, vous les connaissez … (rire de Rouicha). Il n'a pas de couverture sociale, pas de retraite, pas de reconnaissance. J'espère que cela changera. Donc on est obligé, en tant qu'artiste, d'être prévoyant et de tenter d'assurer sa vieillesse dès maintenant mais également assurer l'avenir des enfants.
Et le cinéma ?
C'est beau ! (rire). Bon, pour le cinéma, je ne peux me vanter d'être un acteur, mais je crois que la musique Rouicha a été souvent utilisée dans des films même aux Etats-Unis. J'aurais aimé que les cinéastes marocains me donnent l'occasion de contribuer à une œuvre marocaine sur le plan purement musical. Quant au clip, j'y pense mais les conditions ne sont pas encore réunies pour ce genre de travail.


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