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Péril en la demeure amazighe
Publié dans Libération le 18 - 06 - 2014

La communauté des militants de l'amazighité est en ébullition. La colère gronde, palpable. L'alphabet tifinagh est en péril. Sa remise en cause serait programmée par un gouvernement dont la principale composante, les islamistes du PJD, n'a jamais caché son hostilité par rapport à la question amazighe. «Si nos acquis qui ont été obtenus de haute lutte sont menacés, nous monterons au créneau et livrerons bataille», prévient ce militant associatif amazigh.
Tout est venu d'une question qui sera posée dans le cadre du recensement général de la population, programmé en septembre prochain. "Parlez-vous, écrivez-vous la langue amazighe en tifinagh?"
A l'Observatoire amazigh des droits et libertés qui a rendu public jeudi dernier un communiqué relatif à cette surprenante question du recensement, l'inquiétude est de mise. Il y a péril en la demeure amazighe : les résultats prévisibles de ce recensement pourraient être exploités pour justifier un recul vis-à-vis des acquis du statut de l'amazigh dans le pays. «Il y a une démarche spécifique concernant la graphie tifinagh et non pas la langue amazighe, contrairement aux autres langues pour lesquelles aucune précision n'est apportée dans le questionnaire. Ce qu'il s'agit de mesurer en effet, c'est bien un taux de lecture et d'écriture et donc de compréhension de l'alphabet tifinagh. Le symbole le plus authentique, le plus visible, du patrimoine culturel et de l'identité amazighe, est bien la graphie tifinagh», relèvent ceux et celles de l'observatoire.
Les défenseurs de l'identité amazighe affichent haut et fort leur méfiance. Les dés en seraient-ils jetés? Le Haut-commissaire au plan donne l'impression qu'il connaît d'avance les résultats du recensement général particulièrement en ce qui concerne la partie relative à l'alphabet tifinagh. «Au cours de la conférence de presse donnée par M. Lahlimi pour présenter les différentes dispositions prises pour le bon déroulement du recensement général 2014, il a bien dit que les Marocains ne comprenaient pas l'alphabet tifinagh. Cette remarque est loin d'être anodine», souligne cette activiste amazighe.

L'étrange question posée par le recensement

Une nouvelle politique publique relative à l'amazighité serait-elle en préparation? Les spin doctors de l'Exécutif seraient-ils en train de cogiter une stratégie future pour mieux enterrer l'alphabet tifinagh? La question se pose avec d'autant plus d'insistance que rien n'est entrepris depuis que la Constitution a consacré l'amazigh comme langue officielle au même titre que la langue arabe. «L'article 5 de la Constitution adoptée en 2011 stipule qu'une loi organique définit le processus de mise en oeuvre du caractère officiel de cette langue, ainsi que les modalités de son intégration dans l'enseignement et aux domaines prioritaires de la vie publique, et ce afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle. De plus, un conseil national des langues et de la culture marocaine a été créé, chargé notamment de la protection et du développement des langues arabe et amazighe et des diverses expressions culturelles marocaines, qui constituent un patrimoine authentique et une source d'inspiration contemporaine. Il regroupe l'ensemble des institutions concernées par ces domaines. Rien de cela n'a été fait. Et le gouvernement Benkirane ne semble pas pressé de le faire», soupire cet expert de l'Institut Royal de la culture amazighe.
Au-delà des établissements publics et autres ministères qui affichent fièrement en lettres tifinagh leur identité visuelle, la langue amazighe et son écriture sont encore un gadget institutionnel. «En 2012, le taux de généralisation de l'enseignement amazigh n'était que de 14%. Cet enseignement est resté cantonné aux premières années de l'enseignement. A l'évidence, l'école, principal canal de transmission de l'arabe et du français, avec leurs alphabets respectifs, n'a donc pas joué ce rôle pour le tifinagh », peut-on lire dans le communiqué de l'Observatoire amazigh des droits et libertés.
Pas question pour les Imazighen de se départir de cette graphie. "La proposition du tifinagh a été validée par 31 partis politiques sur 33 en présence du Roi en 2002 ! Puis, il y a eu 10 ans de travail dans cette graphie, et des centaines de publications et des centaines d'enseignants et d'étudiants formés! On se moque de qui! Le tifinagh dérange trop parce qu'il est trop visible et marque notre culture", estime la chercheuse amazighe Meriem Demnati sur sa page Facebook.
En attendant le recensement général de la population et la question sur l'utilisation et la maîtrise de l'alphabet tifinagh, le tocsin de la mobilisation a déjà sonné. Le mot d'ordre est à la vigilance. Des activistes amazighs affirment être prêts à aller jusqu'au bout de cette lutte et ce au nom de la préservation de leur identité. Y compris en appelant au boycott de la langue arabe...


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