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Le bac de la triche
Publié dans Libération le 11 - 06 - 2015

«C'est scandaleux», «c'est honteux», «c'est déshonorant», tels sont les qualificatifs lancés par des centaines d'élèves du lycée Imam Chafii à Hay Mohammadi pour décrire le scandale qui a secoué les lycées casablancais depuis ce matin. En effet, les épreuves de mathématiques et de philosophie du bac scientifique programmées pour mercredi ont été divulguées sur les réseaux sociaux la veille entre 1h00 et 2h00 du matin.
«C'est vers 2h00 précisément que les copies des examens ont été diffusées à grande échelle sur Facebook. Plusieurs amis m'ont téléphoné la veille pour me prévenir », a lancé Ahmed. Pas le temps de dire plus. Il est coupé par ses camarades de classe. Eux aussi ont reçu des messages sur leurs smartphones. « C'est vers 7h00 du matin que j'ai reçu une photo sur laquelle sont affichées clairement les épreuves de maths », a précisé Said avant de poursuivre : « Au début, j'avais des doutes mais le choc a été dur à supporter quand j'ai découvert ce matin que la copie de l'examen officielle est la même que celle diffusée sur les réseaux sociaux ».
Pourtant, si Said et Ahmed ont eu cette chance d'avoir une idée sur la nature des épreuves, d'autres n'ont pas été dans la confidence. « C'est à l'entrée du lycée que j'ai découvert qu'il y a des fuites mais je n'ai réalisé l'ampleur du phénomène qu'après. Notamment, au moment où plusieurs camarades de classe ont commencé à résoudre les questions de maths», nous a indiqué Hayat qui a du mal à retenir ses larmes. Pour elle et pour beaucoup d'autres, ces fuites ont été un vrai coup de massue difficile à supporter. « On a rien vu venir. D'autant plus que le premier jour des examens s'est bien déroulé et qu'il n'y avait pas de cas de fraude », nous a-t-elle confié.
Les professeurs ont été également pris de court. Eux aussi ont été dans la surprise totale. « On a découvert ce matin les fuites en question comme un bon nombre de nos élèves », nous a précisé Chafni, professeur de maths avant d'ajouter : « D'abord, on a cru qu'il s'agissait de rumeurs mais après la découverte des photos sur les smartphones, on a eu la certitude qu'il s'agit bien de vraies fuites et il a fallu user de tout notre diplomatie et de notre sang-froid pour calmer les esprits et inciter les élèves à continuer leurs examens». Mais, en vain, poursuit-il, puisqu'une grande partie des candidats ont décidé d'abandonner les salles d'examen en signe de protestation.
Et comme un malheur ne vient jamais seul, les lycéens ont constaté également que les épreuves de maths ne correspondaient pas au programme enseigné cette année. Un constat confirmé par un conseiller pédagogique qui nous a déclaré, sous le sceau de l'anonymat, que plusieurs questions des épreuves ne figurent sur aucun manuel de l'année scolaire en cours.
Mais une question demeure : d'où sortent ces fuites ? Personne ne le sait. Les rumeurs enflent et les surenchères vont bon train. Même au sein du département de l'Education nationale, ces fuites restent un mystère. Pourtant, ce dernier a promis de tout faire pour lutter contre ce fléau. En effet, le ministère de Belmokhtar n'est pas à son premier scandale du genre. Déjà en 2012, les examens du baccalauréat ont été sur la Toile, sur des pages Facebook, avant même la fin de l'épreuve, revus et corrigés. Une page a permis à des milliers de lycéens de partager des énoncés des examens et aux commentateurs de remplir alors les réponses en repliant la photo sur la même page, ce qui permet à l'élève, lors de l'épreuve, de récupérer l'énoncé corrigé.
Le ministère a, cependant, cette année affiché la carte de la fermeté et de la sévérité. Il est même allé loin en introduisant des détecteurs de téléphones portables. Des commissions spécialisées ont été équipées pour contrôler les différents centres d'examen en vue de prévenir les cas de fraude.
Que compte-t-il faire ? Les épreuves seront-elles suspendues, changées et modifiées ? Des mesures draconiennes seront-elles prises ? Ou va-t-il se contenter de diligenter une enquête dont personne ne saura les résultats ? En attendant, les lycéens et leurs parents ne savent plus où donner de la tête. Entre colère, stupéfaction et déception, les élèves du lycée Imam Chafii semblent désespérés voire anéantis. « J'ai perdu toute envie de continuer. A quoi sert de faire des efforts et de réviser toute l'année alors qu'au dernier moment on aura accès facilement aux épreuves ?», s'est inquiété Halima. Même son de cloche de la part de Leïla : « J'ai passé des jours et des nuits à réviser en attendant le jour J, mais tout a été gâché en un clin d'œil », a-t-elle déploré avant de poursuivre : «On n'est plus motivé. Certains camarades de classe ont décidé de tout arrêter pour l'instant. Ils se sont résolus à présenter des certificats de maladie pour se présenter à la session de rattrapage».
Une option que ne semblent pas partager d'autres lycéens casablancais affolés. D'ailleurss, leurs parents ont décidé de solliciter les délégations du ministère pour savoir à quoi s'en tenir. «C'est de notre avenir qu'il s'agit et on a le droit de savoir quel sort nous sera réservé», a soutenu un élève de l'Académie de Bernoussi qui ne semble pas ainsi que ses camardes lâcher prise.


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