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Main basse sur les ressources hydriques
Publié dans Libération le 16 - 02 - 2016

L'interdiction de la culture des pastèques à Zagora n'a pas eu lieu. Pis, celle-ci s'est intensifiée ces deux dernières années malgré la sécheresse qui a frappé la région de Souss-Massa-Drâa.
Nombreux sont, en effet, les agriculteurs qui se sont adonnés à cette activité jugée plus rentable. Les menaces d'interdiction de cette culture considérée comme très «hydrivore» proférées par les responsables locaux en la présence de la ministre déléguée à l'Eau semblent s'évaporer.
« Il y a eu une réunion en octobre 2014 sous la présidence du gouverneur de la province en présence de la ministre déléguée chargée de l'Eau, du directeur de l'Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l'arganier (ANDZOA), du directeur régional de l'investissement agricole à Ouarzazate, du directeur de l'Agence du bassin hydraulique de Souss-Massa-Draâ, du directeur régional de l'eau potable, des présidents des communes ainsi que des acteurs politiques et économiques de la région. Tous étaient convaincus de la gravité de la situation et du risque que présente la culture des pastèques pour les ressources hydrauliques de la région. Et à l'unanimité, ils ont été favorables à la prise d'une décision urgente interdisant cette culture », nous a indiqué Jamal Akchbabe, président de l'Association des amis de l'environnement de Zagora. Et de poursuivre : « Pourtant, deux ans après, aucune décision n'a été prise et le nombre d'agriculteurs exploitant de ce genre de culture s'est accru ».
Pour notre source, l'absence de prise d'une telle décision démontre d'un côté, l'absence d'une vraie volonté d'adopter une approche hydraulique intégrée, durable et participative et de l'autre, cela traduit la puissance des lobbies agricoles qui ne semblent pas se soucier des effets de la sécheresse qui frappe la région. En effet, les chiffres parlent d'eux-mêmes. La culture des pastèques est consommatrice de beaucoup de ressources hydriques. Elle absorbe plus de la moitié des eaux d'irrigation de la région. Une étude de l'Agence du bassin hydraulique de Souss-Massa-Draâ menée en 2014, au niveau de la nappe phréatique de Faija, principale source en eau qui alimente la culture des pastèques de cette région, a révélé un déficit de 5 millions de m3 par an. L'eau consommée équivaut à 15,57 m3/sec alors que l'eau qui alimente la nappe ne dépasse pas les 10,34 m3/sec. Le volume d'eau utilisé dans l'agriculture est le plus important et représente 11,93 m3/sec comparé à l'eau potable qui est de l'ordre de 0,8 m3/sec. L'étude a démontré également que l'irrigation de 200 ha de pastèques exige 10 millions de m3 d'eau soit le volume d'irrigation de 1.000 ha de palmiers. Une situation jugée inacceptable par plusieurs écologistes de la région puisque toutes les études menées sur l'état des lieux des ressources hydraulique dans celle-ci ont constaté une aggravation de la pénurie d'eau qui résulte d'un déséquilibre entre la capacité du milieu et l'augmentation des besoins. Un gâchis de ressources dû à la succession de la sécheresse et à la multiplication anarchique du pompage autour des anciennes palmeraies; un système traditionnel d'appropriation et de distribution de l'eau qui fige des situations de rente inacceptables qui bloquent toute possibilité d'amélioration culturale et que les 2% d'espaces cultivés sont malmenés par le surpompage des nappes. Les prélèvements effectués par les nouvelles exploitations installées en périphérie des palmeraies s'effectuent au détriment de celles-ci.
Cependant, la rareté des ressources en eau a déjà commencé à faire des victimes. Les premiers à en payer le prix ne sont autres que les habitants de l'oasis de M'Hamid El Ghizlane qui se trouvent confrontés à une situation de crise dont les conséquences sont déjà palpables. En effet, l'oasis s'est vidée de presque 40% de sa population et a vu ses terres agricoles régresser à 30%. Une situation qui interpelle aujourd'hui la Stratégie d'aménagement et de développement des oasis au Maroc qui a fait de la question de celles-ci une affaire d'intérêt national, sinon continental, voire une priorité absolue. Qu'en est-il ainsi de ses mesures de sauvegarde des milieux et des ressources naturelles ainsi que des actions de promotion de la nouvelle base économique ? Qu'en est-il du travail de l'ANDZOA dont la mission est de veiller à la préservation, à la protection et au développement des oasis, notamment par la mise en place de projets socio-économiques ? Et qu'en est-il également du rôle du ministère délégué chargé de l'Eau et de celui de l'Agriculture ? La réponse a toutes ces questions a été déjà donnée par le Conseil économique, social et environnemental qui a constaté dans l'un de ses rapports que la gestion des ressources en eau démontre que le ministère délégué chargé de l'Eau et le Conseil supérieur de l'eau et du climat ne constituent pas, dans les faits, de véritables entités de coordination. De surcroit, la Commission interministérielle de l'eau est inactive, et les Agences de bassins hydrauliques sont fort peu efficaces à cause de leur manque d'autonomie décisionnelle et des dotations financières et moyens humains insuffisants.


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