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Benkirane aux abonnés absents, Hakima El Haité s'évertue à vouloir défendre l'indéfendable
Publié dans Libération le 11 - 07 - 2016

L'affaire des déchets importés d'Italie n'est pas près d'être tassée ou étouffée le plus rapidement possible comme le souhaite le gouvernement surtout face à la levée de boucliers à laquelle elle a donné lieu.
Le comble de l'ironie, voire de l'absurdité dans cette affaire, c'est que la ministre chargée de l'Environnement, Hakima El Haite, disparue dès le déclenchement de cette affaire, est apparue comme par enchantement pour défendre bec et ongles cette importation à problèmes.
La sortie médiatique après coup de Hakima El Haite, désormais baptisée ministre chargée des déchets, sur la chaîne de télévision Al Oula, n'a pas dissipé les craintes de l'opinion publique et les arguments qu'elle a avancés n'ont pas été à même de rassurer sur les tenants et aboutissants de cette affaire. Ceci d'autant plus qu'elle a annoncé, pince-sans-rire, qu'elle ne saurait autoriser l'importation des déchets toxiques soulignant que ce genre d'opérations se déroule dans le cadre des Conventions internationales et dans le respect des normes européennes. Elle a, par ailleurs, déclaré que le cadre juridique régissant l'importation de ce genre de déchets a été établi depuis 2014.
Et contrairement à ce qu'avait annoncé la ministre, l'ingénieur italien, Paolo Rabitti, expert en la matière, a mis en garde contre l'incinération des déchets de type «RDF» dans les cimenteries, car celles-ci ne sont pas équipées pour ce genre d'opération. Il a par ailleurs affirmé dans un entretien avec le journal italien «Il Manifesto», que le fait de considérer l'énergie extraite des déchets comme une énergie de substitution aux énergies fossiles, n'est qu'un leurre, car «l'incinération de ces déchets a des répercussions dangereuses sur l'environnement puisqu'elle produit de la dioxine».
Il convient que le département de l'environnement a rendu public un communiqué de presse dans lequel il a précisé qu'il «n'a autorisé l'importation que des déchets type «RDF» qui sont des déchets non dangereux utilisés en tant que combustibles de substitution à l'énergie fossile classique dans les fours de cimenteries à l'échelle internationale», prétextant que «cette opération d'importation des déchets non dangereux est réalisée en conformité avec les dispositions de la loi 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination et ses textes d'application et de celles de la Convention de Bâle relative aux mouvements transfrontières des déchets que la Maroc a adoptée en 1995».
Ce communiqué regorge d'autres détails. Il a assuré que cette opération a été réalisée «dans le cadre de la convention de partenariat établie entre ce ministère et l'Association professionnelle des cimentiers. Cette convention fixe les mesures et les conditions d'importation de ce type de déchets et leur utilisation comme combustibles dérivés au niveau des fours des cimenteries équipées de filtres et d'appareils de mesures des émissions atmosphériques».
La même source a également affirmé que l'importation a été effectuée «sous le contrôle et le suivi des autorités compétentes du pays d'origine et du pays destinataire pour vérifier le respect de la conformité de la nature et des caractéristiques physicochimiques à travers les analyses effectuées avant et après l'entrée de ces déchets dans le territoire national, et ce en vue de s'assurer de la non dangerosité et de la non contamination de ces déchets importés», et «la co-incinération de ces déchets est opérée en présence de la police de l'environnement et du laboratoire national de l'environnement pour veiller à la conformité des émissions atmosphériques aux normes et standards prévus par la loi 13-03 relative à la lutte contre la pollution de l'air et de ses textes d'application et pour éviter tout impact éventuel sur la santé des populations et sur l'environnement en général».
Tous ces arguments invoqués soit par la ministre ou son département ne semblent pas être des arguments en béton qui peuvent rassurer l'opinion publique et dissiper son appréhension. A preuve, les multiples protestations dans certaines villes du Royaume comme celles à Safi ces derniers jours, la campagne menée par des citoyens sur les réseaux sociaux sous le slogan «Le Maroc n'est pas un dépotoir», ou encore la pétition mise en ligne sur change.org.
Sur ce portail, on peut lire quelques commentaires qui s'inscrivent en faux contre ce genre d'importations. A titre d'exemple, Naima Najjaj a affirmé qu'«on ne peut prétendre lutter contre la pollution en interdisant les sacs en plastique, en expliquant les dangers du plastique sur notre santé et accepter que le Maroc devient la poubelle de l'Italie ou d'autres pays. C'est contradictoire et aberrant». Un autre citoyen, Jamal Mahfoud, a mis en garde contre ce genre de marché. Il a, en effet, écrit sur ce site ce qui suit : «J'étais secrétaire général du ministère chargé de l'Environnement pendant 6 ans et demi (2008-2015). On avait toujours refusé d'autoriser ce genre d'importation de déchets dangereux qu'on appelle "flufs". En effet, ils contiennent des matières dangereuses qui sont imbibées aux déchets inertes. Leur élimination coûte près de 20.000 dollars. C'est affreux pour ce pays ».
Sur le plan politique, le Groupe socialiste à la Chambre des représentants a porté cette affaire devant le Parlement dans le cadre de son rôle de contrôle de l'action gouvernementale.
Lors de la session des questions orales, le député Mehdi Mezouari a exprimé, au nom du Groupe socialiste à la Chambre des représentants, son étonnement face au comportement du gouvernement concernant l'interpellation du Groupe à propos de cette opération.
Il a considéré que l'importation des déchets constitue une insulte au peuple marocain, critiquant le fait que le gouvernement ait fait fi de l'interpellation déposée par le Groupe socialiste, affirmant que le Parlement est le lieu idoine pour débattre de toutes les questions et problèmes qui préoccupent l'opinion publique.
Mehdi Mezouari a, par ailleurs, affirmé que le Groupe socialiste a présenté une proposition de loi visant à interdire toute importation de déchets sous quelque motif que ce soit.
Mais la réponse du ministre chargé des relations avec le Parlement, Abdelaziz El Omari, à la remarque du député ittihadi, a été on ne peut plus insolite et loufoque. Il a tout bonnement prétendu que la ministre de l'Environnement a le droit de garder le silence et de ne pas répondre à une question posée par un groupe parlementaire de l'opposition sur une affaire qui a profondément choqué l'opinion publique sous prétexte que le règlement intérieur de la Chambre des représentants ne réglemente pas ce genre de questions. Il a, par ailleurs, prétendu que la ministre a toute latitude de refuser de répondre. Une réponse qui constitue une énième preuve attestant du refus de l'Exécutif de respecter les droits de l'opposition parlementaire à laquelle la Constitution «garantit un statut lui conférant des droits à même de lui permettre de s'acquitter convenablement de ses missions afférentes au travail parlementaire et à la vie politique » (article 10).
Il convient de rappeler que le Groupe socialiste à la Chambre des représentants a interpellé le chef du gouvernement lui-même pour lui demander de clarifier les choses.
Il a ainsi adressé une question orale à ce dernier dans laquelle il a évoqué le double discours du gouvernement, le premier défendant la protection de l'environnement et interdisant les sacs en plastique, alors que le deuxième contredit le premier discours puisqu'il y a eu importation d'Italie de déchets nocifs attentatoires à l'environnement. Le Groupe socialiste s'est également interrogé sur les mesures que le gouvernement prendra pour mettre fin à l'importation de ces déchets et, ce qui est le plus important, pour dire au peuple marocain si oui ou non ces déchets sont respectueux de l'environnement.


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