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La nouvelle géographie de l'énergie
Publié dans Libération le 18 - 02 - 2010

Plusieurs éléments ont modifié récemment la géographie de l'énergie : le contrecoup de la forte hausse du pétrole en 2007 et 2008, puis le ralentissement de la consommation dû à la crise économique. La baisse des prix qui a suivi n'a pas effacé le souvenir de la hausse, d'autant que dès que le creux conjoncturel a été passé, les prix sont remontés entre 70 et 80 dollars le baril, ce qui est historiquement élevé.
La première conséquence a été un ralentissement de la consommation, dû dans un premier temps à la hausse des prix et dans un deuxième à la crise économique. A cela s'est ajoutée la perspective de la reprise de la production irakienne
On sait que ce pays est probablement le troisième au monde pour les réserves après l'Arabie saoudite et le Koweit (ou l'Iran moins accessible), et que sa situation politique a interrompu la prospection depuis des décennies. Il reste donc en principe beaucoup de gisements faciles à exploiter, alors que dans le reste du monde on en est en général réduit à rechercher des gisements sous-marins à des profondeurs de plus en plus importantes. Si la relative sécurité que l'Irak a retrouvée se poursuit, la production supplémentaire sera importante. Tout cela a retardé ou retardera de plusieurs années l'arrivée de la pénurie de pétrole qui est annoncée depuis longtemps (le fameux "peak oil").
Pour relancer sa production, l'Irak vient donc de conclure une série d'appels d'offres, dont les bénéficiaires ont été surtout russes et asiatiques, en général compagnies d'Etat, y compris la seule entreprise occidentale, la norvégienne Statoil. Les Américains n'ont rien eu, contrairement à leurs espoirs réels ou supposés, qui auraient joué un rôle dans leur intervention en Irak. D'ailleurs pour l'instant le seul vrai bénéficiaire semble être le gouvernement irakien, puisque cette série d'appels d'offres ne le laisse aux vainqueurs qu'une faible somme fixe, en général comprise entre 1 et 1,5 dollars le baril. Le français Total, privé un peu officiel, est le successeur de la compagnie d'Etat « Française des Pétroles » née de l'attribution comme butin de guerre de 23,75 % de la production irakienne en 1924, puis d'Elf, notre deuxième compagnie d'État, gaulliste. Elle comptait revenir en Irak par la grande porte, mais n'a eu qu'un lot de consolation au premier tour des appels d'offres. Au 2è tour elle obtenu 18,75 % d'un plus grand champ dans une équipe pilotée par la compagnie d'État chinoise, et aux coté des compagnies nationales malaise et irakienne.
Ces enchères irakiennes ont ainsi illustré la mainmise des compagnies nationales sur les gisements au détriment des compagnies privées, amplifiant un mouvement qui date du premier choc pétrolier (et même parfois d'avant, comme au Mexique). Cela a été spectaculaire en Russie, où les privatisations de l'époque Eltsine ont été annulées de façon musclée. Elles avaient certes bénéficié aux «oligarques», mais aussi aux compagnies étrangères. Contrairement à la première réaction de l'opinion, en général hostile aux «grands pétroliers» (et notamment à Total), c'est une mauvaise nouvelle, puisque ces compagnies manquent de technologies et d'argent (pour cause "d'évaporation" et de bureaucratisation), et donc «écrèment» les gisements en sortant les 10 à 20 % les plus faciles, ce qui rend souvent inexploitable le reste.
La deuxième conséquence de la hausse des prix a été de faire prendre conscience que les réserves de charbon étaient moins chères et beaucoup plus importantes que celles de pétrole, et mieux réparties d'un point de vue géopolitique, puisqu'au lieu d'être au Moyen-Orient, une grande partie se trouve dans les pays consommateurs, Chine et Etats-Unis notamment, ou dans des pays «sûrs» tels l'Australie ou l'Afrique du Sud. Mais c'est surtout l'économie gazière qui a été bouleversée. La crainte du pétrole cher les gaziers a accéléré les installations de liquéfaction et de réception de gaz naturel, mais aussi l'exploitation de nouvelles sources, venant non plus de gisements analogues à ceux du pétrole Russie, Asie Centrale, Qatar …), mais de gaz « non conventionnel » inclus dans les schistes. Ces nouvelles sources sont elles aussi beaucoup mieux réparties, et se trouvent notamment dans les pays occidentaux.
Enfin la Chine a inauguré un gazoduc lui apportant le gaz d'Asie centrale. Non seulement cela émancipe cette région des gazoducs russes, mais c'est une atteinte supplémentaire au marché du gaz liquéfié.
Bref il y a abondance de gaz et une baisse des prix, qui frappe notamment les producteurs du Moyen-Orient, et qui allège les contraintes géopolitiques sur ce produit. C'est bien sûr une énergie fossile, mais moins polluante et plus souple que le pétrole et le charbon. Son usage, ajouté à celui du charbon, devrait encore retarder la pénurie de pétrole et modifier profondément la géopolitique de l'énergie.


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