La cinquième édition du MD Sahara s'est ouverte à Dakhla dans un contexte chargé de symboles : le 50e anniversaire de la Marche Verte, la récente Résolution 2797 du Conseil de sécurité de l'ONU et le dixième anniversaire du nouveau modèle de développement des provinces du Sud. Sous le thème « 50 ans de la Marche Verte – Unité nationale et ambition continentale », responsables, ministres, experts et partenaires internationaux ont convergé vers la perle de l'Atlantique pour réfléchir à l'avenir du Sahara marocain et au rôle du Royaume dans la construction d'une Afrique souveraine et intégrée. Une décennie de transformation et de croissance Pour Nizar Baraka, ministre de l'équipement et de l'eau la tenue du MD Sahara 2025 coïncide avec trois moments historiques : la Marche Verte, la Résolution 2797 de l'ONU et le dixième anniversaire du modèle de développement des provinces du Sud. « Ces événements ouvrent une nouvelle dynamique pour la région, pour le Maghreb et pour l'ensemble du continent africain », a-t-il déclaré. Ouverture de la cinquième édition du MD Sahara à Dakhla. Selon lui, ce modèle, lancé il y a dix ans à Laâyoune, « était un rêve collectif, construit avec les élus, la société civile et les forces vives du territoire. Aujourd'hui, cette ambition est devenue une réalité. » Parmi les réalisations majeures, il cite la route Tiznit–Dakhla, le port Dakhla Atlantique, dont 50 % des travaux sont déjà réalisés, et la montée en puissance du secteur de l'hydrogène vert. Baraka a également souligné la dimension hydrique et agricole : « Les provinces du Sud sont un véritable laboratoire pour la gestion de l'eau. Grâce au dessalement, Dakhla dispose de 7 millions de m3 d'eau potable et 5 200 hectares agricoles seront irrigués, permettant d'augmenter de 400 000 tonnes la production de primeurs et de contribuer à la sécurité alimentaire nationale. » La marche technologique au cœur du développement territorial De son côté Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la transition numérique et de la réforme de l'administration a mis en avant le rôle du numérique et de la connectivité dans le développement des territoires : « La 5G est déjà disponible dans plus de 50 villes, y compris Dakhla, et cet effort de connectivité se poursuit. Le numérique conditionne l'accès aux services publics, à l'éducation, à la santé et au commerce électronique. » Elle a également présenté deux projets structurants pour la région : le programme Jobintech destiné à former et insérer les jeunes dans les métiers numériques, et l'inauguration de l'Institut Jazari à Dakhla, dédié à l'intelligence artificielle et à la transition énergétique. Ces initiatives s'inscrivent dans la vision d'un Maroc hub technologique africain, capable de développer et héberger des solutions innovantes au service du Royaume et du continent. La transition énergétique comme vecteur de souveraineté Leila Benali, ministre de la transition énergétique et du développement durable, a rappelé l'importance stratégique des provinces du Sud dans le développement des énergies renouvelables. « Ces territoires disposent aujourd'hui d'une capacité installée excédant 1,5 gigawatt, avec des investissements supérieurs à 20 milliards de dirhams. Nous allons accélérer la cadence avec 1,5 gigawatt supplémentaire prévu d'ici 2030, soit plus que ce qui a été construit en vingt ans », a-t-elle souligné. La ministre a insisté sur le rôle des infrastructures : le terminal gazier de Nador West, les gazoducs reliant l'électricité et l'industrie, et le gazoduc Afrique Atlantique, qui « ne sont pas de simples tuyaux, mais des vecteurs d'intégration économique et sociale, désenclavant nos régions et créant un corridor énergétique entre l'Afrique et l'Europe ». Elle a également mis en avant les interconnexions électriques Maroc-Mauritanie et Maroc-Europe, et a rappelé la vocation millénaire des provinces du Sud : « Ces territoires sont un carrefour stratégique, un hub de connectivité et un moteur de développement économique et social. De Tanger jusqu'à Port Harcourt, le Maroc réaffirme son rôle de lien entre le Nord et le Sud et de plateforme de prospérité partagée pour l'Afrique. » Un « Maroc indispensable » pour l'Afrique Dans une déclaration diffusée à l'ouverture, le Premier ministre du Cap-Vert, José Ulisses de Pina Correia e Silva, a réaffirmé la solidité du partenariat entre Rabat et Praia. Il a salué la Résolution 2797 et souligné la nécessité d'une solution politique fondée sur la paix et la stabilité. Le Cap-Vert, a-t-il rappelé, a activement soutenu le retour du Maroc à l'Union africaine, convaincu que « la présence du Royaume renforce la voix du continent sur la scène internationale ». L'ouverture de l'ambassade du Cap-Vert à Rabat, du consulat général à Dakhla et de l'ambassade du Maroc à Praia illustre, selon lui, « une confiance mutuelle et une vision partagée pour une Afrique unie ». Il a conclu en soulignant que le Maroc est « un pays important et indispensable pour construire une Afrique ambitieuse ». Dakhla, un hub afro-atlantique en pleine mutation Le président du conseil régional, Ynja Khattat, a replacé la Marche Verte dans une perspective contemporaine, qu'il définit comme une « marche de développement, de modélisation et d'intégration ». Les investissements cumulés dans la région dépassent aujourd'hui 100 milliards de dirhams, favorisant la diversification, une croissance soutenue et l'émergence d'une économie régionale résiliente. Souad Mekkaoui, présidente fondatrice du Forum MD Sahara. Dakhla n'est plus une périphérie : « La ville s'impose comme un hub continental, afro-atlantique et interrégional », au carrefour stratégique entre l'Europe, l'Afrique de l'Ouest et l'Amérique latine. Le futur Port Dakhla Atlantique, infrastructure emblématique, transformera durablement les géographies commerciales, offrant aux pays du Sahel un accès structurant à l'Atlantique et des corridors sécurisés vers l'Europe, pour un bassin potentiel de plus de 500 millions d'habitants. Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l'édition 2025 du MD Sahara illustre la continuité d'une « Marche Verte du futur », africaine, solidaire et résolument tournée vers la paix et le développement. La présidente fondatrice du Forum, Souad Mekkaoui, a rappelé le Discours Royal de Laâyoune sur la coopération Sud-Sud comme moteur de développement pour l'Afrique, qualifiant le 31 octobre 2025 de tournant historique et élevé désormais au rang de Fête de l'Unité – Aïd Al Wahda. Dakhla en est, selon elle, l'expression vivante : un territoire devenu « pôle de stabilité, vitrine du vivre-ensemble et espace d'ambition africaine ».