La Coupe d'Afrique des Nations 2025 restera comme un moment charnière dans l'histoire contemporaine du Maroc. Bien au-delà du terrain, l'événement a projeté l'image d'un Etat structuré, crédible et tourné vers l'avenir. Dans un article intitulé « Comment Mohammed VI a fait du football un levier stratégique pour le Maroc », Ouest-France souligne le caractère « politique, stratégique et symbolique » de cette CAN, qualifiée de « vitrine du Maroc contemporain ». Selon l'analyse du chercheur Sébastien Boussois relayée par le quotidien régional, la CAN est l'aboutissement d'une politique de long terme menée par la monarchie depuis plus de deux décennies. Le sport, loin d'être un simple divertissement, y est assumé comme un outil de développement, de cohésion nationale et de soft power, au même titre que la diplomatie classique ou l'attractivité économique. La ferveur populaire, la mobilisation de tout un pays et la qualité de l'accueil ont donné à voir un Maroc sûr de lui, déjà projeté vers l'échéance majeure de la Coupe du monde 2030. Cette lecture rejoint celle de Le JDD.fr, qui évoque une CAN transformée en « vitrine d'une puissance émergente ». Dans un article signé par l'essayiste Gabriel Robin, le magazine met en avant la capacité du Royaume à s'imposer comme la nation phare du football africain, tout en soulignant la dimension géopolitique de la réussite marocaine. L'organisation exemplaire des matchs, la modernité des infrastructures et la fluidité des transports ont surpris de nombreux observateurs européens. Le JDD insiste également sur la portée comparative de l'événement, évoquant un contraste saisissant avec l'Algérie, tant sur le plan sportif qu'organisationnel. Mais au-delà de la rivalité, l'article souligne un point essentiel : organiser de grands événements internationaux est devenu un attribut central de la puissance au XXIe siècle. Logistique, sécurité, coordination interministérielle, capacité d'exécution : le Maroc a démontré une maîtrise rarement atteinte sur le continent. Cette dimension sécuritaire est précisément au cœur de l'enquête publiée par Le Monde sous le titre « CAN 2025 : le modèle sécuritaire du Maroc plébiscité ». La correspondante du quotidien à Rabat, Célia Cuordifede, détaille un dispositif impressionnant : plus de 3 500 agents recrutés, 6 000 caméras, drones de surveillance, tribunaux mobiles installés dans les stades, et jusqu'à sept niveaux de filtrage pour accéder aux gradins. Aucun incident majeur n'a été signalé durant la compétition. Le Monde, de son côté, rapporte également les éloges formulés par des figures emblématique du football africain, telles que Samuel Eto'o ou Mohamed Salah, saluant « la qualité exemplaire de l'organisation ». Plus significatif encore, la présence de délégations étrangères, dont le FBI, venues observer le dispositif marocain en amont de la Coupe du monde 2030, consacre la reconnaissance internationale d'un savoir-faire sécuritaire désormais exportable. À travers la CAN 2025, le Maroc a ainsi consolidé une diplomatie du sport pleinement assumée. Le football devient un langage universel au service d'une vision plus large portée par Mohammed VI : celle d'un Royaume pivot entre l'Afrique, l'Europe et le monde arabe, capable d'offrir stabilité, compétence et hospitalité dans un monde fragmenté. De Rabat à Tanger, des stades flambant neufs aux fan-zones bondées, la CAN a donné chair à une stratégie étatique cohérente, fondée sur l'investissement, l'anticipation et la continuité. Comme le résume Ouest-France, « à Rabat, le football n'est plus seulement un jeu ». Il est devenu un instrument de politique publique, un facteur de cohésion nationale et un puissant levier de rayonnement international.