Saisie par 96 membres de la Chambre des représentants, la Cour constitutionnelle a rendu son verdict jeudi 22 janvier 2026 concernant la conformité de de douze dispositions de la loi n° 026.25 portant réorganisation du Conseil national de la presse (CNP). L'institution a jugé cinq dispositions non conformes à la Constitution. Au vu de ce verdict, l'ANME salue dans un communiqué salue la décision de la Cour constitutionnelle qui a «réaffirmé les principes de légalité, de légitimité constitutionnelle et de respect de l'autorégulation dans le secteur de la presse et de l'édition». Il s'agit pour l'Association d'«un rappel nécessaire des fondements juridiques encadrant une profession essentielle à la vie démocratique». Tout en se félicitant de ce cadre clarifié, l'ANME dit suivre avec une vive inquiétude le contexte ayant entouré cette décision. L'association dénonce une approche qualifiée de sélective, adoptée par certains acteurs politiques, consistant à saisir exclusivement la Cour constitutionnelle sur la loi encadrant le Conseil national de la presse, alors que d'autres textes, jugés tout aussi structurants et à fort impact sur la vie publique, ont été écartés du débat constitutionnel. Pour l'ANME, cette démarche ne saurait être dissociée de calculs politiciens étroits, menés au détriment de l'intérêt général et de la stabilité du secteur. Elle estime que ces choix ont contribué, dans les faits, à paralyser le fonctionnement institutionnel de la presse, avec des répercussions directes sur les journalistes et les entreprises médiatiques. Le communiqué dresse un constat alarmant en signalant que la délivrance des cartes professionnelles et des cartes de train est suspendue, que le versement des salaires de certains employés du Conseil national de la presse est retardé depuis plus de trois mois, et que les mécanismes de négociation collective censés garantir le paiement des arriérés dus aux journalistes et aux salariés des entreprises de presse ont été bloqués. Autant d'éléments qui, selon cette organisation professionnelle, ont vidé le principe d'autorégulation de sa substance et fragilisé l'écosystème médiatique. Regroupant les principales entreprises de presse et une large base de journalistes professionnels, l'ANME rappelle qu'elle est le cadre le plus représentatif du secteur et prévient que cette situation de blocage appelle une réaction collective. L'Association annonce ainsi la tenue prochaine d'une réunion générale de ses membres afin d'évaluer la phase actuelle et d'arrêter les décisions appropriées pour défendre l'indépendance de la profession, la stabilité des entreprises de presse et les droits des travailleurs du secteur. L'association rappelle enfin une ligne de principe claire : la presse ne peut être un champ de règlement de comptes politiques, ni un espace d'expérimentation au gré des conjonctures. Son respect, souligne-t-elle, passe avant tout par le respect de la Constitution et par la garantie, pour la société, d'un journalisme professionnel, responsable et indépendant. «La presse n'est ni une monnaie d'échange, ni un terrain d'essai. Toute dérive engage la responsabilité de ses auteurs devant l'histoire et l'opinion publique», conclut-elle.