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Le bal des frères ennemis
Publié dans L'observateur du Maroc le 10 - 12 - 2010

11heures. Les supporters envahissent le complexe Mohammed V, annonçant la couleur. Pour les rouges, nul doute que les Rajaouis, ou «Jrad» (sauterelles, en référence à la couleur verte du club), seront écrasés, rabaissés et exterminés par leur équipe favorite. Du côté des verts, «Bouhamroune» (rougeole, surnom du club rouge, en allusion à sa couleur) n'a aucune chance de gagner face à un Mohcine Metouali (joueur du Raja) qui est dans ses plus grands jours. La tension est à son comble. Pas de fair-play dans le derby… Que le meilleur gagne !
Ambiance survoltée
Midi. La ferveur est à son comble, le stade est en ébullition sous un soleil de plomb. 4000 éléments des forces de l'ordre sont répartis à l'intérieur et à l'extérieur du complexe. Tickets en main, les supporters traversent plusieurs barrages surveillés par une dizaine d'agents de la DGSN et des forces auxiliaires, et sont systématiquement fouillés. «Excusez-nous mademoiselle, mais nous devons fouiller votre sac» me lance un agent. Tout en fouillant, il raconte que son collègue vient de trouver un coutelas dans le sac d'une jeune fille. Des centaines de bouteilles et de canettes sont confisquées. Les consignes sont claires et les supporters se plient jusque-là aux ordres des agents…
Du côté des Winners et des Eagles, les ultras (supporters les plus zélés) respectifs du Wydad et du Raja, les préparatifs vont bon train. L'ambiance est survoltée dans leurs gradins dédiés: «Frimija», virage des supporters du Wydad doté de la forme triangulaire d'une portion de fromage, et «L'Magana», emplacement choisi par les ultras du Raja et qui se trouve en dessous de la grande horloge du stade. Les supporteurs de tous bords scandent des chants de guerre, rivalisant par leur nombre, leur créativité et leurs animations. Les banderoles et les drapeaux en blanc, en rouge ou en vert habillent le complexe Mohammed V sous les encouragements des deux publics, impatients de voir leurs joueurs passer à l'acte sur le terrain et prouver ainsi la suprématie de leur club préféré.
14 heures. Plus qu'une heure avant le début du match. «L'Magana» est plein à craquer, tandis que «Frimija» compte toujours des places libres. Les supporters des rouges sont en colère : «A chaque fois que le Raja organise le derby, les organisateurs ferment les portes plus tôt que prévu. C'est scandaleux !», déplore un Wydadi qui a payé son ticket mais s'est vu fermer la porte du stade au nez. Du côté des gradins, l'activité des membres des Winners est anormale. Le tifo (tableau humain présenté par les supporters) n'est-il toujours pas prêt ? Le public rouge s'inquiète. Un membre du noyau fait le tour des tribunes, rassure le public que tout se déroule comme prévu, et que la surprise est à la hauteur de ce 109e derby. Chez les Eagles en revanche, l'activité est à son comble. Ils préparent le tifo, échauffent le public et protègent délicatement leurs banderoles. Pour rappel, avant le report du derby casablancais en raison de la marche blanche de Casablanca, les Eagles avaient prévu un tifo à caractère raciste contre le WAC. Confisqué au dernier moment par la police, le groupe lance un communiqué à propos de ce tifo : «Nous avons fait ce tifo pour que débute le massacre des Wydadis dont le club a été créé par des Juifs. Ce massacre a débuté il y a deux ans à Marrakech (incidents de KACM-WAC) et a continué à Al Hoceima (incidents de CRA-WAC), nous devons le poursuivre à Casablanca »… Loin de la pression des deux clubs «bidaouis», l'avant-match a été surtout l'occasion de dénoncer les événements de Laâyoune et les conflits avec le Polisario, l'Algérie et l'Espagne. Tout le complexe a scandé «Le Sahara est Marocain», et chanté les fameuses «Laâyoune Ainiya» et «Nidae Al Hassan» dans une ambiance festive où rouges et verts se sont unis pour une seule cause : l'amour de la nation…
Mon tifo est le plus beau
14h30. Le stade abrite 80.000 supporters. Les joueurs des deux clubs font leur entrée sur la pelouse. Les supporters cherchent à distinguer le maillot d'un Ayoub Skouma chez les rouges, ou le numéro d'un Omar Najdi chez les verts. Chaque ultra met les bouchées doubles et se dépasse en cris d'encouragement et en slogans pour devancer son ennemi juré. Certains supporters sont même venus munis de leurs assourdissantes vuvuzelas sud-africaines. Le match s'annonce rude… sur les gradins ! 14h50. Le derby de Casablanca prouve que sa notoriété internationale n'est pas usurpée. Dix minutes avant le coup de sifflet du début de match, les tifos accueillent les joueurs en tenues de circonstance, fiers de leurs créations respectives. «Vivo per te» ( je vis pour toi) du côté du Raja, «Wydad Chouhadae» (le Wydad des martyrs) du côté du Wydad. Un travail de plusieurs jours, voire de plusieurs mois. Ils chantent la gloire de leurs clubs et «descendent» l'adversaire par des huées incessantes. Le show n'est pas fini. Les Winners n'attendent pas la fin de l'animation des verts pour présenter leur deuxième tifo : «Ramz Al Fidae» (symbole de l'abnégation) sur fond du drapeau national marocain. C'est l'apothéose au stade ! 15 heures. Début du match. Dès les premières secondes de la rencontre, le Raja domine et aurait pu ouvrir le score… sans un Nadir El Myaghri au top de sa forme. Le portier des rouges ne cède pas aux attaques des verts et avorte plusieurs occasions de buts. Les supporters du Raja narguent le style de jeu de l'adversaire et gagnent en confiance. Victoire en poche pour le Raja ? Monopolisant le ballon et dominant territorialement, les Rajaouis vont tomber dans l'excès du beau jeu, se laissant peu à peu reposer sur leurs lauriers. Et c'est Mohcine Iajour, «le faux frèr», ex-joueur du Raja, qui va ébranler la défense somnolente des Verts. Détruisant tout ce que l'équipe construisait depuis le début du match en lui assénant le premier but de la rencontre. «Frimija» jubile et chante la gloire de ce club qu'elle chérit. «L'Magana» est paralysée… Il a fallu un tir sur balle arrêtée de toute beauté, signé Hassan Tair à la 52e minute, pour débloquer la situation et rétablir la parité au score. Retournement de situation…
Chez les deux publics, la guerre est déclarée par banderoles interposées. Si les verts accusent les Wydadis de «traîtres», de «corrompus» et d'«incapables», les rouges répliquent en mettant en exergue leurs réalisations et se moquent du public rajaoui : «voyous», «analphabètes», «campagnards»…. Alors que le match se dirige péniblement vers un score nul 1-1 (qui était en fait une bonne affaire pour le WAC, vu que ce dernier ne jouait qu'à 10 joueurs), Iajour inscrit son deuxième but dans le temps additionnel. Les Rajaouis n'ont plus qu'à aller se rhabiller… «Safé salina» (On a fini) scande le public wydadi dans l'allégresse. Quinze minutes après la fin du match, les rouges chantent toujours leur victoire, tandis que les verts ont préféré «filer à l'anglaise» sous les insultes des supporters adverses… Les Winners commencent à scander Essahra widadya» (le Sahara est wydadi), avant que les forces de l'ordre n'interviennent pour évacuer les gradins. La journée n'est pas terminée…


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