ONU : Omar Hilale élu à la présidence de la Commission de consolidation de la paix    France-Maroc: un nouveau traité de coopération bilatérale en préparation    Automobile : Tesla lance ses activités au Maroc    Motsepe "profondément déçu" par les incidents de la finale de la CAN 2025    Inondations : le Comité national de veille salue les Hautes Instructions Royales pour l'intervention immédiate des FAR    Fortes pluies et rafales de vent, vendredi et samedi, dans plusieurs provinces    Intempéries: Sur instructions royales, les FAR déploient des unités d'intervention    Deux morts dans l'effondrement d'une maison en pisé à Taounate    André Azoulay reçoit l'ambassadeure du Kazakhstan pour approfondir la coopération bilatérale    Ksar El Kébir : une nuit d'angoisse et d'évacuation face à la montée des eaux    La Bourse de Casablanca démarre en baisse    Téléphonie mobile : plus de 66,1 millions d'abonnés à fin septembre 2025    Déclarations de patrimoine : un dispositif mieux respecté, mais encore dépendant des relances    Rapport de la Cour des comptes 2024-2025 : l'AMO à un tournant critique    Des chiffres solides reflètent la résilience du secteur culturel en Chine en 2025    Volaille : alerte sur une pénurie d'aliments et un risque de flambée des prix à l'approche du Ramadan    USA : Kevin Warsh nommé par Trump à la tête de la FED    Trump a demandé à Poutine d'arrêter les frappes sur Kiev "jusqu'au 1er février"    Boualem Sansal à l'Académie française : un message sans équivoque    Sécurité avant tout : le Danemark officialise l'expulsion des étrangers condamnés    Automobile: Toyota conserve sa couronne de premier constructeur mondial en 2025    Sous pression financière, l'OMS lutte pour maintenir ses priorités    José Manuel Albares plaide pour une relation « au plus haut niveau » entre l'Europe et le Maroc    L'Afrique du Sud prépare une candidature conjointe avec le Mozambique et le Lesotho pour accueillir la CAN 2028    Ligue des champions : le tirage des barrages dévoile des affiches explosives    Ligue 1 : Le Stade Rennais s'intéresse de près à Yassir Zabiri    La sélection marocaine de voile défend ses couleurs au championnat arabe 2026    Intempéries: Sur Hautes Instructions Royales, les FAR déploient des unités d'intervention appuyées de matériels, d'équipements et d'engins nécessaires au transport des populations touchées et à leur hébergement    Sahara marocain : l'UE évoque l'autonomie comme solution réaliste    Inondations : Le Comité de veille active l'aide d'urgence pour les sinistrés    Blocage du statut des professeurs agrégés : les syndicats annoncent une grève nationale    Sidi Kacem : Les équipes d'urgence et les autorités locales interviennent pour faire face aux inondations de l'oued Sebou    Enquête ouverte sur 24 personnes pour corruption et abus d'influence    Températures prévues pour le samedi 31 janvier 2026    AMMPS alerte : lissage capillaire à l'acide glyoxylique, attention aux reins    À Casablanca, Afric'Artech 2026 inaugure l'ère de la création numérique africaine    Semaines du film européen : L'Europe s'affiche en haut de l'affiche    Film : «Valeur sentimentale», le Grand Prix du cœur et du silence    Akhannouch reçoit les présidents du Parlement français    CAN 2025 : le verdict disciplinaire et les sanctions de la CAF au cœur de la polémique au Maroc    CAN Maroc 2025. plus de 6 milliards de vues sur les réseaux sociaux    CAF sous pression : des sanctions symboliques pour masquer le malaise    Crise alimentaire en Afrique de l'Ouest et au Sahel : la FAO alerte    Réhabilitation du site de Sijilmassa : Jet Contractors décroche un marché de 156 MDH    CASA WE ART 2025 : clôture en apothéose de la 2ème édition    Amazighe : un dictionnaire de 7.900 termes pour l'administration    Eclosion, ou l'art d'explorer l'indomptable    Témoin de mariage : une comédie contemporaine sur l'amitié, le couple et les non-dits    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



FIFM 2018 – Compétition officielle (2/14): "Joy", l'immigration clandestine dans toute sa cruauté
Publié dans L'observateur du Maroc le 02 - 12 - 2018

Pour cette 18eme édition du Festival du Film de Marrakech, nous vous présenterons tous les films qui sont en compétitions pour décrocher l'Etoile d'Or, précieux sésame du FIFM.
Deuxième film de cette journée du samedi 1er décembre 2018, « Joy », long métrage de la réalisatrice Sudabeh Mortezai.
Il ne faut pas se leurrer, le titre du film n'a aucun rapport avec l'histoire qu'il relate. « Joy » soit « Joie » n'est pas le thème du long métrage, mais plutôt le prénom de celle que l'on suivra tout au long de l'histoire.
Première séquence, premier choc. Nous sommes au Nigeria, une jeune fille se prépare pour immigrer en Europe, mais avant ça, elle doit accomplir une sorte de rituel durant lequel elle s'engage à « rembourser sa dette ».
La cérémonie très glauque est dirigée par un gourou, qui commence par plumer la tête d'un coq vivant, avant de l'égorger et recueillir son sang. Il le mélange à diffèrent ingrédients puis le présente à la jeune fille pour qu'elle l'ingurgite… Et ce ne sont que des détails. La séquence est saisissante par le contraste qu'elle propose, à savoir une cruauté inouïe, qui s'oppose à l'impassibilité déconcertante des deux protagonistes.
Et ce n'est que le début.
Le spectateur comprend ensuite le destin de cette jeune fille qui répond au prénom de Precious, c'est celui de milliers d'autres jeunes filles, qui font l'objet d'esclavage sexuel.
Telle des marchandises, elles sont transportées en Europe, à Vienne dans le film contre la somme de 60 000 euros. Elles doivent vendre quotidiennement leurs corps pour rembourser cette somme à la « Madame ». Comprenez la maquerelle qui a payé pour que ces filles soient « importées ».
Elles doivent dans ce sens payer 1000 euros par mois à la maquerelle. Gare à celle qui ne paye pas cette dette mensuelle.
Precious le comprendra à ses dépens, dans l'une des séquences les plus intenables du film. Lorsque la « Madame » donne l'ordre à ses hommes de garde, de violer la jeune fille de 18 ans.
La « Madame » arrive dans l'appartement ou vivent les prostituée, c'est le jour de la collecte. Toutes les filles payent leurs dues, à part Precious, qui vient à peine de commencer son premier mois. Le verdict est sans appel, les hommes de garde emmènent la jeune fille dans la chambre à côté, et la viole à tour de rôle.
La scène est particulièrement insoutenable. Sans que la réalisatrice ne montre la scène complète du viol, on voit l'un homme de garde tenir les bras de la jeune victime, on entend ses cris et on lit toute la peine et la souffrance du monde, sur les visages des autres prostituées, qui révoltées, ne peuvent cependant rien faire.
L'histoire de Joy pour sa part, est celle d'une prostituée qui a presque fini de rembourser sa dette et qui doit s'occuper de Precious pour qu'elle s'intègre dans ce nouveau monde, celui de la prostitution, de la superstition, du racisme et du danger de mort imminent.
Elle se retrouve malgré elle complice de ce cercle vicieux du trafic sexuel, car même si elle paye sa dette, elle ne dispose ni de visa, ni de permis de travail, la seule issue qu'elle aura, c'est de devenir elle-même maquerelle, sous peine de retourner au Nigeria.
A travers ce film, la réalisatrice a réussi à offrir au public un portrait de la résistance humaine face à ce système d'exploitation impitoyable dans un environnement des plus inhumains sur le sol européen.
Née à Ludwigsburg en Allemagne et ayant grandi à Téhéran et à Vienne, Sudabeh Mortezai a obtenu une maîtrise en études de théâtre et de cinéma de l'Université de Vienne en 1994.
Ce film difficilement soutenable, est un chef d'œuvre de la souffrance humaine et s'attaque à un sujet d'actualité.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.