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Tourisme, peut-on sauver la saison d'hiver ?
Publié dans L'observateur du Maroc le 23 - 09 - 2020

Le déconfinement, le tourisme interne et la réouverture partielle des frontières n'ont pas été à la hauteur de la reprise touristique escomptée. Seulement voilà, les professionnels réunis n'entendent pas baisser les bras et veulent se battre pour la survie de leur secteur.
Mounia Kabiri Kettani
On savait que parmi les secteurs les plus touchés par la pandémie de covid-19, le tourisme/hôtellerie était au premier rang. Mais ce qu'on ignorait, c'est l'ampleur des dégâts. Aujourd'hui, on estime le manque à gagner durant les 7 premiers mois à plus de 18 MMDH. D'énormes pertes qui risquent d'installer le secteur dans une quasi-faillite. Les perspectives pour la fin de l'année touristique restent plus qu'incertaines. Mais les opérateurs ne comptent pas rester les bras croisés. Ils travaillent d'arrache-pied pour sauver ce qui peut encore être sauvé et misent beaucoup sur la saison d'hiver qui s'amorce.
Facteurs de blocage
La grande majorité des opérateurs y croient. Mais, pour certains inutile de se faire de fausses illusions ou de recourir au jovialisme car la saison touristique 2020 est gâchée. «il ne faut plus parler de 2020. Il faut poser la question si on pourrait sauver 2022 », dénote le professionnel du tourisme, Zoubir Bouhoute. Selon lui, le message lors de la récente réunion du directeur de l'ONMT, Adil El Fakir avec les tour-opérateurs Français était clair : si on n'arrive pas à envoyer nos clients en hiver au Maroc, il nous sera difficile de le faire durant l'automne prochain. Finalement, ces tour-opérateurs veulent une visibilité que le Maroc, n'a pas. Aussi « Une facilitation d'accès au territoire national au profit des étrangers et des visiteurs professionnels a été actée certes dès le 6 septembre. Mais, aujourd'hui, la fermeture des villes et la situation épidémiologique au Royaume font craindre le pire. Et le prolongement d'état d'urgence sanitaire n'arrange pas les choses », analyse Bouhoute avant d'ajouter qu'il ne faut pas oublier que le Maroc est aujourd'hui concurrencée par d'autres destinations où le risque est plus maitrisée comme le cas de la Tunisie».
Faciliter les procédures
Sollicité par l'Observateur du Maroc et d'Afrique, Le président de la de la Fédération nationale des hôteliers du Maroc (FNHM), Lahcen Zelmat se montre moins pessimiste. Selon lui, la réussite de la saison touristique hivernale est conditionnée par la facilitation et la simplification des procédures de la part des pouvoirs publics. Ce qui n'est pas le cas, selon lui, pour le moment. Concrètement, Zelmat met l'accent sur le dépistage. Pour lui, « en France, premier marché émetteur des touristes pour le Maroc, le dépistage est gratuit et la demande est forte. Donc il faudra beaucoup de temps pour obtenir le résultat des tests et cela peut varier de 48 heures à 8 jours ce qui ne facilite pas la tâche à la destination Maroc qui exige des tests qui datent de 48 heures au maximum », déplore Lahcen Zelmat. Sur ce point justement, le directeur de l'ONMT a été interpellé lors de son déplacement en France la semaine dernière. L'une des revendications phares des tour-opérateurs a été le recours à un dépistage rapide à l'arrivée au niveau des aéroports. Adil El Fakir a promis à cette occasion de travailler sur le dossier. Pour le moment rien de concret. Et le directeur de l'ONMT est resté injoignable.
Ouvrir le national puis l'international
Sinistrée, Marrakech, ville touristique par excellence, subit de plein fouet les effets collatéraux de la Covid. L'année dernière, la ville ocre a attiré trois des 13 millions de touristes qui se sont rendus dans le pays. Avec les restrictions imposées par le gouvernement pour endiguer la propagation de l'épidémie, elle a été fermée. Résultat : l'industrie du tourisme est à l'arrêt et la ville fait face à une crise sans précédent. Ce qui a poussé les internautes à lancer des appels de sauvetage sur les réseaux sociaux sous le hashtag #Marrakech étouffe, et des dizaines à protester dans les rues brandissant des banderoles avec des messages comme «Avant de mourir par le Corona, on mourra de faim ». De l'avis de Abdellatif Abouricha, chargé de communication du CRT Marrakech, depuis la tenue de la COP22 en 2016 à Marrakech, la croissance était en flèche. La covid-19 a été un coup dur pour une destination où se tient près de 54 événements annuellement. Maintenant, tous les espoirs sont portés sur deux grands événements prestigieux qui ne manqueront pas d'avoir des retombées positives sur la ville et sa région, en termes d'activité touristique et d'emplois: il s'agit de la 24ème session de l'assemblée générale de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) et de l'assemblée annuelle du groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). En attendant, les acteurs du secteur de la ville ocre misent sur la saison d'hiver de cette année et sont décidés de mettre tout en place pour relever le défi. Abdellatif Abouricha, semble plutôt confiant et ne cache pas son optimise quant à une reprise effective durant les semaines à venir. Selon lui, les préparatifs vont bon train. Et la ville ocre est prête à accueillir ses clients. Encore faut-il du soutien et de l'accompagnement de la part des pouvoirs publics. Pour lui, il n'y a pas de recette magique seulement trois étapes clés à suivre «il faut d'abord ouvrir Marrakech et toute la région. Et en cas d'apparition d'un foyer de contaminations, on procède à la fermeture des quartiers plutôt que de toute la ville. Ensuite, il faut ouvrir le national et autoriser le déplacement entre les villes sans le recours aux autorisations exceptionnelles. Dernière étape, ouverture de l'international. On ne veut pas être choqués encore le 10 octobre par la reconduction de l'état d'urgence sanitaire. Cela impliquera automatiquement le maintien de la fermeture de l'espace aérien marocain. Alors qu'actuellement, la Grèce, l'Espagne, la Tunisie, la Turquie...tous ont ouvert leurs frontières. Je crois que la Maroc doit franchir le pas à son tour », souligne-il.
Une planification s'impose
Les avis des professionnels aujourd'hui sont unanimes, si on n'ouvre pas les frontières on pourrait rater même l'année 2021. Le directeur d'une chaine hôtelière nous confie que l'industrie touristique n'a pas le luxe d'attendre des décisions qui tardent à venir. «Il faut un plan, pas seulement des mesures à la pièce, et il le faut dès maintenant, parce que des milliers d'hôteliers qui représentent des milliers d'emplois sont en jeu aujourd'hui. Nous sommes dans le flou total », déplore t-il. Et il ajoute «Le tourisme est une planification. La rentrée touristique démarre le 1er novembre, en l'absence d'actions urgentes, tout sera raté ».
La RAM pointée du doigt
Pour la relance des activités, les professionnels misent sur l'accompagnement de la compagnie nationale. Or, selon Lahcen Zelmat, la RAM n'aide pas le secteur. « C'est une compagnie nationale mais gérée comme une entité privée. Elle cherche la rentabilité mais ne fait rien pour le tourisme national», juge t-il. La réunion tenue le 10 septembre dernier au siège de la compagnie en présence des professionnels du tourisme, du directeur de l'ONMT et de la ministre de tutelle, Nadia Fettah, a fait couler beaucoup d'encre. Même si rien n'a filtré sur les échanges, quelques indiscrétions laissent entendre un désaccord entre le président de la compagne nationale et celui de l'ONMT. Selon Lahcen Zelmat, la pomme de discorde porte sur la rentabilité de la compagnie. «La RAM cherche la rentabilité, l'ONMT cherche comment ramener les touristes et le ministère de tourisme n'a pas le poids pour faire pression. Donc finalement, ce sont les hôteliers et les opérateurs qui paient les pots cassés ». Bouhoute indique que « les hôteliers de Marrakech et d'Agadir demandent à la RAM de renforcer ses vols à destination de la France, de l'Espagne... à compter du 1er novembre. Or, la compagnie nationale a des objectifs de rentabilité à très court terme. Elle veut donc des subventions pour compenser le reliquat si le taux d'occupation ne dépasse pas les 50%. ». «Cette stratégie était adoptée au niveau national. Et des conventions ont été signées entre la compagnie et certaines régions pour encourager les vols domestiques. Maintenant la RAM veut l'appliquer pour l'international », explique t-il. Si pour un membre de la CNT, la doléance de la RAM est légitime, pour un autre professionnel, ce comportement de la part de la compagnie nationale, est insensé. D'après lui, l'heure est à la solidarité et à la relance. Il faut donc se serrer les coudes en ces moments et laisser les règlements de comptes pour plus tard.


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