Maroc- Italie : Une coopération économique durable en plein essor    Académie marocaine des métiers de l'aviation : l'accord de gestion ratifié    MRE : les transferts de fonds augmentent à plus de 122 MMDH en 2025    Fête du Printemps : la Chine se prépare à une saison de voyages record    Bourse de Casablanca : ouverture dans le rouge    Après avoir atteint un niveau record... repli des prix de l'or sur les marchés mondiaux    Cours des devises du lundi 2 février 2026    Economie numérique : Le Maroc et le Qatar examinent les opportunités de coopération    À Tanger, l'Institut français entame un nouveau chapitre    Argent-Cuivre : Aterian plc révèle des résultats prometteurs à Agdz Est    Point de passage de Rafah : 50 personnes transiteront par jour dans chaque sens    Coupe de la CAF : L'Olympic de Safi s'impose face aux Ivoiriens de San Pedro FC (2-1)    Botola Pro D1 « Inwi » : Large victoire du Raja de Casablanca face à la Renaissance Zemamra (3-0)    Janvier 2026 : Un mois d'épreuves et de fierté pour le Maroc    Casablanca : 600 MDH pour la reconstruction du stade de football de Roches Noires    CAN féminine 2026 : l'Afrique du Sud clarifie sa position et confirme le Maroc comme pays hôte    Perturbations météorologiques : Suspension des cours à l'Université Abdelmalek Essaâdi de Tanger    Tanger-Tétouan-Al Hoceima: Suspension temporaire des cours dans plusieurs établissements scolaires    Le Caire : Mme Ben Yahya s'entretient avec la vice-Première ministre de la République d'Ouzbékistan    Ksar El Kébir : Les autorités locales multiplient les efforts pour l'évacuation des habitants    Maroc-OIT : lancement de la campagne mondiale «Carton rouge au travail des enfants»    Tanger : les nouveaux locaux de l'Institut français inaugurés    Culture : le Musée de la photographie passe dans le giron de la FNM    "Melania" entre en 3e place du box-office nord-américain    Inondations: des efforts déployés pour évacuer des habitants près de Sidi Kacem    Coupe de la CAF: Le Wydad s'incline face à Maniema Union (2-1)    Ramadan et élections : les autorités renforcent le contrôle des initiatives caritatives déguisées    Coupe des champions féminine de la FIFA : l'AS FAR termine 4è après sa défaite face à Gotham FC    La France durcit les règles sur le lait infantile dans le cadre d'une alerte internationale liée à la présence de la toxine céréulide    Maroc/France : Les villes de Dakhla et Dreux renforcent leur coopération dans les domaines agricole et environnemental    Azzedine Ounahi décline Leipzig et choisit la stabilité à Gérone    Fortes rafales de vent, chute de neige, averses orageuses et temps froid de lundi à mercredi dans plusieurs provinces    USA: Treize morts à New York provoquées par une vague de froid polaire    Les Etats-Unis en paralysie budgétaire partielle, une issue rapide en vue    Ksar El Kébir: Coupure temporaire de la circulation sur la RN1 et la Route régionale N°410    Conseil national du PAM : unité interne et ambition assumée pour les législatives    Décès à Rabat de l'artiste Safia Ziani    Le Roi Mohammed VI adresse un message de condoléances à la famille d'Abdelhadi Belkhayat    Diaspo #426 : Entre l'Afrique et l'Europe, Ismail Sentissi sur les routes du jazz    Fonction publique et élus : la transparence patrimoniale reste à construire    Maroc-Etats-Unis : 250 ans d'amitié célébrés au Kennedy Center de Washington    L'Ambassade de France au Maroc présente ses condoléances suite au décès de l'artiste Abdelhadi Belkhayat    Autriche: Arrestation avec l'appui de la DGST d'un suspect pour projets d'attentat terroriste    Maroc-France. Un nouvel élan pour la coopération bilatérale avec une forte dimension parlementaire    Le grand artiste marocain Abdelhadi Belkhayat n'est plus    Chine: Les investissements à l'étranger ont atteint 145,66 milliards de dollars en 2025    Le Roi Mohammed VI mobilise les FAR pour faire face aux intempéries au Maroc    Terrorisme : Arrestation en Autriche grâce à la coopération avec la DGST    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Conseil de Bank Al-Maghrib : La recrudescence des contaminations Covid-19 fausse les calculs d' Abdellatif Jouahri
Publié dans L'opinion le 25 - 09 - 2020

Lors de sa troisième réunion trimestrielle de l'année 2020, tenue mardi 22 septembre, le Conseil de Bank Al-Maghrib a jugé que les conditions de financement de l'économie restent adéquates, et a opté pour le maintien du taux directeur inchangé à 1,5%.
A en juger par les propos tenus par M. Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, lors de sa traditionnelle conférence de presse, cette décision est intervenue après que ledit Conseil ait analysé les développements de la conjoncture économique et sociale et les projections macroéconomiques à moyen terme de la Banque. Des projections qui, à la lumière des données disponibles, de l'évolution de la situation sanitaire et de la réponse des autorités, ont été ajustées par rapport à l'édition de juin.
Une contraction plus prononcée de l'économie
On retiendra que le scénario central qui en découle table sur une contraction plus prononcée de l'économie en 2020. Elle sera suivie d'un relatif rebond en 2021 et demeure cependant entourée d'un degré exceptionnellement élevé d'incertitudes liées notamment à l'évolution de la pandémie et à ses conséquences aussi bien au niveau national qu'international.
C'est d'ailleurs ce qui fait que la prévision de la Banque centrale, annoncée en juin dernier pour l'ensemble de l'année 2020, a été revue à la baisse tenant compte d'un certain nombre de considérations dont un redémarrage plus lent que prévu dans l'activité, la mise en place de certaines restrictions locales ou sectorielles, suite à la recrudescence des infections, ainsi que la poursuite de la fermeture quasi-totale des frontières pour les voyageurs.
Désormais, le scénario de base de Bank Al-Maghrib retient une contraction de 6,3% de l'économie nationale avec des reculs de 5,3% de la valeur ajoutée agricole et de 6,3% de celle des secteurs non agricoles.
En 2021, et sous certaines hypothèses, dont une hausse de 12,6% de la valeur ajoutée agricole basée sur une récolte céréalière de 75 millions de quintaux et une amélioration de 3,7% de celle non agricole, le PIB rebondirait de 4,7%. Toujours est-il qu'au vu, une fois de plus, du niveau d'incertitudes afférentes à l'évolution de la pandémie qualifié « d'exceptionnellement élevé », à l'ampleur de ses retombées ainsi qu'au rythme de la reprise, ces perspectives peuvent, à tout moment, faire l'objet d'actualisation.
D'autant plus que sur le plan des comptes extérieurs, la tendance consacre une forte baisse des principaux indicateurs qui en découlent.
Les comptes extérieurs mis à rude épreuve
A ce titre, les exportations de biens ont reculé, en glissement annuel, de 17% à fin juillet. Elles sont notamment tirées par un repli des ventes de 28,7% pour le secteur automobile, et de 29,5% pour le textile. Ceci, au moment où les importations ont connu une baisse de 17,5%, reflétant essentiellement des régressions de 18,5% des acquisitions de biens d'équipement, et de 24,8% des achats de produits finis de consommation, ainsi qu'un allégement de 31,6% de la facture énergétique.
Idem pour les recettes de voyage dont le reflux s'est accentué à 44,1% alors que celui des transferts des MRE s'est limité à 3,2%.
Pour l'ensemble de l'année, les exportations ressortiraient, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, en chute de 16,6% avant d'augmenter de 22,4% en 2021, portées en particulier par la progression prévue des expéditions du secteur automobile.
Parallèlement, les importations de biens se contracteraient de 17,4% avant de s'accroître de 17% en 2021. S'agissant des recettes de voyage, elles ressortiraient en forte diminution, passant de 78,8 milliards de dirhams en 2019 à 23,9 milliards en 2020 et rebondiraient à 49,1 milliards en 2021. De leur côté, les transferts des MRE, qualifiés de plus résilients à la crise, accuseraient une baisse limitée de 5% à 61,5 milliards avant de s'améliorer de 2,4% à 63 milliards en 2021.
Dans ces conditions, le déficit du compte courant devrait se creuser à 6% du PIB en 2020, au lieu de 10,3% prévu juin. Il devrait s'alléger à 5,2% du PIB en 2021.
Concernant les entrées d'IDE, BAM estime qu'elles reculeraient à l'équivalent de 1,5% du PIB cette année contre 2,9% du PIB en 2019, avant de revenir en 2021 au niveau moyen observé avant la crise. Du coup, et tenant compte de la mobilisation exceptionnelle des financements extérieurs évoqués par BAM, l'encours des avoirs officiels de réserve avoisinerait 294,7 milliards de dirhams à fin 2020 et 289 milliards à fin 2021, soit l'équivalent de 6 mois et 20 jours d'importations de biens et services.
Le cash en hausse exceptionnelle
Pour ce qui est des conditions monétaires, la circulation fiduciaire (cash) a connu une hausse exceptionnelle de 65,5milliards de dirhams au cours des sept premiers mois de l'année, soit plus de trois fois et demi la hausse enregistrée pour l'ensemble de l'année 2019.
BAM estime que cette circulation terminerait l'année en hausse de 16%, avant de retrouver un rythme qui se rapproche de son évolution historique en 2021. Ceci, au moment où le déficit de liquidité bancaire se creuserait de 62,3milliards de dirhams à fin 2019, à 82 milliards à fin 2020 et à 109,8 milliards à fin 2021.
Pour ce qui est du crédit bancaire, l'encours au secteur non financier s'est accru, en glissement annuel, de 6% à fin juillet, en relation principalement avec l'augmentation importante des prêts de trésorerie accordés aux entreprises privées. Il devrait, selon les estimations de BAM qui tiennent compte de l'évolution prévue de l'activité économique et de l'effet attendu du programme « Intelaka » ainsi que des différentes mesures de soutien et de relance, enregistrer une progression autour de 4% en 2020 et en 2021.
Les finances publiques en quête de ressources
Pour ce qui est des finances publiques, traitant de l'exécution budgétaire au terme des huit premiers mois de l'année, BAM évoque un déficit de 46,5 milliards de dirhams, contre 35,2 milliards un an plutôt, et ce, compte tenu du solde positif de 9 milliards du Fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie. Les recettes ordinaires ont régressé de 6,5%, impactées par le recul de 8,4% des rentrées fiscales. En parallèle, les dépenses globales ont augmenté de 2,5%, traduisant essentiellement une hausse de 8,3% des charges au titre des autres biens et services, alors que les dépenses d'investissement ont diminué de 4,7% et celles au titre de la compensation de 6,4%. Pour financer l'aggravation du déficit budgétaire, la Trésorerie Générale va, entre autres, procéder à une sortie sur le marché financier international dans les prochains jours et une deuxième en 2021. La sortie de cette année sera en euros et sera prise en compte dans les réserves de BAM.
N. BATIJE
Repères
Les impayés bancaires
Selon les chiffres de BAM, les créances en souffrance enregistrent à fin juillet une hausse de 7 MM de dhs et passent ainsi de 70 MM de dhs à 77 MM de dhs. Leur ratio à l'encours du crédit bancaire s'est quasiment stabilisé à environ 8%. Pour Bank Al-Maghrib, qui estime que tout ce qui est garanti par l'Etat représente un risque limité pour les banques, il y a lieu de distinguer entre les impayés dus au moratoire accordé par les banques, et les vraies créances en souffrance qui seront traitées par ces mêmes banques au cas par cas.
Le mobile banking
Le Wali de Bank Al-Maghrib estime que le mobile banking ou le paiement mobile est un instrument pour juguler le recours massif au cash, réduire le temps et le coût des opérations. A cet effet, il propose, en plus des incitations, de lancer une opération pilote dans une région donnée, ou encore servir les aides du programme Tayssir par mobile banking, et commencer par Casablanca. M. Abdellatif Jouahri affirme être prêt à veiller personnellement à ce que le paiement mobile soit déployé dans les meilleurs délais, quitte à taper à toutes les portes.
Besoin en liquidité
Durant le deuxième trimestre de 2020, le besoin en liquidité des banques s'est accentué à 95,9 milliards de dirhams en moyenne hebdomadaire, contre 71,4 milliards un trimestre auparavant. A ce titre, Bank Al-Maghrib a augmenté le montant de ses injections à 98,5 milliards, dont notamment 31,1 milliards sous forme d'avances à 7 jours, 47,6 milliards à travers les opérations de pensions livrées, 15,8 milliards au titre des opérations de prêts garantis accordés dans le cadre du programme de soutien au financement de la TPME, et 3,5 milliards servis sous forme de swap de change.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.