CAN 2025. Le Mali avec 10 joueurs bat la Tunisie    US ousts Nicolas Maduro ending Venezuela conflict and impacting Polisario alliance    Le Maroc réaffirme son soutien à la souveraineté et à l'unité du Yémen    Maroc : Le plafond des dotations augmente en 2026 (Office des changes)    CAN 2025 : Face à la Tanzanie, Walid Regragui veut «éviter toute surprise»    Marruecos: Alerta roja, fuertes lluvias y nevadas hasta el lunes    Marruecos: El PPS condena la detención de Nicolás Maduro por parte de Estados Unidos    Une météorite rare d'Aït Saoun intégrée à l'Université de Moscou    Diaspo #422 : Karima Saïdi, «celle qui veille» sur la mémoire par le documentaire    Sahara : les échéances d'avril et d'octobre au Conseil de sécurité présidées par des alliés du Maroc    Maroc : Le PSU face au retour des courants politiques    Maroc : Des hommages contrastés au porte-parole de la branche armée du Hamas, tué par Israël    La Chine bat un record de déplacements en fin d'année    Véhicules électriques : BYD détrône Tesla et devient le premier vendeur mondial    Or : la demande reprend en Chine après la correction des prix    Coupe d'Afrique des Nations Maroc-2025 : agenda du samedi 03 janvier    Vente de faux billets de la CAN 2025 : les plateformes appelées à plus de vigilance    Gérone s'intéresse à Ayoub El Kaabi pour renforcer son attaque    BCP : émission d'un emprunt obligataire subordonné perpétuel de 1 milliard de DH    Bourse : le MASI gagne 3,96% du 29 décembre au 02 janvier    Jaida: Rachid Medarhri nommé directeur général    ONU : L'Assemblée générale adopte un budget de 3,45 milliards de dollars pour 2026    Maroc–Guinée : SM le Roi Mohammed VI félicite le Général Mamadi Doumbouya    Portrait / CAF : « Ayoub El Kaâbi, Sidi Bicyclette » !    CAN Maroc 2025 : le programme officiel des huitièmes de finale dévoilé    CAN Maroc 25 - 8es de finale 1 / Ce samedi ''Sénégal-Soudan'' : enjeu, arbitrage, horaire et météo    Abidjan vibre au rythme du MASA    À Gaza, la nouvelle année commence entre décombres et détermination    Iran : Le Mossad "sur le terrain" avec les manifestants    Vénézuéla : Les Etats-Unis durcit sa croisade contre les embarcations de "narcotrafiquants"    Maroc 2026 : L'année où tout se joue    Mort de Mustapha Sidi El Bachir : disparition naturelle ou liquidation ?    Décès de Mohamed Harbi, mémoire de lutte entre le Maroc et l'Algérie    Circulation routière : vigilance maximale recommandée face aux perturbations météorologiques du week-end    Tempête Francis : le Maroc confronté à un épisode météorologique d'une intensité inhabituelle    Fortes pluies, chutes de neige et fortes rafales de vent, vendredi et samedi, dans plusieurs provinces    Turquie : une Marocaine arrêtée pour des actes de violence présumés sur sa fillette    L'Humeur : Vendre des cravates sous le menton    La Bourse de Casablanca clôture sa première séance de 2026 dans le vert    Arts 2025 : Dernier regard dans le rétro sur une année de création    Hiba Bennani en tête d'affiche du drame marocain Rass Jbel, aux côtés d'Asaad Bouab    Températures prévues pour samedi 03 janvier 2026    Cathédrale Saint-Pierre : la société «Le Palais d'Aménagement» adjudicataire    Sécurité internationale : comment le Maroc s'est imposé comme une référence mondiale    La BD "Astérix en Lusitanie" a fait 1,65 million de ventes en France    DGSN : Avancement de 8.913 fonctionnaires de police au titre de l'exercice budgétaire 2025    Madonna passe les fêtes de fin d'année à Marrakech    Brigitte Bordeaux - Brigitte Bardot    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Cancel Culture : Le bûcher des réseaux sociaux brûle de bon feu
Publié dans L'opinion le 03 - 12 - 2020

La culture de l'annulation n'excommunie pas seulement. Elle tue également, au sens propre du terme, culturellement et socialement.
Dans l'univers de la cancel culture, la magie de Harry Potter n'est d'aucun recours pour J. K. Rowling, l'auteur adulée qui se voit clouée au pilori et ses livres brûlés pour, est-il argué, ses positions considérées comme transphobes. Consolation pour J.K. Rowling : sa mise à l'index sur les réseaux sociaux ne semble pas avoir d'effet sur les ventes en librairie !
Les tribunaux médiatiques qui se multiplient à l'infini avec internet ne chôment pas et les condamnations sont prononcées sans discontinuer. La finalité de ces jugements émis sont de faire taire, sinon tout simplement de faire disparaître sans même permettre au sujet jugé (entreprise, homme politique, écrivain, artiste, etc.) la possibilité de se faire entendre par ses juges, sans visages, derrière l'anonymat des claviers et, souvent, des pseudonymes. Sans procédures connues ni règles établies, la cancel culture frappe à l'aveuglette et bien malin qui pourrait prévoir les prochaines cibles. Souvent, la réaction est instantanée et va même plus vite que la personne concernée. Ainsi en fut-il de l'affaire Justine Sacco. Suivie par 170 abonnés - qui sont autant de bombes à fragmentation ! - son tweet « Départ pour l'Afrique. Espère ne pas choper le sida. Je déconne. Je suis blanche ! » qu'elle avait commis avant de prendre l'avion, a valu à Justine Sacco le refus, à son arrivée en Afrique du Sud, des employés de l'hôtel où elle devait séjourner, de la voir prendre possession de la clé de sa chambre... Mieux encore, sa famille la dénonce et son employeur la congédie sans aucune autre forme de procès et Donald Trump se retrouve dans la liste de ses pourfendeurs.
De la haine au châtiment médiatique
La haine médiatique, son racisme même se construit sur le supposé paradigme de l'antiracisme et de l'excommunication. Cette culture de l'annulation, en traduction littérale, ne compte plus ses victimes parmi lesquelles Gary Garrels, conservateur du musée d'Art moderne de San Francisco, qui devait démissionner au prétexte qu'il avait déclaré que le musée allait faire des efforts afin d'acquérir une quantité plus importante d'œuvres d'artistes noirs ou latinos... avec cette précision que les Blancs ne seront pas discriminés. Le châtiment médiatique prit une telle ampleur que le recours était sa mise à mort professionnelle. Le peloton d'exécution n'a pas tiré une seule balle. Il ne fut pas traîné dans la chambre à gaz ou placé sur la chaise électrique : sa démission équivaut à un suicide que personne sur les réseaux sociaux ou dans les médias ne viendra contrarier.
La mort sociale et culturelle
Le glissement de la simple dénonciation à la mise à mort est ainsi décrit par Laure Murat, historienne à l'université de Californie à Los Angeles, « sur le principe, il s'agit ni plus ni moins de lancer des alertes et de boycotter, ce qui est un droit politique. Telle société utilise des slogans racistes ? Annulons-la ! Telle personnalité a eu des propos homophobes ? Annulons-la ! Ce raccourci signifie : soyez responsable de ce que vous faites et assumez ce que vous dites ou nous vous retirons notre soutien, ce qui est notre seul pouvoir. Avec des méthodes radicales, souvent contestables, comme le cyberharcèlement ou le tribunal médiatique. », poussant à des morts sociales et culturelles programmé.
Une tribune contre la Cancel Culture dans Harper's Magazine, signée par 150 écrivains et intellectuels, dont Noam Chomsky, Margaret Atwood, Salman Rushdie, J. K. Rowling pour dénoncer « une intolérance à l'égard des opinions divergentes, un goût pour l'humiliation publique et l'ostracisme » a poussé les réseaux sociaux à des réactions, précisément, dénoncées par les signataires de la tribune qui appelait à « accorder aux gens le bénéfice du doute, débattre de bonne foi, et surtout ne pas priver des personnes de leur travail parce qu'on n'est pas d'accord avec elles », pour reprendre les termes de Thomas Chatterton Williams, à l'origine de cette initiative.
La Cancel Culture ou Culture de l'annulation ne vise pas que les vivants : la destruction des statues vise à faire disparaître jusqu'au souvenir de ce qui a existé !
Un regard sur les déclarations des personnes « cancellées » semble montrer une sorte de retour en force du « politiquement correct », une sorte de mutation rendue possible et amplifiée par les réseaux sociaux.
Abdallah BENSMAIN


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.