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La pression monte contre Sanchez pour résoudre la crise avec Rabat
Publié dans L'opinion le 09 - 06 - 2021

Confronté aux critiques virulentes de la classe politique, le gouvernement espagnol peine à régler la crise diplomatique avec Rabat. Des voix s'élèvent pour demander un remaniement ministériel sans Gonzales Laya et une visite de Sanchez au Maroc. Détails.
Après le fiasco de l'affaire Brahim Ghali, le gouvernement espagnol est désormais sous le feu des critiques aussi bien de la classe politique que des parlementaires. Décrédibilisé auprès de l'opinion publique, l'Exécutif du voisin ibérique fait face à des attaques virulentes de ses adversaires politiques suite à la gestion calamiteuse de la crise avec le Maroc. Une crise tellement profonde qu'on peine à en prévoir le dénouement et qui se répercute désormais sur la coopération entre les deux pays après l'écartement de l'Espagne de l'opération Marhaba et la suspension de la coopération judiciaire. Une situation intolérable pour de nombreux responsables et élus espagnols, dont le maire d'Algesiras José Ignacio Landaluce. Ce dernier a appelé le chef du gouvernement Pedro Sanchez à prendre en main personnellement le dossier de la crise avec le Maroc, en l'exhortant à aller à Rabat pour régler le différend qui dure depuis près de deux mois.
Le résident de la Moncloa a confié cette tâche ardue à sa première vice-présidente Carmen Calvo, selon le journal espagnol OkDiario qui a indiqué que celle-ci entretient de bonnes relations avec l'ambassadrice marocaine à Madrid Karima Benyaich, ce qui pourrait aider à faciliter le dialogue entre Rabat et Madrid. Les contacts diplomatiques se sont multipliés ces derniers jours, le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska et la porte-parole du gouvernement l'ont confirmé.
Vers le départ d'Arancha Gonzales Laya ?
Si Pedro Sanchez s'évertue à charger sa vice-présidente du dossier marocain, c'est à cause de la gestion jugée irrationnelle et hasardeuse, aussi bien de l'affaire Guali que de la crise de Sebta, par la cheffe de la diplomatie Arancha Gonzales Laya. Incapable de donner des réponses convaincantes sur l'accueil de Brahim Ghali, celle-ci a subi des critiques virulentes de la part des membres du Sénat qui l'ont accusée de ridiculiser son pays à cause de son amateurisme. « Arrête de te ridiculiser », lui a asséné la sénatrice du Parti Populaire María Valentina Martínez, qui l'a appelée « Gonzales Lios », ce qui veut dire désordre, en référence à son échec à résoudre la crise qu'elle a elle-même provoquée avec le Maroc en accueillant Brahim Ghali muni d'un faux passeport, en complicité avec l'Algérie.
L'attitude de Laya pourrait lui coûter son poste au sein du gouvernement. Des médias espagnols comme Larazon et El Espagnol parlent d'un remaniement ministériel qui pourrait entrainer la démission de plusieurs ministres dont Laya à cause de la brouille avec Rabat. El Espagnol fait état de la prédisposition de Sanchez à reconstruire son équipe sans sa cheffe de la diplomatie. Un geste interprété par des experts espagnols comme une tentative de la sacrifier en vue de regagner la confiance du Maroc qui n'a pas encore réagi officiellement à l'exfiltration de Brahim Ghali vers l'Algérie sans jugement.


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