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Interview avec B. Maïmouna Yomboumo : La coopération entre le Maroc et la Guinée est salutaire
Publié dans L'opinion le 27 - 06 - 2022

En marge de la 28ème Assemblée Régionale Afrique de l'Assemblée Parlementaire de la Francophonie, tenue du 23 au 24 juin à Rabat, la première Vice-Présidente du Conseil national de la transition (organe législatif) de la Guinée, Mme Bangoura Maïmouna Yomboumo, à la tête d'une délégation, parle de la situation socio-politique de son pays ainsi que des relations avec le Maroc. Explications.
- Dans quel cadre s'inscrit votre présence au Maroc ?
- Je suis venue au Maroc dans le cadre de la 28ème Assemblée Régionale Afrique de l'Assemblée Parlementaire de la Francophonie, en tant que première Vice-Présidente du Conseil national de la transition (organe législatif) de la Guinée pour représenter le président de cette institution Dr Dansa Kourouma. Je conduis une délégation composée d'une Conseillère nationale et un fonctionnaire parlementaire. C'est l'ensemble des pays francophones d'Afrique qui a pris part à cette Assemblée.
- Quel bilan pouvez-vous dresser de ce conclave ?
- Il faut dire que les travaux ont été intenses et instructifs dans la mesure où nous avons pu aborder tous les sujets relatifs au renforcement de la francophonie mais surtout ceux concernant les questions du genre et la Zone de libre-échange continentale (ZLECAF) dans l'accélération de l'intégration économique de l'Afrique. Nous nous sommes aussi intéressés à la démocratie dans l'espace francophone en Afrique. Naturellement, le politique, le changement climatique, la protection de l'environnement n'ont pas été oubliés tout comme la situation sociale et sanitaire. C'est pour vous dire que la rencontre de Rabat nous a permis d'entrevoir un horizon plein d'espoir dans l'espace francophone d'Afrique en matière de développement, de démocratie et d'intégration.
- Vous avez évoqué la question du genre. Quelle est la situation de la femme aujourd'hui en Guinée ?
- Incontestablement, il y a aujourd'hui un changement notoire concernant la situation de la femme dans mon pays. Les nouvelles autorités, sous le leadership du Colonel Mamadi Doumbouya, chef de l'Etat, président du Conseil national du rassemblement et du développement (CNRD), ont pris plusieurs initiatives dans l'amélioration des conditions de vie des femmes en faisant de la parité une réalité. A tous les niveaux ou postes étatiques et institutions républicaines la femme est grandement représentée. J'en suis la parfaite illustration en tant que 1ère Vice-Présidente du Conseil national de la transition.
Au sein de cet organe, on est allé au-delà des dispositions dans la représentativité de la femme. D'ailleurs, c'est une femme qui est rapporteur général du CNT, une première dans l'histoire de la Guinée. Certes, nous ne pouvons pas crier victoire pour le moment mais ça donne de l'espoir quant à l'engagement de la Guinée sur la question du genre. Puisque déjà le caucus est mis en place. Il s'agit d'un forum de femmes qui vont participer à la rédaction de la Constitution et qui pourront valablement défendre la cause de la femme.
- Actuellement, la Guinée vit une transition. En tant que parlementaire, qu'attendez-vous du Maroc pour accompagner votre pays dans cette période transitoire ?
- Allant dans le sens de votre question, je dois rappeler que justement, lors de mes différentes interventions pendant cette Assemble, j'ai plaidé auprès des parlementaires francophones, notamment ceux de notre sous-région commune qu'est la CEDEAO, de s'engager à soutenir la transition en Guinée. Il est même question d'envoyer une mission de bons offices dans ce sens.
Pour ce qui est du Maroc, il faut souligner d'abord que mon pays et le Royaume Chérifien entretiennent des relations d'amitié et de fraternité historiques. Entre les deux Etats, c'est une coopération exemplaire qui ne date pas d'hier grâce à feu Ahmed Sékou Touré et feu SM le Roi Hassan II. Aujourd'hui, ce flambeau de l'amitié et la fraternité est maintenu par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le Colonel Mamadi Doumbouya.
Le Maroc a toujours été du côté de la Guinée dans tous les domaines. La visite royale qu'a effectuée en Guinée, en février 2017, est évocatrice à ce sujet, au cours de laquelle visite plusieurs accords de coopération et de conventions-cadres ont été signés. En outre, la Guinée a toujours soutenu le Royaume Chérifien dans toutes ses actions et initiatives. Aujourd'hui, nous avons beaucoup d'investisseurs marocains en Guinée, ce qui montre l'importance de la coopération entre les deux pays.
Avec la volonté affichée des nouvelles autorités, ce partenariat ira crescendo et beaucoup d'actions se profilent déjà à l'horizon et nous avons espoir que le Maroc accompagnera cette transition car il en a été toujours ainsi. Et beaucoup d'accords vont se concrétiser pendant cette transition puisqu'il y a la volonté et le dynamisme.
- Autrement dit, la coopération guinéo-marocaine est promue à un lendemain meilleur ?
- Tout à fait. Rien que la formation et l'éducation, le Maroc accorde un grand nombre de bourses à la Guinée. Il en est de même pour la formation de nos imams. On ne peut que s'en féliciter de l'excellence de la coopération entre mon pays et le Royaume Chérifien.
- Un mot sur le Conseil national de la transition ?
- Tout se passe bien. Il y a la liberté de ton sans tabou et cela par la vision de son président. Les concertations sont menées avec l'ensemble des différentes composantes de la nation. Nous avons célébré les cents jours au mois de mai dernier et qui ont été marqués par un ensemble d'activités. L'un des temps forts a été, sans aucun doute, la tournée à travers tout le pays pour s'enquérir des réalités du territoire et discuter avec les populations. Ce fut un grand enseignement. Nous avons également adopté le chronogramme de 36 mois pour la transition contre 39 initialement. Et les actes seront posés les jours et les mois à venir.
Propos recueillis par Wolondouka SIDIBE
Bon à savoir

La Charte de la transition, l'acte fondamental, assigne aux autorités de transition une série de missions, dont l'élaboration d'une nouvelle Constitution et l'organisation d'élections libres, démocratiques et transparentes. La transition est conduite par quatre organes : le CNRD (mis en place le 5 septembre), le président de la transition tout à la fois chef du CNRD, chef de l'Etat et des forces armées, un gouvernement dirigé par un Premier ministre civil, et un organe législatif, le Conseil national de la transition (CNT).
Selon la Charte, aucun membre de ces organes ne pourra se présenter ni aux élections nationales ni aux élections locales qui seront organisées pour marquer la fin de la transition. Le Conseil est composé de 81 membres, lesquels ont été proposés par différentes composantes de la population, dont les partis politiques, la société civile, les syndicats, le patronat ou les forces de sécurité.
S'agissant de l'ordre chronologique des différentes missions de la transition figurent la révision des listes électorales et l'élaboration d'une nouvelle Constitution.


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