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Troubles de la thyroïde: Les tenants et aboutissants de la pénurie du Levothyrox
Publié dans L'opinion le 29 - 12 - 2022

Différents supports ont largement relayé les plaintes de patients concernant la non disponibilité du Levothyrox dans les rayons des pharmacies. Face à cette situation, les professionnels du secteur évoquent le choix incontournable de la production locale dans le cadre de la politique du médicament du Royaume.
Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a bel et bien rassuré les patients concernant le stock national en Levothyrox, prescrit pour le traitement des troubles de la thyroïde. Il a, en effet, annoncé disposer de 4 millions de comprimés de ce médicament au niveau national, un stock que la tutelle a qualifié de «suffisant» pour plusieurs mois.
Cependant, la pénurie n'est pas moins constatée par nombre de patients. De plus en plus de patients en effet signalent n'avoir pas pu se procurer ce médicament. Et si les médecins traitants et les pharmaciens sont appelés à ne pas céder à la panique, la situation ne manque pas de les alerter et de susciter leurs interrogations.
En effet, depuis plus d'un mois, des publications sur les réseaux sociaux ont soulevé l'absence répétitive du Levothyrox dans les pharmacies. « Le Levothyrox n'est pas disponible dans les pharmacies. Nous voilà vivre le pire scénario de notre vie », a alerté Chaimae qui suit un traitement d'hyperthyroïdie depuis 2 ans. «L'absence de ce médicament n'est pas aussi simple qu'on le pense, c'est un fait qui chamboule toute notre vie», s'inquiète-t-elle.
Les patients sont-ils responsables de cette pénurie ?
Face à la montée de l'inquiétude quant à la disponibilité de ce médicament, nous sommes allés nous enquérir de cette situation auprès des pharmacies de Rabat et de Casablanca. A notre grande surprise : le Levothyrox est introuvable dans les rayons de plusieurs pharmacies. Exception à la règle, certains disent disposer d'un stock limité à pas plus de 2 boîtes. « Nous n'avons reçu que huit paquets il y a quelque temps. Il ne nous en reste que deux, que nous allons essayer de vendre équitablement aux patients», nous a indiqué une pharmacienne à Casablanca.
Dans ce contexte, certains professionnels du secteur s'accordent à dire qu'il s'agit davantage d'une rupture temporaire de stock que d'une pénurie car « il y a toujours un réapprovisionnement en ce médicament même après des jours d'attente ».
Ils expliquent également que les ruptures de stock du Levothyrox que connaît l'officine sont dues au comportement de certains patients qui, de crainte de pénuries, anticipent les achats de plusieurs boîtes.
Pour en savoir plus sur les stratégies en cours visant à assurer l'approvisionnement du marché national en Levothyrox, nous avons contacté le laboratoire pharmaceutique Cooper Pharma, chargé de la distribution de ce produit vital.
Contrairement à nos attentes, il a nié l'existence d'un problème en la matière. « Il n'y a jamais eu de problème et il n'y a aucune raison d'en avoir. C'est tout ce que je peux vous dire. Si vous cherchez des choses plus précises, il faut s'adresser au laboratoire Merck Allemagne », nous a ainsi répondu un haut responsable du Laboratoire.
D'ailleurs, la rupture de stock de certains médicaments ne semble pas concerner que le Maroc. Il s'agit d'un phénomène mondial qui inquiète les malades partout, notamment en Europe. Une situation que le secrétaire de la Fédération Nationale des Syndicats des Pharmaciens du Maroc, Amine Bouzoubaâ, attribue à la concentration de la fabrication de la matière première au niveau de la Chine et de l'Inde.
Dans les coulisses, on souffle que les professionnels du secteur pharmaceutique craignent des vagues de pénuries consécutives du Levothyrox, d'autant plus que le nombre de paquets fournis par les grossistes de distribution est loin de satisfaire la demande quotidienne.
« L'absence du Levothyrox dans les rayons persiste depuis une quinzaine de jours. Nous avons dû recevoir 2 boîtes alors que la demande quotidienne en ce médicament est estimée à 10 boîtes par jour, ce qui est loin de répondre au besoin» nous explique M. Bouzoubaâ.
« N'assistons-nous pas à une pénurie? », s'exclame-t-il, soulignant, ainsi, la nécessité d'adopter une vraie politique du médicament en mesure de fournir des alternatives pour prévenir les difficultés d'approvisionnement, notamment en Levothyrox.
Vers une production locale

La rupture prolongée du stock du Levothyrox remet sur la table la discussion sur l'importance d'une vraie révolution du médicament générique au Maroc. En effet, cette alternative, efficace et moins coûteuse qu'un médicament d'origine (Princeps), est soutenue par les professionnels de la Santé. Ces derniers sont convaincus qu'elle est en mesure d'apporter des solutions pour les pénuries de médicaments, notamment celle du Levothyrox.
« Il est temps de procéder à la production du générique du Levothyrox pour ne plus être sous le prisme de l'importation depuis la France ou d'autres circonstances, notamment la polémique autour des effets secondaires de ce médicament», martèle Amine Bouzoubaâ, soulignant que l'agitation autour de l'affaire de tromperie mêlant le laboratoire pharmaceutique allemand Merck pourrait être parmi les raisons qui perturbent la machine de production de ce médicament et donc sa distribution au Maroc.
Commentant les conditions en vigueur pour la production de génériques de médicaments, le secrétaire de la Fédération Nationale des Syndicats des Pharmaciens au Maroc a armé qu'il faut instaurer des exceptions à la règle, de façon à favoriser une petite marge de bénéfice, et pouvoir inciter les acteurs de l'industrie pharmaceutique à se lancer dans ce créneau. Il y va de la garantie de l'approvisionnement du marché national en ce produit vital. «Il faut une réforme du décret qui fixe comme condition de produire le générique à un prix inférieur au prix du médicament orignal », nous a-t-il expliqué.
« Acheter l'équivalent du Levothyrox à quelques dirhams de plus que le prix du Princeps qui coûte 6.80 pour chaque 25mg, est beaucoup mieux que de se retrouver devant une pénurie d'un médicament vital pour la vie de pas mal de citoyens », observe-t-il.

Mina ELKHODARI


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