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Interview avec Nabil Fahmi : « Le Maroc et l'Egypte partagent une même vision réaliste de leurs politiques »
Publié dans L'opinion le 21 - 11 - 2023

Tensions avec Israël, cause palestinienne, guerre à Gaza, coopération bilatérale, rapprochement politique maroco-égyptien, autant de sujets que Nabil Fahmi, ex-ministre des Affaires étrangères de l'Egypte, aborde avec du recul. Ce diplomate chevronné s'est confié à « L'Opinion » en marge du Forum MEDays à Tanger. Entretien.
- Il va sans dire que la situation à Gaza est critique. L'Egypte en est très préoccupée vu la proximité géographique. Une guerre qui est la volonté manifeste de pousser les populations civiles à quitter la bande de Gaza vers le désert du Sinaï. Ce que l'Egypte et le Maroc ont catégoriquement refusé lors du Sommet du Caire. Qu'en pensez-vous ?

- En réalité, c'est une volonté très ancienne. Israël a tâché à maintes reprises de pousser les Palestiniens vers l'exode à la fois de Gaza et de la Cisjordanie. Craignant le poids démographique des Palestiniens, les Israéliens ont intérêt à cela et ne ratent pas la moindre occasion pour se mettre à l'œuvre. L'Egypte a, d'ores et déjà, exprimé sa position qui consiste à rejeter la liquidation de la cause palestinienne à la faveur de la crise de Gaza.

- Pour ce qui est la question des réfugiés, comment voyez-vous la stratégie de l'Egypte ?

- L'Egypte est un Etat engagé et a des relations étroites avec les populations de Gaza. Notre pays est disposé à recevoir les blessés et les personnes qui ont besoin d'hospitalisation ainsi que les cas humanitaires urgents. Or, il est inadmissible de recevoir les populations civiles en tant que réfugiés non pas par crainte, mais par opposition à la volonté israélienne de s'en débarrasser.

- Plusieurs pays arabes, dont le Maroc et l'Egypte, ont des relations diplomatiques avec Israël. Cela ne les empêche pas de tenir un discours ferme en ce qui concerne les violations des droits des Palestiniens. A votre avis, faut-il une meilleure coordination entre les pays arabes pour parler d'une seule voix sur la guerre à Gaza ?

- Nous sommes le premier pays à avoir des relations diplomatiques avec Israël. Notre engagement pour la paix n'est pas à prouver. Ce qui se passe à Gaza actuellement est que les crimes israéliens dépassent l'imagination. Personne ne peut nier les flagrantes violations du droit humanitaire. Cela, il faut le dire et Israël doit entendre l'ampleur de la condamnation internationale de ses actes. D'où l'importance des conclusions du Sommet du Caire. Certes, nos pays ont des relations avec Israël. Mais, le dialogue doit être de bonne foi des deux côtés et pas uniquement d'un seul. Les Israéliens doivent comprendre qu'ils doivent faire le choix de la paix et renoncer à leur politique actuelle pour qu'une solution définitive à la question palestinienne soit envisageable.

- Parlons maintenant des relations entre le Maroc et l'Egypte. Il y a eu un rapprochement palpable entre les deux pays, et qui a été plus visible lors de la dernière visite du ministre Sameh Choukri au Maroc. Comment expliquez-vous cette entente après plusieurs années de froideur ?

- Permettez-moi de vous dire que je visite souvent le Maroc et j'ai eu l'honneur de rencontrer SM le Roi Mohammed VI lorsque j'étais encore ministre des Affaires étrangères. J'ai ressenti à quel point le Souverain accorde une importance particulière au développement économique dans plusieurs domaines, notamment les infrastructures. En Egypte, nous avons la même priorité et j'en conclue que les deux pays ont la même vision en ce qui concerne leurs politiques publiques, y compris leur politique étrangère loin des slogans idéologiques inutiles. Les deux Etats sont réalistes dans leur façon de voir les choses. C'est ce qui explique l'excellence des relations bilatérales actuellement et il va sans dire que les relations entre les peuples y contribuent.

- La coopération économique demeure tout de même faible par rapport au potentiel des deux pays. Comment traduire l'excellence des relations bilatérales sur le champ économique ?

- Je vous donnerai mon point de vue personnel qui ne reflète pas forcément la position officielle. J'estime que l'Egypte a intérêt à coopérer plus étroitement avec le Maroc dans le domaine économique parce que chacune des deux parties a quelque chose à apporter à l'autre. Il arrive qu'on croit à tort parfois que les deux pays sont des concurrents en Afrique. Là, je parle d'attraction des investissements. Toutefois, cela n'empêche pas qu'ils soient des partenaires. Permettez-moi de vous dire qu'en Egypte, nous voyons d'un bon œil la réussite marocaine dans l'industrie automobile et l'aéronautique. Je trouve que le Maroc est leader en Afrique de l'Ouest et l'Egypte l'est en Afrique de l'Est. D'où le potentiel de coopération, qui existe même entre les secteurs privés des deux pays, qui est grand. Le Maroc a commencé à investir, ces dernières années, en Egypte et vice versa.

- Malheureusement, le commerce demeure faible, avec un excédent considérable en faveur de l'Egypte, alors que les deux pays sont liés par un accord de libre-échange multilatéral, en l'occurrence celui d'Agadir ?

- Certes, le potentiel actuel n'est pas assez exploité. J'en conviens et il serait prétentieux de dire le contraire. Mais je puis vous dire que les secteurs privés peuvent faire mieux, sachant que j'étais personnellement témoin de plusieurs success stories quand j'étais ministre. Permettez-moi de citer le domaine de la métallurgie pour exemple et le secteur du tourisme. En gros, ce qu'il faut pour que le commerce puisse prospérer, c'est un engagement plus volontariste de la part des gouvernements de deux côtés.

- Le Maroc et l'Egypte ont tous les deux des causes à défendre qui leur sont importantes. L'Egypte a une position jugée favorable au Maroc dans l'affaire du Sahara et en même temps, le Royaume soutient la sécurité hydrique de l'Egypte, allusion faite ici à l'affaire du Barrage de la Renaissance, et refuse les solutions unilatérales. Peut-on s'attendre, à votre avis, à plus de coordination entre Rabat et Le Caire sur ces dossiers ?

- Il est clair que les deux pays gagneront beaucoup à mieux coordonner et accroître leur niveau de concertation sur ces dossiers qui leurs sont, pour l'un comme pour l'autre, très sensibles. Personnellement, je suis satisfait de la concertation et de la convergence des points de vue sur les dossiers auxquels vous faites allusion sachant que l'Egypte soutient l'intégrité territoriale du Royaume dans le cadre des Résolutions des NationS Unies et le Maroc a exprimé son soutien à la sécurité hydrique tel qu'écrit dans le communiqué conjoint du 9 mai dernier. Donc, il est important de souligner cette convergence de vues qui est bénéfique à chacun des deux pays pour la gestion de leurs affaires respectives.

Portrait : Nabil Fahmi, l'homme de confiance de la diplomatie égyptienne
Diplomate de carrière, Nabil Fahmi a dirigé le ministère des Affaires étrangères de juillet 2013 à juin 2014, une période difficile au cours de laquelle l'Egypte faisait face à un contexte politique compliqué. Durant son mandat, il a élaboré une stratégie pour réorienter la politique étrangère de l'Egypte, en veillant à ce que ce pays dispose de nombreuses options de politique étrangère à la fois au niveau régional et mondial.
Connu pour sa longue carrière diplomatique prolifique qui s'étend sur trois décennies, Fahmi a été ambassadeur aux Etats-Unis (1999-2008) et au Japon (1997-1999), comme il a été nommé à de nombreux postes gouvernementaux et internationaux. Son travail s'est concentré sur la sécurité internationale et régionale, le désarmement et la non-prolifération des armes, la résolution des conflits et la diplomatie israélo-arabe. Il a également été président du Conseil consultatif des Nations Unies sur les questions de désarmement et vice-président de la première Commission de l'Assemblée Générale des Nations-Unies chargée du désarmement et de la sécurité internationale.
Au-delà de son parcours professionnel, il est un interlocuteur engagé dans les questions internationales. Il a été membre de la délégation égyptienne à la conférence de paix de Madrid en 1991. En plus de cela, il a pris part aux conférences d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et au Comité des principes de la Conférence des Nations-Unies sur la promotion de la coopération internationale en matière d'utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire ainsi qu'à d'autres manifestations multilatérales.


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