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Rétro-Verso : Voyage à travers l'Histoire du toit du Haut Atlas
Publié dans L'opinion le 29 - 01 - 2025

Le Parc national de Toubkal raconte l'histoire d'un espace naturel préservé, entre traditions montagnardes et enjeux contemporains de conservation. Rétrospective d'un espace naturel d'exception.
Créé en 1942, le Parc national de Toubkal est le premier du genre dans l'histoire du Maroc. Situé à environ 70 kilomètres au sud de Marrakech, dans la partie centrale du Haut Atlas, il s'étend sur une superficie totale de 100.000 hectares, dont 38.000 hectares en zone centrale et 62.000 hectares en zone périphérique. Délimité par les vallées du N'Fiss à l'ouest et de l'Ourika à l'est, il constitue une richesse naturelle et culturelle majeure pour le pays.

Avant le protectorat français, la région autour du Toubkal, peu accessible, était principalement habitée par des communautés montagnardes. Ces dernières vivaient en harmonie, exploitant les ressources naturelles tout en préservant un mode de vie ancestral.
Avec l'arrivée du protectorat français en 1912, l'approche des autorités coloniales change radicalement. La gestion des ressources naturelles et l'exploitation du territoire prennent un nouveau tournant avec la construction de routes et d'infrastructures qui facilitent l'accès à la région. L'installation de postes militaires et l'introduction de pratiques agricoles étrangères modifièrent progressivement le paysage et le mode de vie des habitants.

Après l'indépendance du Maroc en 1956, la région du Toubkal, tout en restant une zone de passage pour les montagnards, devient un espace de plus en plus fréquenté par les amateurs de nature et d'alpinisme. Le Parc, marquant un tournant dans la conservation de la région, à partir des années 1970 et 1980, l'essor du tourisme de montagne, facilité par l'amélioration des infrastructures, fait du Toubkal un lieu emblématique pour les randonneurs et les grimpeurs du monde entier.

De nos jours, après plusieurs décennies de développement touristique et d'amélioration de la gestion environnementale, le Parc reste un symbole de la richesse naturelle du Maroc, tout en étant un lieu de conservation qui attire à la fois chercheurs, aventuriers et amoureux de la nature.

Le plafond de l'Afrique du Nord

Au cœur de ce parc se trouve le Mont Toubkal, point culminant non seulement du Haut Atlas, mais aussi de toute l'Afrique du Nord, avec une altitude impressionnante de 4.167 mètres. Ce massif montagneux offre un relief particulièrement varié. Des plateaux aux falaises, en passant par les gorges, les crêtes et les cours d'eau et chaque recoin de cet espace naturel témoignent de l'érosion millénaire qui a façonné ce paysage unique. Les principales rivières qui traversent le Parc, à savoir le N'Fiss, l'Ourika et le Rherhaya, jouent un rôle crucial dans l'irrigation des vallées et des plaines environnantes, assurant ainsi la subsistance des populations locales.

La biodiversité du Parc est l'un de ses atouts majeurs. Les forêts de chêne vert et de thuya dominent le paysage, offrant un habitat à une faune variée. En altitude, ces bois sont progressivement remplacés par des genévriers robustes, capables de survivre aux rigueurs du climat montagnard. Le Parc abrite également des espèces emblématiques telles que les mouflons, qui évoluent dans les zones rocheuses, et des rapaces majestueux. Parmi ces derniers, on compte l'aigle royal, l'aigle botté, l'aigle de Bonelli et le circaète Jean-le-Blanc, qui survolent les crêtes escarpées à la recherche de proies.

Le Toubkal est également reconnu comme une zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) par BirdLife International. Les ornithologues peuvent y observer des espèces rares, telles que la perdrix gambra, le pic de Levaillant ou encore le rouge-queue de Moussier, un oiseau endémique au plumage éclatant. À cela s'ajoutent plusieurs espèces de fauvettes et de traquets qui enrichissent la diversité aviaire du Parc.

Outre son intérêt écologique, le Parc offre une expérience inoubliable à ses visiteurs, grâce à l'ascension du mont qui nécessite généralement deux jours d'effort. Cette randonnée révèle au printemps des paysages parsemés de fleurs sauvages, tandis qu'en automne, les forêts de chênes et de genévriers se parent de couleurs flamboyantes. Le village d'Imlil, perché à 1740 mètres d'altitude, constitue une étape idéale pour s'immerger dans la vie locale.

Le Parc dispose également d'un écomusée, dédié à la présentation de son histoire et des efforts de conservation en cours. Cet espace pédagogique met en lumière les défis liés à la protection des espèces menacées et au maintien de l'équilibre écologique. Les visiteurs y apprennent les enjeux liés à la gestion durable des ressources naturelles dans cette région fragile.

Aujourd'hui, la gestion du parc est assurée par la Direction régionale des Eaux et Forêts du Haut Atlas, qui œuvre pour préserver cet écrin de biodiversité tout en conciliant les besoins des populations locales. À terme, le Parc pourrait être érigé en Service d'Etat Géré de Manière Autonome (SEGMA), une initiative qui renforcerait ses capacités de gestion et de préservation.

Récits naturels : L'épopée du Toubkal, ce sommet légendaire
Au cœur du Haut Atlas marocain, depuis la nuit des temps, le Jbel Toubkal domine fièrement les paysages. Son nom résonnait de si loin bien avant l'instauration du Protectorat français au Maroc en 1912. Sous l'administration coloniale, cette région montagneuse fut perçue comme un territoire à explorer, à cartographier, mais aussi à domestiquer dans le cadre de l'entreprise coloniale. L'intérêt pour le Toubkal n'était pas uniquement géographique, mais également stratégique et symbolique.
Les Français, fascinés par cette nature sauvage et majestueuse, entreprirent des études pour mieux comprendre ces moindres spécificités, alors considérée comme mystérieuse par beaucoup, raison pour laquelle des expéditions furent sporadiquement organisées pour tracer des cartes détaillées et le massif devint un objet d'intérêt scientifique. L'établissement de postes d'observation météorologique dans les années suivantes témoigne de cette volonté de contrôler et de comprendre l'environnement local.

Cependant, le Toubkal n'était pas qu'une curiosité pour les scientifiques: il devint un point de rencontre entre les ambitions coloniales et la culture locale. L'administration coloniale mit également en place des infrastructures rudimentaires, facilitant l'accès au massif pour les explorateurs et militaires. Ces routes, souvent tracées à travers des vallées escarpées, permirent non seulement de relier les villages isolés, mais aussi d'asseoir une présence française dans une région difficile d'accès. Les colons commencèrent alors à envisager le développement du tourisme dans cette région montagneuse, même si ce projet restait embryonnaire à l'époque.

Le Toubkal, majestueux et impassible, devint ainsi une frontière entre deux mondes : il symbolise à la fois la richesse naturelle du Maroc et les défis que représente sa domination. Si la montagne demeure inviolée par les grandes transformations industrielles, elle fut néanmoins marquée par les prémices de changements qui allaient se déployer dans les décennies suivantes.

Géographie : Mille et un miracles d'un mont
Le Toubkal se trouve dans son Parc national éponyme, une zone protégée créée pour préserver la biodiversité locale. Le point de départ traditionnel pour l'ascension est le village d'Imlil, situé à 1.740 mètres d'altitude. Depuis Marrakech, Imlil est accessible en environ 1 heure et demie de route. Le parcours vers le sommet offre des vues imprenables sur les vallées environnantes et les villages berbères traditionnels.

L'ascension du Toubkal est réputée pour sa relative facilité technique, bien que l'altitude et les conditions climatiques puissent la rendre exigeante. Le refuge du Toubkal, situé à 3207 mètres, sert de point d'étape pour les alpinistes. Construit en 1938, il a été rénové en 2007 et porte le nom de Louis Neltner, un géologue et alpiniste français. Le refuge offre des installations de base et permet de se préparer pour l'ascension finale.

La région autour du Toubkal abrite une biodiversité riche, avec des espèces endémiques adaptées aux conditions montagneuses. Les forêts de cèdres et de pins abritent des animaux tels que le chat sauvage, le fennec et diverses espèces d'oiseaux. Les prairies alpines sont le domaine de plantes comme l'edelweiss et le genévrier.

Le Toubkal est également un lieu d'intérêt culturel. Le village d'Imlil, point de départ de l'ascension, est réputé pour son hospitalité berbère et ses maisons traditionnelles en pisé. Des structures comme la Kasbah du Toubkal, un écolodge de luxe, offrent aux visiteurs une immersion dans la culture locale tout en respectant l'environnement. Cette kasbah est membre des "National Geographic Unique Lodges of the World", une collection de lodges sélectionnés pour leur expérience authentique et leur engagement envers la durabilité.
Outre l'ascension du Toubkal, la région propose diverses activités de plein air, telles que la randonnée, le trekking et le ski de randonnée en hiver. Les sentiers bien balisés permettent d'explorer les vallées environnantes et de découvrir la culture berbère. Il est recommandé de se préparer physiquement et de s'acclimater à l'altitude avant l'ascension. Des guides locaux, souvent issus des villages voisins, peuvent enrichir l'expérience en partageant leurs connaissances sur la région.

En somme, le Toubkal est une destination prisée pour les amateurs de montagne, offrant un mélange unique de défis physiques, de beauté naturelle et de richesse culturelle.

Revue de presse : Quand les médias internationaux s'en font l'écho...
Dans son article intitulé "L'ultime aventure dans les montagnes de l'Atlas : Gravir le plus haut sommet du Maroc", publié dans "The Sunday Times", le journaliste décrit en détails son expérience sur le Jbel Toubkal, qu'il qualifie de "brutal mais gratifiant". Il écrit : "La montagne m'a presque brisé, mais la vue depuis le sommet valait chaque effort". Ces mots témoignent de l'impact émotionnel et physique que cette ascension peut avoir sur les visiteurs, même les plus aguerris.
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De son côté, le guide local Mohamed Aztat, interviewé par "Much Better Adventures", souligne la résilience de la région après le récent séisme : "Des milliers de clients ont déjà gravi le Toubkal depuis le tremblement de terre. La vie reprend son cours, et les montagnes restent aussi majestueuses qu'auparavant". Cette déclaration met en lumière la capacité des communautés locales à rebondir face aux défis.

Un autre article, publié sur "Much Better Adventures", se concentre sur les conseils de préparation avant l'ascension du Toubkal. L'on pourrait y lire que "connaître les signes du mal des montagnes est crucial, à la fois pour vous-même et pour ceux qui vous accompagnent". Cette mise en garde souligne l'importance de la préparation et de l'acclimatation, surtout pour les visiteurs novices.

Enfin, sur le site Trip Advisor, où la communauté aborde la question de la sécurité sur la montagne, un commentaire épinglé s'ouvre sur une question récurrente : "Est-il sûr de gravir le mont Toubkal ?" avant qu'un adepte y réponde : "Oui, il existe des risques, mais avec une bonne préparation et des guides locaux expérimentés, tout est gérable". Une réponse qui vise à rassurer les randonneurs potentiels tout en insistant sur l'importance d'une planification rigoureuse.


Faits marquants : Les ravages d'un séisme dévastateur
Le 8 septembre 2023, un séisme de magnitude 6,8 a frappé le Maroc, avec un épicentre situé dans la province d'Al-Haouz, au cœur du Haut Atlas. Cette catastrophe a causé la mort de près de 3000 personnes et en a blessé plus de 5600.
Les villages entourant le Jbel Toubkal ont subi des destructions massives. Des localités telles que Tafeghaghte, Adassil et Imlil ont été presque entièrement rasées. À Ijoukak, environ 200 habitations ont été détruites, entraînant la mort de près de la moitié de sa population. Dans le village de Tafeghaghte, sur 200 résidents, 90 ont perdu la vie, et de nombreux autres sont portés disparus. Adassil a déploré la perte de 32 élèves d'une même école. Le village d'Ighil, proche de l'épicentre, a également subi d'importants dégâts, mais n'a enregistré qu'un seul blessé, la majorité des habitants étant à l'extérieur lors d'une cérémonie de mariage au moment du séisme.

Les infrastructures locales ont été sévèrement endommagées. Les routes menant aux zones montagneuses du Toubkal ont été obstruées par des éboulements, compliquant l'accès des secours. Les habitations traditionnelles en pisé n'ont pas résisté aux secousses, laissant de nombreuses familles sans abri.

Ce séisme a profondément marqué la région du Toubkal, causant des pertes humaines et matérielles considérables. La route vers la reconstruction est semée d'embûches, mais la résilience des communautés locales demeure un témoignage poignant de leur détermination à surmonter cette épreuve.


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