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Industrie cinématographique : La loi 18-23 a fait son cinéma... et maintenant ? [INTEGRAL]
Publié dans L'opinion le 28 - 10 - 2025

Depuis le début du mois de septembre, la loi n°18.23 relative à l'industrie cinématographique et à la réorganisation du Centre Cinématographique Marocain (CCM) est officiellement entrée en vigueur. Un texte porteur d'espoir, à condition toutefois que sa mise en œuvre soit menée avec rigueur.
Il faut que tout change pour que rien ne change ? C'est en tout cas ce que craignent certains professionnels du cinéma pour la réforme du cinéma, vendue par la tutelle, le ministère de la Culture, comme la réponse à la question : comment moderniser un secteur porteur, mais encore loin des standards internationaux ? Depuis le 1er septembre 2025, la loi n°18.23 relative à l'industrie cinématographique et à la réorganisation du Centre Cinématographique Marocain (CCM) est officiellement en vigueur, marquant une rupture avec un cadre légal qui datait de 1999. Il faut dire que la réforme est plutôt ambitieuse. Promulguée en décembre 2024, elle ambitionne de faire du cinéma un véritable moteur de développement économique et culturel pour le Royaume.

Du côté des professionnels du secteur, l'attitude reste pour l'heure prudente, chacun préférant attendre avant de dresser un premier bilan des retombées de cette «révolution» locale du 7ème art. «Si c'est une réforme qui est là pour que notre cinéma puisse briller chez nous et ailleurs, pourquoi pas ?», confie le réalisateur et scénariste Yassine Fennane. Sur le terrain, l'auteur de Karyan Bollywood (2014) appelle toutefois à un assainissement du milieu des sociétés de production. «Il ne faut plus voir de boîtes de productions fantoches qui profitent du système. Il faut aussi que ceux à la tête de ces sociétés soient des amoureux du cinéma mais aussi compétents, car c'est un vrai métier», souffle-t-il, avant de reconnaître qu'«il faut qu'on se donne un peu de temps avant d'en juger [la réforme, ndlr]».

Du progrès, mais loin de l'eldorado

Parmi les nouveautés majeures apportées par la réforme : la séparation des activités de distributeur et exploitant de salle. Une disposition qui ne plaît pas aux acteurs en double-casquette déjà présents sur le marché. «Avant je gagnais une marge de distributeur que j'investissais entièrement pour ouvrir de nouvelles salles. Maintenant, ça s'est arrêté», regrette Pierre-François Bernet, l'homme derrière les complexes Ciné-Atlas à Rabat et El Jadida.

En décembre dernier, Mohamed Kouna, président de la Commission d'aide à la numérisation et à la modernisation des salles de cinéma au CCM, défendait sur ces mêmes colonnes cette disjonction. «Le principal impact sera l'assainissement du secteur. Cela passe par une plus grande transparence et des règles mieux appliquées. Cela favorisera aussi l'attractivité du Maroc auprès des investisseurs étrangers», promettait-il. Pour leur part, les chiffres indiquent une ouverte remarquable du secteur de la distribution. D'après les dernières données citées par nos confrères des Inspirations Ecos, le nombre de distributeurs actifs est passé de 10 à 40 entre 2017 et 2024.

Mais il n'empêche qu'au niveau production, le tableau reste contrasté. Notre interlocuteur note que le véritable problème, lorsqu'un film marocain est financé, réside dans le manque de soutien comparable à celui dont bénéficient d'autres pays. Au-delà des subventions du CCM et des apports des producteurs, les ressources demeurent limitées. À l'international, notamment en France, un film suit un parcours cohérent - diffusion en salles, plateformes VOD, chaînes de télévision - qui garantit sa longévité. Au Maroc, en revanche, l'absence d'une chronologie des médias et de financements adaptés fait qu'un film peut disparaître dès sa sortie en salle. Dans ce paramétrage, l'accès à des circuits étrangers est essentiel afin de valoriser les œuvres nationales et pour affirmer davantage son rayonnement au-delà des frontières.

Un label studio inédit

La réforme du CCM a introduit un label "Studio" destiné à structurer et professionnaliser l'industrie audiovisuelle marocaine. Ce label reconnaît officiellement les studios de tournage et d'enregistrement qui satisfont à des normes rigoureuses définies par voie réglementaire. Délivré par le CCM, ce certificat qui se veut «d'excellence» garantit que les infrastructures et services proposés répondent aux exigences de qualité établies. Cette labellisation poursuit plusieurs objectifs stratégiques : d'abord, professionnaliser un secteur jusqu'alors peu encadré ; ensuite, renforcer l'attractivité du Maroc comme destination privilégiée pour les productions internationales ; enfin, faciliter l'accès des producteurs marocains à des studios certifiés et fiables. L'ambition est de permettre au Royaume de se positionner comme un hub régional incontournable pour l'industrie du cinéma et de l'audiovisuel.

Parallèlement, la réforme prévoit la création d'une carte professionnelle pour les techniciens marocains justifiant d'une formation adéquate ou d'une expérience reconnue dans les métiers du cinéma. Une mesure qui vise à «valoriser les compétences locales et à structurer davantage la filière».

3 questions à Fadoua Maroub : « Nous réclamons une étude sérieuse sur le secteur du cinéma »
* Quel a été votre rôle lors des discussions autour de la réforme ?
- En tant qu'association, nous avons réalisé un rapport pour analyser les politiques publiques en ce qui concerne le cinéma. Nous nous sommes intéressés au cadre institutionnel et législatif déjà en vigueur, qu'il s'agisse de rapports de la Cour des Comptes, de la Constitution ou du Nouveau modèle de développement. Nous avons été reçus par le ministre, nous avons pu faire notre plaidoyer auprès des membres des deux Chambres du parlement, pour les sensibiliser à la liberté de création.

* Justement, vous avez présenté 62 propositions d'amendement, mais une seule a été retenue...
- En 2011, avec la nouvelle Constitution, on a beaucoup parlé de liberté de création. Cette constante devait, à nos yeux, au moins figurer dans le préambule du texte de loi portant la réforme. Notre plaidoyer se situait dans une logique d'intervention stratégique : nous avons essayé d'introduire le principe de liberté de création dans plusieurs articles de la loi 18-23, pour qu'elle puisse renvoyer aux principes prévus par la Constitution. C'est comme ça qu'on avait imaginé cette réforme du cinéma.

* Vous vous intéressez beaucoup à la censure et ses modes d'application. Pourquoi ?
- C'est très intéressant de savoir comment on censure. C'est quelque chose qui existe partout dans le monde, mais il est capital de savoir comment la pratique se décline chez nous. Nous réclamons une étude sérieuse qui s'intéresserait en profondeur à cela dans le secteur du cinéma. Aujourd'hui, on manque de littérature sur le sujet et nous n'avons pas de chiffres pour comprendre l'ampleur du phénomène. Combien de films sont-ils censurés dès la phase du scénario ? Partiellement ou intégralement ? Il faut répondre à ces questions.
Gouvernance : Après Noureddine Saïl, un homme de télé pour diriger le ciné
La nomination de Reda Benjelloun à la tête du Centre Cinématographique Marocain est censée donner un nouveau souffle à une institution historique mais «vieillote» aux yeux de beaucoup de professionnels du cinéma. «C'est une très bonne nouvelle. C'est un homme de culture et j'ai beaucoup de respect pour le documentaire d'où il vient. On a déjà senti un vrai changement au niveau de la réflexion derrière le Festival national de Tanger. Il y a une volonté qu'on ressent», se réjouit Yassine Fennane.

"C'est très subjectif, mais je dis toujours que c'est le meilleur choix", avoue Fadoua Maroub, interrogée par nos soins. "Après, c'est à tout le monde de faire son travail, nous les associatifs, les producteurs, les artistes. On ne peut applaudir d'une seule main".

Il faut dire que la nomination d'un nouveau patron du CCM ne pouvait davantage se faire attendre. Depuis le départ de Sarim Fassi Fihri en 2021, la fonction de directeur général du CCM était assurée par intérim par le Secrétaire général du département de la Communication, Abdelaziz El Bouzdaini.

Né à Fès en 1966, il fait des études de droit à Paris et débouche comme consultant. Il rejoint 2M en 1995, à l'époque fraîchement reprise par l'Etat. Reda Benjelloun y occupe successivement les postes de reporter, présentateur, puis rédacteur en chef du magazine Grand Angle. Il devient ensuite directeur adjoint de l'Information et enfin directeur des magazines d'information et du documentaire.

Réforme : Ce qui reste à faire
Réforme ou pas, plusieurs défis persistent pour le secteur. «L'avancée du cinéma marocain passe par la naissance de nouvelles salles de cinéma. C'est le nerf de la guerre», affirme Yassine Fennane. «Il y a beaucoup de productions de comédie locales qui passent dans les salles. Les chiffres de la fréquentation qui nous parviennent sont encourageants. Mais il ne faut pas que le cinéma qui marche soit uniquement la comédie commerciale. Il faut que notre cinéma soit guidé par des jeunes qui réfléchissent, qui sont capables d'écrire des scénarios de qualité, c'est ce qui nous manque», diagnostique-t-il.

Trouver des fonds pour ouvrir des salles de cinéma ? Pour s'y prendre, Pierre-François Bernet propose une «taxe Netflix» pour mettre à contribution le géant américain ainsi que les autres services de streaming. «Ça se fait ailleurs. Mais le problème c'est que les maisons-mères de ces plateformes n'ouvrent pas de société dans les pays où ils proposent leurs services, afin de justement ne pas se soumettre à l'impôt local».


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