Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présidé mercredi à Rabat une réunion du comité de pilotage de la réforme du système de santé national, dédiée au suivi de la mise en œuvre des différentes composantes de ce chantier stratégique. Cette rencontre intervient alors que le déploiement des Groupements sanitaires territoriaux (GST) a pris du retard, notamment après l'expérience pilote lancée en octobre dernier dans la région nord du Royaume. Détails. À l'approche de la fin de son mandat, le gouvernement place la réforme du système de santé parmi ses priorités. Le déploiement des Groupements sanitaires territoriaux (GST), présentés comme une solution pour remédier à la gouvernance jugée trop centralisée, avait tardé à se généraliser. L'expérience pilote lancée en octobre dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma a déjà généré des tensions au sein des centres de santé et hôpitaux, certains professionnels exprimant le risque d'une phase transitoire prolongée et peu claire. Le comité de pilotage de la réforme du système de santé national s'est réuni, mercredi 7 janvier, sous la présidence du chef du gouvernement Aziz Akhannouch pour suivre la mise en œuvre des différentes composantes de ce chantier stratégique. L'objectif est d'accélérer le lancement des GST à l'échelle nationale à six mois de la fin du mandat gouvernemental. Selon un communiqué de son Département, Akhannouch a souligné que « le gouvernement poursuit sa mobilisation totale, en harmonie avec les Hautes Orientations Royales, pour jeter les fondements d'un système de santé intégré, équitable et efficient, plaçant le citoyen au cœur des priorités ». Il a insisté sur l'importance de l'implication de tous les acteurs, aux niveaux central et régional, pour garantir le succès des GST, considérés comme un mécanisme clé pour répondre aux contraintes structurelles du secteur et rapprocher la décision du terrain. La réforme vise à transformer un système hospitalier considéré trop centralisé, fragmenté et peu lisible, en une organisation régionale autonome, tant sur le plan administratif que financier, réduisant ainsi les inégalités d'accès aux soins. Le Chef du gouvernement a affirmé que la dimension régionale constitue une conviction profonde du gouvernement, afin d'assurer la complémentarité et l'harmonie entre les structures de santé dans chaque région. La réunion a également abordé l'accélération des grands projets hospitaliers, notamment la construction des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU). Les conditions préliminaires pour la mise en œuvre des onze GST, dont les décrets ont été adoptés en décembre 2025, ont été passées en revue, avec un accent sur les mesures organisationnelles et institutionnelles et l'association avec les partenaires sociaux, en préparation des conseils d'administration des GST. Le comité a par ailleurs suivi l'avancement du plan d'uniformisation du système d'information des établissements de santé à l'échelle nationale. Course contre la montre pour les CHU de Laâyoune et Rabat Le comité a examiné l'état d'avancement des projets de mise à niveau des établissements de santé. Les CHU de Laâyoune et Rabat devraient être opérationnels cette année, tandis que dix autres projets seront achevés en février 2026, ajoutant 1 430 lits. Dix autres établissements seront terminés fin 2026, pour 1 637 lits supplémentaires. La mise à niveau des centres de santé de proximité est également avancée, avec 1 130 centres rénovés sur 1 400, soit 81 % du projet, et l'achèvement prévu ce mois de janvier. La deuxième phase, cette année, concernera 1 600 centres, dont 500 devraient être terminés en 2026. Pour les patients, les Groupements sanitaires territoriaux (GST) devraient améliorer l'accès aux soins, notamment dans les zones rurales, réduire les déplacements vers les grands centres urbains et assurer une continuité des parcours entre centres de santé, hôpitaux régionaux et CHU. L'harmonisation des pratiques via des protocoles communs vise à garantir une qualité de soins comparable d'une région à l'autre. Cependant, ces bénéfices dépendent de facteurs clés, à savoir le renforcement des ressources humaines, la numérisation des processus et, surtout, une phase de transition maîtrisée pour éviter les effets d'une réorganisation encore fragile. Alors même que les professionnels de santé ont déjà exprimé un mécontentement croissant en dénonçant la réduction des perspectives de carrière, le gel de certains décrets d'application et les retards dans la régularisation de leur situation administrative et financière. Les GST entrent dans une phase où les résultats tangibles prévaudront sur les bonnes intentions, et c'est ainsi que sera mesurée la réussite de la réforme.