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Sous la pression de l'accumulation de mauvais indices économiques
L'erreur des solutions simplistes à des problèmes complexes
Publié dans L'opinion le 20 - 06 - 2012

Les temps sont durs pour le gouvernement Benkirane, avec une suite ininterrompue de chiffres économiques prévisionnels pas vraiment encourageants, alors que les attentes exprimées, de plus en plus bruyamment, par les différentes franges de la population ne vont pas du tout dans le sens d'une politique d'austérité qu'exigerait la situation.
On savait déjà que l'économie nationale devrait se contenter d'un maigre 2,4% de taux de croissance du PIB cette année, du fait d'une baisse de quelques 10% de la valeur ajoutée agricole, et voici que l'on apprend que le déficit dans les échanges du Maroc avec l'extérieur s'est encore creusé, de 28,6% de janvier à mai de l'année en cours par rapport à la même période l'année d'avant. Le déficit commercial s'est aggravé de 10%, d'après les statistiques récemment publiés par l'Office des Changes. Ce qui revient à dire que les réserves de change du Maroc ne cessent de s'amenuiser.
Toutefois, annonce le Haut Commissariat au Plan (HCP), les importations du Maroc devront baisser dans une proportion de 1,4%, de 2013 à 2017, permettant ainsi d'améliorer le solde commercial de 0,81 en point du pourcentage du PIB en 2013-2014 et de 0,59 en 2017. Cette «amélioration» devrait découler du recul de la demande intérieure, du fait de la hausse des prix du carburant. Sauf que ce renchérissement, synonyme d'alourdissement des charges des entreprises, devrait également entraîner une régression de la compétitivité des produits marocains, et donc des exportations du Maroc. Ce qui est, bien entendu, beaucoup moins réjouissant. Cette baisse des ventes à l'étranger serait de l'ordre de 0,20% en moyenne au cours des cinq années à venir, d'après la simulation de l'impact de l'augmentation des prix des produits pétroliers sur l'économie nationale réalisée par le HCP.
Outre la hausse, déjà perceptible pour les ménagères, des prix à la consommation, chiffrée à 1,27% cette année et 1,9% l'année prochaine, avec son corolaire, la baisse du pouvoir d'achat, le renchérissement des prix à la pompe devrait également se traduire par une baisse des investissements de 0,59% cette année et atteindre 2,72% dans quatre ans. Et qui dit baisse des investissements, dit perte d'emplois, estimés par le HCP à 8.430 postes cette année, 19.500 entre 2013 et 2014 et 11.340 dans cinq ans.
Ainsi, si le solde budgétaire devrait enregistrer une modeste embellie de l'ordre de 0,2 point du pourcentage du Produit Intérieur Brut cette année et atteindre 0,75 point dans cinq ans, ce même PIB devrait enregistrer un manque à gagner de 0,39% en 2012, de 0,74% en 2013-2014 et 0,69% en 2017, du fait de cette hausse des prix du carburant. Plus clairement, ce que le pays va gagner en terme de réduction de ses déficits commercial et budgétaire, il va en perdre presque tout autant en terme d'investissements, d'exportations et de consommation des ménages et donc de points de croissance économique.
Soulager le budget de l'Etat et garder le rythme des investissements publics, c'est la justification avancée par le chef du gouvernement concernant la hausse des prix du carburant, qui va permettre au trésor public d'économiser quelques 5 milliards de Dirhams, selon la déclaration télévisée de M. Benkirane. Quand aux classes sociales défavorisées, elles devront bénéficier d'aides directes de la part des pouvoirs publics. Si le souci d'orthodoxie financière peut être considéré comme un gage de pragmatisme donné aux milieux d'affaires et aux partenaires économiques étrangers du Maroc, la perception du mode de réforme de la Caisse de compensation peut sembler étroite.
51,8 milliards de Dirhams versés par l'Etat l'année dernière au titre des subventions des produits de consommation de base, soit 5% du PIB, 32 milliards de Dirhams au cours des cinq premiers mois de l'année en cours, soit 80% du budget annuel consacré à cet effet, c'est effectivement énorme, intenable à terme. D'autre part, il n'en est pas moins vrai que les classes sociales les plus défavorisées, auxquelles sont normalement destinées ces subventions, ne profiteraient qu'à hauteur de 9% du budget de la compensation. Un cinquième de la population marocaine le plus riche s'accaparerait 43% de ces subventions, selon une étude du Conseil de la concurrence, ce qui est effectivement profondément injuste.
Sauf qu'il faudrait quand même préciser que ce sont les transports des marchandises et des voyageurs qui absorbent 90% des subventions octroyés au gazoil, qui représente 72% des subventions allouées aux produits pétroliers, qui absorbent pour leur part 83,6% du budget de la compensation, selon les résultats d'une étude effectuée par le Ministère des affaires économiques l'année dernière. C'est-à-dire que cette subvention au gazoil est essentielle au maintien du pouvoir d'achat non seulement des marocains les plus pauvres, mais aussi des classes moyennes.
Combien de ménages de la classe moyenne inférieure risquent de tomber en dessous du seuil de la pauvreté du fait de l'augmentation des prix à la pompe ? Les pouvoirs publics doivent-ils également les identifier et leur destiner des aides ciblées ? La solution la plus simple reviendrait à augmenter les salaires, mais c'est alors l'inflation qui vient au galop.
Comme quoi, une vision purement comptable de la réforme du système de subvention des produits de consommation de base est par essence étriquée et ne peut nullement produire des solutions viables sur le plan sociopolitique. Il faudrait d'abord produire une vision globale du rôle joué par la Caisse de compensation, dans toute sa complexité et ses multiples enchevêtrements économiques et sociaux, et faire preuve de bien plus d'imagination réformatrice. Et ce afin d'éviter que la thérapie ne tue le patient…


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