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L'évolution de la position du Royaume-Uni sur la question saharienne
Publié dans L'opinion le 02 - 01 - 2013

Une précision de dénomination s'impose d'emblée. Même si cela peut paraître rébarbatif voire secondaire, mais c'est primordial pour ne pas se tromper de sujet d'analyse. En fait, lorsque l'on évoque la position du « Royaume-Uni » sur une question particulière, on fait bien allusion à l'ensemble qui comprend l'Angleterre, l'Irlande du Nord, le Pays de Galles et l'Ecosse. Cela étant, le Royaume-Uni est, à titre de rappel, un membre permanent du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Ce qui explique le poids de cette puissance au sein de la société internationale notamment en matière de prévention et de résolution des conflits.
Concernant la position de Londres sur le différend saharien, il conviendrait de souligner que le Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth s'intéresse, dans un souci purement sécuritaire, aux effets potentiels de ce conflit sur la stabilité dans la région sahélo-saharienne. L'implication du Royaume-Uni dans la question saharienne s'est renforcée depuis qu'il a intégré le Groupe des Amis du Sahara occidental comprenant la France, la Russie, l'Espagne et les Etats-Unis, créé à l'initiative de ces derniers en 1993 afin d'aider le Secrétaire général de l'ONU à établir une osmose entre ses membres et toutes les parties concernées. Ce Groupe a pour mission également la réalisation et l'adoption des résolutions du Conseil de sécurité liées à ce différend.
Dès le déclenchement du différend saharien, le Royaume-Uni a opté pour une position de neutralité en évitant d'épouser l'une des thèses en présence. Ne reconnaissant ni la pseudo République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) ni la souveraineté du Maroc sur le territoire objet du conflit, le Royaume-Uni reconnaît, a contrario, Rabat comme puissance administrante dudit territoire. Cette posture est bien ancrée dans la politique étrangère du Royaume-Uni qui préfère composer avec des Etats constitués que de se mêler à des mouvements de sécession au devenir incertain. C'est la raison pour laquelle les officiels du Royaume-Uni se sont abstenus de tisser des liens formels avec les représentants du Front Polisario. Cette attitude a tendance à se relativiser depuis que le Maroc a amorcé sous l'égide de l'ONU des réunions informelles avec le mouvement séparatiste. Mais cette relativisation poursuit l'objectif, non pas d'une reconnaissance de la « RASD », mais d'une résolution politique du conflit.
Il n'est pas sans intérêt de rappeler ici que pendant les années 1980, le Royaume-Uni a appuyé le processus de médiation enclenché par l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), devenue Union Africaine (UA) depuis 2002, afin de trouver une solution politique négociée entre les parties. Mais après l'échec de cette Organisation dans ses efforts et la récupération de ce dossier par l'ONU, Londres n'a pas cessé d'apporter pleinement son soutien aux efforts du Secrétaire général, notamment suite à la signature des parties concernées de l'accord de cessez-le-feu en 1991. Depuis lors, le Royaume-Uni ne ménage aucun soutien au Secrétaire général de l'ONU, à son Envoyé personnel et à la Mission des Nations Unies pour l'Organisation d'un Référendum au Sahara Occidental (MINURSO), pour parvenir à une solution équitable à ce différend.
Lors de la présentation du Projet Marocain d'Autonomie (PMA) au Secrétaire général de l'ONU, en avril 2007, le Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth a souligné que cette initiative est sérieuse et crédible en précisant que l'ONU demeure le seul cadre susceptible de résoudre le conflit saharien. Ceci dit, les diplomates britanniques ont subi des pressions de la part de certaines Organisations Non Gouvernementales (ONG) qui demandent d'élargir les compétences de la MINURSO pour incorporer la surveillance des droits de l'Homme. Cette question a suscité un débat acharné parmi les membres du Groupe des Amis du Sahara occidental quoiqu'aucune position claire n'y fût adoptée par Londres. A ce stade, il est important de rappeler que la question du respect des droits humains constitue une constante dans la politique étrangère du Royaume-Uni, et ce pour des raisons liées à la sensibilité de l'opinion publique britannique aux allégations de violation de ces droits dans les Etats du Sud. A ce titre, il convient d'observer que le département britannique des affaires étrangères ne s'est jamais plié aux accusations fallacieuses de violation par le Maroc des droits élémentaires des citoyens sahraouis. Bien au contraire, il ne cesse d'émettre des rapports positifs mettant en exergue les réalisations du Maroc en matière des droits de l'Homme notamment au cours de la dernière décennie. Quant à la question des ressources minérales et halieutiques, le Royaume-Uni a voté en faveur de la signature de tous les accords de pêche entre le Maroc et l'Union européenne (UE). Cette position concorde avec la déclaration de son ancien ministre de la Pêche, Ben Bradshaw, qui a noté, en 2006 déjà, que : « Le Royaume-Uni considère toujours le Maroc comme la puissance administrante de facto du Sahara occidental. Le royaume chérifien est tenu, en vertu du droit international, de s'assurer que les activités économiques, y compris l'extraction et l'exportation des ressources naturelles, ne nuisent pas aux intérêts de la population du Sahara occidental ». Cependant, le Royaume-Uni a opté pour une position différente lors du renouvellement de l'accord de pêche entre le Maroc et l'UE en février 2011, à cause plausiblement d'un manque d'informations fournies par les autorités marocaines quant aux retombées économiques de cet accord sur la population locale. Londres a voté dans un premier temps contre l'autorisation de la Commission européenne d'engager de nouvelles négociations avec le Maroc et il s'est abstenu, dans un second temps, de voter pour l'extension d'un an dudit accord.
Un fait novateur. Le 1er décembre 2011, le parlement britannique a qualifié le PMA d' « initiative sérieuse ». En effet, l'institution législative britannique, dans un rapport sur les élections législatives tenues au Maroc le 25 novembre 2011, a déclaré qu' « En 2007, le Maroc a fait une initiative sérieuse pour faire avancer les négociations [sur la question du Sahara], en offrant une autonomie au territoire sous souveraineté marocaine ». Ce rapport, qui a été préparé pour le compte des membres de la Chambre des communes, la Chambre basse du parlement de Westminster, a rappelé que l'ancien Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour la question du Sahara, Peter Van Walsum avait conclu en 2009 que l'indépendance revendiquée par le Front Polisario n'était pas une option réaliste. Dans le même rapport, le parlement de Westminster a rappelé la position du gouvernement du Royaume-Uni sur cette question tout en soutenant les efforts déployés par le Secrétaire général de l'ONU et par son Envoyé personnel visant à parvenir à une solution politique négociée. Et d'ajouter que le PMA constitue une contribution sérieuse et crédible aux efforts du Secrétaire général de l'ONU et de son Envoyé personnel, conformément aux termes de la résolution 1871 du Conseil de sécurité de l'ONU.
On constate donc que la position du Royaume-Uni sur la question saharienne évolue au fur et à mesure que le Maroc gagne plus de légitimité sur le plan international par le biais des réformes institutionnelles graduelles qu'il a entreprises depuis 1999.
* Créé en 2004 à Rabat, le Centre d'Etudes Internationales (CEI) est un groupe de réflexion indépendant, intervenant dans le cadre de certaines thématiques nationales fondamentales, à l'instar de celle afférente au conflit du Sahara occidental marocain. Outre ses revues libellées, « Etudes Stratégiques sur le Sahara » et « La Lettre du Sud Marocain », le CEI initie et coordonne régulièrement des ouvrages collectifs portant sur ses domaines de prédilection. Sous sa direction, ont été publiés, auprès des éditions Karthala, « Une décennie de réformes au Maroc (1999-2009) » (décembre 2009), « Maroc-Algérie : Analyses croisées d'un voisinage hostile » (janvier 2011) et « Le différend saharien devant l'Organisation des Nations Unies » (septembre 2011). En avril 2012, le CEI a rendu public un nouvel ouvrage collectif titré, « La Constitution marocaine de 2011 – Analyses et commentaires ». Edité chez la LGDJ, ce livre associe d'éminents juristes marocains et étrangers à l'examen de la nouvelle Charte fondamentale du royaume.


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