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Mohamed Tabal : Dimension spirituelle apparente
Publié dans L'opinion le 14 - 06 - 2013

Dans le cadre de la quatrième édition de l'événement «Faddae Ennas» organisée récemment sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et la présidence effective de Son Altesse Royale Lalla Meryem et initiée sous le signe «Addikra Addahabia» à la place Djamaâ El F'na à Marrakech, l'Association Nationale des Arts Plastiques a fait participer l'artiste plasticien Mohamed Tabal , et ce aux cotés de 49 artistes plasticiens d'ici et d'ailleurs qui on travaillé en plein air devant le public sous des tentes spécialement conçues à cet effet, ce qui a insufflé à cette place mythique un nouveau esprit voire un label de beauté naturelle loin de toute agression et dénaturation. Une opportunité précieuse pour inviter les passionnés d'art à fêter et à vivre le bonheur du sacré et du spirituel en compagnie de cet artiste gnaoui qui met à l'honneur le langage sacré des figures et des signes en proposant des œuvres artistiques particulièrement imprégnées de spiritualité et symbolisme à l'instar de ses contemporains Abderrahim Trifis et Abdellah El Atrach.
Lauréat de la coupe d'Or, prix d'Europe au 23ème Concours International de la Peinture primitive moderne en 1994 et sélectionné au 25ème Concours International Pro Arte Kasper(Suisse – Morges) en 1996, Tabal est en quête des illuminations visuelles qui détournent leurs regards des contingences externes, pour s'intéresser à l'expression du monde intérieur de l'individu, autrement dit, au monde spirituel. Son pouvoir de création est d'une vigueur irrésistible. La violence de ses œuvres incarne la force de l'art africain et fait de cet artiste une figure de proue de l'univers artistique d'Essaouira et du Maroc : « Initié aux rites de possession, il fut par la suite introduit au culte des gnaoua citadins. Mais un jour il reçut le « don »de la peinture; alors une nouvelle vie commença pour lui. « Je tiens le pinceau d'une main ferme, tandis que ma tête s'envole », c'est ainsi que Tabal définit son état quand il travaille sous l'effet de la transe. S'effaçant devant la musique qui le transcende et le pénètre il en devient l'instrument. La peinture s'échappe de lui au rythme du tambour, qui mélange les couleurs avec force et rudesse. Les sujets s'entrechoquent, se composent dans tous les sens. Chaque parcelle est recouverte de symboles, de petits personnages vivant une histoire parallèle. Ici, tout se mêle dans une mysticité étrange et inconnue, où rites, tradition et mémoires collectives ressurgissent et s'emmêlent à la surface de la toile. », écrivait Abdelkader Mana, anthropologue. Et d'ajouter : « Tabal ne compose pas, il se laisse porter au fil de son pinceau sans souci d'esthétisme ou de recherche picturale. L'Art s'exprime sous une forme brute de toute influence ou éducation. Sans a priori, ni complexe, il se montre sous un aspect parfois dur et choquant. Il crie sa vérité, son histoire et celle de ses ancêtres esclaves venus d'Afrique. Le travail de Tabal ne se limite pas à la transe. Il possède aussi une œuvre plus narrative moins spontanée, où à la manière d'un conteur il fait revivre des scènes de fêtes traditionnelles. ».
Les œuvres de Tabal sont exposées jusqu' au 15 juillet 2013 à la Villa Val d'Anfa du Crédit du Maroc à Casablanca aux cotés de celles d'Abderrahim Trifis et Abdellah El Atrach. Elles dévoilent, à travers une œuvre totale baptisée «transe », encore une fois son univers insolite et haut en couleur où se mêlent icônes, symboles et imageries. Intrinsèquement lié au Maroc spirituel, Tabal présente une « peinture qui dégage un élan, un bonheur. Elle est vivante, elle implique une force. Elle ressemble à un tel enfant. Elle est libre, elle est sauvage. », précise Claude Founet.
Par rapport à son expérience picturale, Tabal affirme : « j'essaie à ma guise de donner à voir un monde inédit qui répond à ma nécessité intérieure. L'ultime but de tout artiste, de tout créateur, peintre, sculpteur, musicien, conteur n'est il pas de nous faire aimer l'art pour nous faire aimer notre monde. Je salue vivement et chaleureusement tous les passionnés de mon art spirituel et je leur confié que mon seul représentant est Boubeker Kadiri pour tout acte d'acquisition et attestation d'authenticité, et ce pour mettre un terme à la circulation de quelques faux tableaux. ».
Michelle Odelin, artiste peintre qui vient de terminer son séjour au Maroc dont elle garde des souvenirs mêlés d'influences déterminantes pour son œuvre, confié : « Au Maroc, il y a deux peintres qui ont frappé ma sensibilité : Abbès Saladi, peintre autodidacte, mystérieux, visionnaire, fascinant, d'une imagination inénarrable. Ses œuvres foisonnent de détails, de couleurs, de subtilités. Il s'inspirait du réel pour transporter le spectateur dans un monde étrange, féerique, hors du temps et Mohammed Tabal, il peint au rythme de la musique gnaoua dont il s'inspire. Il erre dans ce monde africain où la transe est une règle de vie. Il utilise beaucoup de symboles et entremêle les histoires pour réaliser une œuvre bouillonnante de vivacité. Bien avant de les connaître, j'évoluais déjà vers une expression artistique plus fouillée, plus colorée, plus mythique. Ils m'ont aidée à aller encore plus loin dans mes recherches. ».
André Malraux , grand critique d'art français, écrivit un jour à Serge Mendjisky « je voulais juste vous remercier d'être un artiste». On a qu'à remercier également Tabal de nous « donner à voir » son monde comme s'il était notre monde, ou notre monde comme s'il était le sien.


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