Maroc: les transferts d'argent ont bondi de 40% en 2021    Trafic aérien: L'ONDA table sur un taux de récupération de 75% en 2022    Somalie: Hassan Cheikh Mohamoud élu président    Botola Pro D2 : L'Union Touarga accompagne le MAT en première division    DGSN: 66 ans d'engagement renouvelé au service du Royaume    Youssef En-Nesyri assure la qualification de Séville pour la Ligue des champions (VIDEO)    Avant le derby, le Raja ne se rassure pas face à Oued Zem (VIDEO)    Maroc : L'ONDA table sur un taux de récupération de 75% du trafic aérien    Maroc : Abdeljaouad Belhaj élu membre du conseil d'administration de l'IBA    Coupe Mohammed VI de karaté : Le Marocain Abdelaali Jina remporte la médaille d'or    Coupe de la CAF : La Renaissance Berkane qualifiée pour la finale    Décès du président des Emirats : Moulay Rachid représente le roi à la présentation des condoléances    Le PIB agricole devrait baisser de 14% en 2022    Racisme à New York : Une tuerie fait une dizaine de morts    Terrorisme : 6 morts dont 3 enfants dans un attentat-suicide au Pakistan    Al Hoceima / Communes : Remise de 18 bus scolaires et 7 ambulances    Sidi Kacem / CRM : La création d'un centre de formation requise    Maroc : la demande de sécurité et de l'ordre social en des mains sûres, grâce à la DGSN    Villa des Arts / Rabat : Amateurs et pros célèbrent le théâtre d'impro !    Le Prince Moulay Rachid représente le Roi à la présentation des condoléances suite au décès de Cheikh Khalifa Ben Zayed Al Nahyane    Message de condoléances et de compassion de SM le Roi à SA Cheikh Mohammed Ben Zayed Al Nahyane    «La voix de la Palestine», enterrée à Jérusalem    SM le Roi félicite le Président du Paraguay à l'occasion de la fête nationale de son pays    Amina Bouayach: «L'accès aux droits sociaux et économiques reste un vœu pieux pour de nombreuses couches sociales»    Réélection de Mohamed Khalidi à la tête du parti de la Renaissance et de la Vertu    Hilale mouche l'ambassadeur algérien pour sa schizophrénie au sujet de l'autodétermination    Coronavirus au Maroc: 89 contaminations et zéro décès ce dimanche    DGSN: 66 ans de sacrifices et d'engagement renouvelé au service du citoyen et de la patrie    Températures prévues pour lundi    Voyages au Maroc. Levée de la double exigence « test PCR » plus « pass vaccinal » avant l'opération Marhaba 2022    Policy Center for the new south: La plus grande flambée des prix en 50 ans    Marathon de Marrakech : L'Ethiopien Dida et la Marocaine Gardadi remportent la 32ème édition    France. Zouhair Bennani, « le prince du supermarché marocain » qui inquiète    Le dirham se déprécie de 0,61% face à l'euro du 5 au 11 mai    SM le Roi adresse un ordre du jour aux Forces Armées Royales    Coupe de la CAF : La RSB veut rééditer son exploit de 2020    «Ne me donnez pas de trophées, donnez-moi de l'argent!»    Au CRSC, Kamelia Zarkani tisse des liens entre le Maroc et la Russie    En Tunisie, des milliers de personnes dans la rue contre les politiques du président Kaïs Saïed    DGSN: 66 ans de sacrifices infinis au service du citoyen et de la patrie    Commémoration : Allal El Fassi, le leader à la pensée plurielle    Magazine : Amine Naji, pour le meilleur et pour l'avenir    Hommage : Abderrahim Samadi n'avait pas tout dit    Paris: Rencontre sur les perspectives des écosystèmes économiques au Maroc    Nizar Baraka souligne la contribution remarquable des Marocains de l'étranger à l'économie nationale    Décès de Fred Ward, l'acteur de « Tremors »    Explosion créative pour les 13 ans de la Fondation Ali Zaoua    25.000 festivaliers et 5.000 écoliers à la 20ème édition    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le rôle phare de l'armée dans la transition
Egypte: L'armée poursuit ses opérations au Sinaï
Publié dans L'opinion le 10 - 09 - 2013

L'Egypte s'est engagée dans une transition devant aboutir début 2014 à des élections, mais l'armée risque fort de conserver un rôle phare pour mater toute éventuelle radicalisation des islamistes violemment réprimés par les autorités, estiment les experts. L'armée égyptienne a assuré dimanche qu'elle continuait de bombarder pour le deuxième jour consécutif dans le nord du Sinaï, où un groupe jihadiste a revendiqué l'attentat auquel a échappé jeudi le ministre de l'Intérieur au Caire. L'armée a affirmé qu'il s'agissait de sa «plus vaste opération militaire» visant à débarrasser la péninsule du Sinaï (est) des insurgés islamistes. L'armée mène des raids épisodiques dans le Sinaï où les attaques visant les forces de l'ordre se sont multipliées après la destitution le 3 juillet du président islamiste Mohamed Morsi.
«Il s'agit de la plus vaste opération visant à débarrasser le Sinaï du terrorisme», a affirmé sur la page Facebook de l'armée son porte-parole, le colonel Ahmed Aly. Déjà mardi, lors d'un précédent raid, les militaires l'avaient qualifié «d'opération la plus importante» menée dans le Sinaï.
«Neuf terroristes» ont été tués samedi, a assuré l'officier, promettant que l'opération allait durer «plusieurs jours».
L'armée a «encerclé des villages où se sont réfugiés» les insurgés, a précisé le colonel Aly sans livrer plus de détails.
Les opérations militaires ont redoublé d'intensité après une série d'attaques contre les forces de l'ordre. Le 19 août, 25 policiers avaient ainsi péri dans l'attaque la plus meurtrière depuis des années dans la péninsule du Sinaï.
Des groupes radicaux ont établi leurs bases arrières dans cette région majoritairement peuplée de bédouins aux relations difficiles avec le pouvoir central et théâtre en outre de multiples trafics le long de la frontière israélienne.
L'armée égyptienne a également récemment bombardé des insurgés islamistes qui s'apprêtaient à tirer des roquettes sur Israël.
En deux mois, les militaires ont assuré avoir tué une centaine d'insurgés dans le Sinaï et affirmé que ces derniers avaient tué 58 policiers, 21 soldats et 17 civils.
Depuis le pic de violence mi-août avec la dispersion dans un bain de sang des campements d'islamistes, l'état d'urgence a été réinstauré, de même qu'un couvre-feu nocturne, élargissant les prérogatives de l'armée.
Or, l'institution militaire qui a destitué et arrêté le chef d'Etat islamiste Mohamed Morsi et installé un président et un gouvernement sous la houlette de fait de son chef Abdel Fattah al-Sissi, ne s'effacera que «si la situation de crise se résorbe», estime Jean-Noël Ferrié, spécialiste de l'Egypte.
Et ce retrait pourrait n'être que partiel dans un pays dirigé par des présidents issus de l'armée durant près de 60 ans, ajoute le politologue. «La question aujourd'hui est de savoir si l'armée est présente en tant que collectif ayant un programme ou si elle se place dans la continuité, en ayant des militaires à la retraite à des postes clés dans l'économie ou l'administration», note-t-il.
Alors que le calendrier de la transition a été mis en marche avec le début de la révision de la Constitution, qui précède la tenue d'élections législatives et présidentielle début 2014, l'armée et la police poursuivent sans relâche la répression des islamistes.
Après la dispersion dans le sang les rassemblements pro-Morsi au Caire, l'armée multiplie les annonces sur ses offensives dans la péninsule instable du Sinaï, parlant régulièrement de «plus grande opération» et faisant état de la mort de dizaines de «terroristes jihadistes».
Pour Karim Bitar, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), cette rhétorique est «dangereuse» car elle permet aux forces de l'ordre de «s'octroyer un permis de réprimer brutalement».
Depuis le 3 juillet, plus d'un millier de personnes ont été tuées, des partisans de M. Morsi pour l'immense majorité, et plus de 2.000 membres de sa confrérie des Frères musulmans ont été arrêtés.
«Sauveur et non fossoyeur»
Or, pour les spécialistes, une frange des islamistes, estimant que l'élection démocratique des Frères musulmans et de M. Morsi en 2012 ont été «volées», pourrait se radicaliser et lancer une campagne d'attentats, complétant ainsi «une prophétie auto-réalisatrice», selon M. Bitar qui met en garde contre un «cercle vicieux entre répression et violence politique».
Pour lui, il est nécessaire pour éviter cet engrenage «de reconstituer rapidement ne serait-ce qu'une ébauche d'espace politique libéral et démocratique où toutes les composantes de la société pourraient s'exprimer librement».
C'est ce qui pourrait se dessiner avec le lancement des travaux du «Comité des 50», chargé de réviser la Constitution, qui inclut deux figures islamistes et seulement deux représentants de l'armée et de la police, face à une majorité de personnalités issues des courants libéraux et de la gauche, selon Jean-Noël Ferrié.
Pour ce politologue, «c'est un comité qui représente globalement toutes les tendances et remet ainsi les pendules à l'heure» dans le pays où la Constitution était accusée d'ouvrir la voie à l'islamisation de la législation. Les Frères musulmans toutefois refusent de dialoguer avec les autorités «illégitimes» et sont donc toujours de fait écartés de la transition.
M. Morsi avait été élu en juin 2012, alors que l'armée, portée aux nues lorsqu'elle avait pris les rênes du pays pendant 16 mois après la révolte du début 2011, était conspuée dans les rues.
Pour M. Ferrié, «cet épisode a échaudé l'armée donc elle a tout intérêt à ne pas diriger directement. Il vaut mieux apparaître comme le sauveur du pays que comme son fossoyeur».
Les militaires, estime-t-il, resteront en position de «garde-fou» dans un pays où la sécurité est une préoccupation importante, avec la crise économique.
Quoiqu'il en soit, l'omniprésence de l'armée inquiète les militants des droits de l'Homme qui voient se multiplier les procès militaires.
Sur les réseaux sociaux, ils sont nombreux à railler les propos du président par intérim Adly Mansour qui a assuré qu'»aucun civil n'a récemment été jugé par un tribunal militaire», le jour même où la justice militaire annonçait avoir condamné 52 Frères musulmans, dont un à la réclusion à perpétuité.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.