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Allemagne/ Regain des manifestations anti-immigration et anti-islam
Publié dans L'opinion le 10 - 01 - 2015

Secouée par des manifestations anti-immigration de plus en plus massives depuis plus de deux mois, le pays connaît depuis quelques années un afflux migratoire important.
Que dénoncent
les manifestants ?
Le groupe Pegida est né en octobre sur Facebook, à l'initiative de Lutz Bachmann, un ancien cuisinier de 41ans reconverti dans la communication. Fervent partisan de la «tolérance zéro» pour les immigrés qui commettent des délits, il a été condamné à plusieurs reprises lui-même pour divers délits et se trouve actuellement en liberté conditionnelle, expliquait notre correspondant à Berlin en décembre. Il a lancé le principe d'une manifestation tous les lundis, dont l'affluence grandit semaine après semaine.
Le credo de Pegida? L'opposition au «fanatisme religieux et à toute forme de radicalisme», et plus précisément le refus de «l'islamisation» de la société allemande. Cela passe par la fin de «l'abus de l'asile» dans un pays qui est devenu la première destination européenne des migrants (voir ci-dessous). Une banderole déployée lundi à Cologne réclamait ainsi «des pommes de terre plutôt que des kebabs», allusion à la forte immigration turque en Allemagne.
Au-delà de l'immigration, le mouvement dénonce les médias («tous des menteurs»), les élites politiques ou encore le multiculturalisme, qui diluerait la culture chrétienne allemande.
Que représente l'immigration
en Allemagne ?
15 millions Depuis les années 1950, l'Allemagne a fait appel à de la main-d'œuvre immigrée de manière régulière: les «gastarbeiter» (littéralement «travailleurs invités») ont contribué au redressement économique du pays durant des décennies. En 2010, selon les statistiques officielles, on comptait 19,3% de personnes issues de l'immigration dans le pays: 8,6millions étaient de nationalité allemande et 7,15millions de nationalité étrangère. Parmi ces immigrés, 10,6 millions étaient nés à l'étranger et 5,15 millions en Allemagne. A titre de comparaison, en France, 8,4% de la population est immigrée.
L'Europe de l'Est et la Turquie ont longtemps fourni l'essentiel du contingent d'immigrés allemands: on compte 2,5millions de personnes d'origine turque en Allemagne et plus de deux millions d'immigrés d'origine russe ou polonaise. Il y a une explication historique à ce phénomène: longtemps, des populations d'origine allemande rapatriées des pays de l'ancienne Union soviétique ont constitué des cohortes importantes. Autre contingent nombreux, celui des immigrés venus des pays de l'ex-Yougoslavie. Cette immigration a été très importante jusque dans les années 1980, avant de diminuer au cours des années 1990. Mais elle a aussi connu un mouvement de sédentarisation: les travailleurs venus dans le cadre de migrations temporaires sont restés en Allemagne. Autre élément à rappeler: l'Allemagne était régie, jusqu'en 2000, par la politique du droit du sang. Il fallait avoir un parent allemand pour acquérir cette nationalité. Depuis la réforme, un enfant dont les parents étrangers résident depuis au moins huit ans en Allemagne peut être allemand. En France, c'est également le droit du sol qui prévaut pour les enfants d'étrangers: ils peuvent acquérir la nationalité s'ils justifient d'au moins cinq ans de résidence sur le territoire national. Ainsi, 8 millions de personnes ont obtenu la nationalité allemande.
Pourquoi cette flambée
anti-immigrants?
Plusieurs phénomènes peuvent expliquer cette flambée du discours anti-immigration. D'une part, la démographie allemande est en berne et les autorités n'ont pas freiné les arrivées dans le pays. Selon Destatis, l'office fédéral de la statistique, le pays a connu 673000naissances en 2012 pour 869000décès, soit un solde négatif de 196000personnes. Depuis des décennies, c'est uniquement grâce à l'immigration que l'Allemagne maintient un solde démographique positif.
Mais surtout, depuis le début de la décennie 2010, l'Allemagne redevient un pays d'immigration massive. C'est notamment la première destination en matière de demandes d'asile en Europe, avec une véritable envolée des demandes ces dernières années.
De plus, avec l'immigration, l'Allemagne a connu une hausse du nombre de ses citoyens musulmans, qui sont aujourd'hui 5millions environ, sur une population de 80millions, selon les statistiques officielles. C'est notamment sur la question de la religion que des mouvements tels Pegida mobilisent.
Les anti-islam de Pegida veulent profiter de l'émotion
Les partisans de Pegida se sentent confortés et tracent un parallèle entre la condamnation du terrorisme, dont Paris a été la cible, et la justification de leurs manifestations contre une «islamisation de l'Occident».
Sur sa page Facebook, Pegida, qui préoccupe l'Allemagne depuis trois mois, écrit en français: «vive la liberté». Pour sa douzième marche, lundi prochain à Dresde, les organisateurs du mouvement antimusulman invitent chacun des participants «à porter un brassard de deuil» et à manifester en silence, en signe de soutien aux victimes de Charlie Hebdo .Profitant de l'émotion et de la condamnation du terrorisme islamiste, ils espèrent être encore plus nombreux que d'habitude. Ils étaient près de 18 000 lundi. Les partisans de Pegida se sentent confortés et tracent un parallèle entre la condamnation du terrorisme, dont Paris a été la cible, et la justification de leurs manifestations contre une «islamisation de l'Occident».
Pegida veut amalgamer les ressentiments, tout en évitant d'être accusé de récupération. «Bien que le lâche attentat à Paris contre la liberté de pensée, la démocratie, l'Europe, finalement contre nous tous, semble apporter de l'eau à notre moulin, nous ne saisirons pas l'occasion pour nous vanter et dire, nous le savions», préviennent les responsables du mouvement. Dans un message publié la veille, ils étaient toutefois plus virulents. «Les islamistes, contre lesquels Pegida met en garde depuis plus de 12 semaines, ont montré en France qu'ils sont tout simplement incompatibles avec la démocratie et qu'ils ont recours à la violence et à la mort comme solution!» écrivaient-ils mercredi. «Nos politiciens veulent nous faire croire l'inverse. Faut-il qu'une telle tragédie se passe en Allemagne?»
En Allemagne, les responsables politiques sont presque unanimement opposés à Pegida. Seul l'AfD, le parti anti-euro et anti-immigration, a apporté son soutien aux thèses de Pegida. «À tous ceux qui ont ignoré ou qui se sont moqués des inquiétudes de ces gens, qui voient une menace dans l'islamisme, les attentats sanglants (de Paris) ont prouvé le contraire», a déclaré l'un de ses responsables, Alexander Gauland. «Personne ne doit instrumentaliser le terrorisme pour instiller la haine», a répondu la secrétaire générale du SPD, Yasmin Fahimi.
«ôter la tumeur»
Si le phénomène n'a pas réussi à s'implanter ailleurs qu'à Dresde, et bien que les mouvements anti-Pegida aient commencé à s'organiser, la défiance contre les musulmans se répand. Plus de 120 000 personnes sont abonnées à la page Facebook de Pegida. Selon une étude de la fondation Bertelsmann, rendue publique jeudi, 57 % des Allemands se sentent menacés par l'islam. Dans leurs commentaires, les partisans de Pegida s'expriment parfois sans précaution de langage pour dénoncer l'immigration: il faut «ôter la tumeur», dit l'un d'eux et tant pis pour «les dommages collatéraux».
Le nombre croissant de ressortissants allemands qui ont rejoint les rangs de Daech au nord de l'Irak alimente les peurs et l'islamophobie en Allemagne. Les services de sécurité sont mobilisés. Et Pegida est surveillé: les manifestations pourraient être une cible pour d'éventuels terroristes, a prévenu le président du syndicat de police DPolG Rainer Wendt: «Il n'y a pas besoin de beaucoup d'imagination» pour le dire, a-t-il expliqué au quotidien Handelsblatt. Jusqu'à ce jour, l'Allemagne a été épargnée par les attaques du terrorisme islamisme. Mais le risque existe, expliquent les services de sécurité allemands.
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