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Tijania Fertat : La lutte des classes
Publié dans L'opinion le 29 - 02 - 2016

Tijania Fertat s'est destinée comme véritable feuille de route la mise en œuvre, une de la régionalisation prônée par les instances politiques marocaines dans le domaine de l'éducation, au moyen d'une expérience de décentralisation éducative. Sin ouvrage « Gouvernance et décentralisation en éducation au Maroc » fait déjà et désormais référence en la matiére.
Ce travail de longue haleine qui s'inscrit dans un cadre plus large, d'envergure nationale et relève de l'intérêt général. Il s'agit, explique-t-elle, d'apporter une contribution supplémentaire, à partir d'une expérience particulière, à la réflexion en cours dans notre pays sur un sujet crucial pour son avenir, celui de la régionalisation, dans un secteur particulièrement sensible, celui de l'éducation.
Cette expérience unique ne pouvait, à ses yeux, être jetée aux oubliettes alors que l'on a toujours reproché à notre ministère d'être une administration sans mémoire, ou au moins à la mémoire très courte, chaque fois qu'un historien, un chercheur ou un pédagogue venait s'enquérir, en vain, sur un pan de l'histoire de notre enseignement ou un aspect de l'évolution de notre système d'éducation.
A l'orée de l'application des dispositions de la régionalisation avancée inscrite dans la nouvelle constitution de 2011, un pareil travail est certainement d'une grande utilité, dans un secteur stratégique où les enjeux de développement et de démocratisation sont à la mesure des espoirs de la Nation. C'est un combat éminemment éducationnel, certes, mais aussi politique, car dans ce sens, et pour que la feuille de route entamée par l'académicienne Tijania Fertat atteigne ses objectifs, des décisions politiques sont de mise.
« Le secteur de l'éducation est depuis longtemps enfermé dans un discours de crise, discours sans cesse reproduit depuis l'indépendance » à tout propos, écrit le professeur et ancien ministre de l'Education nationale Abdallah Saaf, en référence au travail de Tijania Fertat, qui prône un autre discours possible face au nihilisme ambiant, celui « porté par les témoignages d'acteurs qui croient en l'action réformiste et qui veulent bien rendre compte des grands efforts déployés sur le terrain : il est celui qu'adopte l'auteur de cet ouvrage. Bien qu'à peine audible par les bien-pensants qui veulent considérer que tout est détestable dans le système d'enseignement du pays, il atteste que la réforme est possible, qu'elle se déploie malgré tout dans la réalité contre vents et marées, même si son intensité et ses succès restent dépendants d'une temporalité politique variable ».
Ce livre ne répond pas seulement au devoir de témoignage, confesse l'auteure et chercheur, avec in esprit des plus militants, mais aussi à l'impératif de faire le point, en vue de contribuer à la réflexion, dans le domaine de l'éducation, sur la régionalisation avancée à laquelle aspire le Maroc et à laquelle le souverain du pays exhorte le gouvernement, pour mettre le pays sur les rails du changement, de la démocratie et du progrès. Et c'est là que réside son intérêt.
Voilà, donc ; un travail à la foix de réflexion et de terrain, logiquement concevable, puisque Tijania Fertat a toujours privilégié cc savant er efficace mélange. Un labeur bien affiné qui pose de si nombreux problèmes et tente d'en proposer des réponses et des solutions, dans l'espoir que la décision politique impose ici son empreinte ; pour l'avenir d'un secteur que l'on croit au bord du naufrage.


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