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Entretien avec Mme Sabah Zemmama, Présidente de l'UNHAM Origine de la problématique
Publié dans L'opinion le 23 - 04 - 2017

Les parents d'enfants en situation d'handicap en classes de passage CE6 et CE9, ont rendu compte à l'Union Nationale des Associations (70) oeuvrant dans le domaine du Handicap Mental au Maroc (UNHAM), aux Unions et collectifs oeuvrant dans le domaine, d'une circulaire datée du 30 mars 2017, et qui change, en quelque sorte, certaines références, accommodements et temps supplémentaire, lors des examens. Cette circulaire a été envoyée par le biais des académies. Une fois alertées, les associations sont lancé un appel de détresse, en attente d'une solution vitale pour ces enfants, sachant que sans adaptation, le passage des examens ne peut se faire et que ce guide de procédures des examens est nouveau cette année. Des enfants scolarisés, qu'on prépare pour cette étape depuis 5 ans, qui ne peuvent pas passer leurs examens avec les adaptations prévues par ce nouveau guide.
En fin de compte, il s'avère que les adaptations valorisées et mises en application depuis 2013 ont changé. Il n'ya plus d'accompagnateur de la personne handicapée qui a pour rôle soit de lire, d'écrire ou d'expliquer la consigne ; ils ont également enlevé l'adaptation du contenu de l'examen alors que ces enfants n'ont pas les mêmes compétences des enfants dits normaux ; le tiers temps, c'est-à-dire le complément du temps, a été précisé : c'est une demi-heure, comme ils sont un peu lents, cela leur permettait de finir leurs examens. En plus, au niveau de l'introduction, la référence à la circulaire fait état d'enfants dits normaux et rien pour les personnes handicapées. Par omission ou autre, toujours est-il qu'il n'y a référence à aucune loi, décrets ou aux autres circulaires préexistantes.
A partir de ce moment, l'UNHAM et plusieurs associations et collectifs ont alerté l'opinion publique et la presse. Et une lettre a été signée par les Collectifs et Unions du Maroc et envoyée au ministère de l'Education Nationale, pour savoir comment vont faire ces enfants, déjà préparés, pour passer leurs examens, et, leur demander de reconsidérer les choses. L'examen approche, les enfants sont en phase préparatoire finale, les parents et les enseignants vont essayer de régler les adaptations et préparer les enfants aux examens. Seulement, le temps supplémentaire ne sert à rien s'ils n'ont pas d'accompagnateurs et des contenus d'examens adaptés.
Ancien et nouveau règlements
Dans le règlement avec lequel on travaille depuis des années, toute personne peut passer son examen, qu'elle ait un problème moteur ou sensoriel, un problème de surdité, un malvoyant ou non voyant, des enfants avec des troubles d'apprentissage comme les dyslexiques, les dysplasiques, les dyscalculiques, les enfants qui ont des troubles de comportement, les enfants avec des troubles psychiques, tous ont le droit de passer les examens avec les adaptations nécessaires.
Dans la nouvelle circulaire, Ils ont conservé l'handicap mental et ont enlevé les adaptations. Ils peuvent passer mais sans adaptations, ce qui est impossible sans accompagnement. Si l'on prend l'exemple d'un enfant qui sait lire et écrire le français, l'arabe, l'histoire, la géographie mais qui a des difficultés pour les calculs, parce que son cerveau ou ses troubles ne le lui permettent pas, l'épreuve ou contenu des mathématiques est alors en fonction de ses compétences. Un enfant qui a du mal à écrire mais qui peut lire va être accompagné à l'examen par un accompagnateur qui va écrire à sa place. Ces enfants ont des compétences, pas les mêmes que les autres mais ils en ont quand même. L'examen de passage est là pour les pousser vers un meilleur niveau, sinon, ils ne pourront plus rien apprendre et seront des parias de la société. La finalité n'est autre que leur autonomie.
Comme partout dans le monde, on adapte le contenu pour les personnes en situation de handicap, le cursus scolaire pour les personnes qui ont des difficultés : handicap mental, psychique, moteur, trouble du comportement. Parmi les troubles de l'enfant, l'aptitude à apprendre deux langues. Certains arrivent à apprendre toutes les connaissances dans une seule langue et pendant toute la scolarité, cela leur permet de passer les étapes de la vie, de réussir les examens et de passer même le bac. Ce n'est pas grave, le plus important, c'est de percer, de progresser et c'est à cela que servent les adaptations, de faire avancer les personnes en réduisant les obstacles.
Le timing est très grave, vous ne pouvez pas imaginer le désarroi des parents. Pour arriver à ce passage pour leurs enfants, les parents ont tout fait, c'est toute une vie sacrifiée à leur construction pour arriver aux résultats escomptés. Les associations ont, de leur part, bataillé dès le début pour avoir des adaptations et pour le droit à la scolarité. A la base, ce sont les associations de parents des handicapés.
Tout un arsenal juridique encourageant et des acquis mis à néant
Tout est en faveur de leur scolarité : la Constitution dans son introduction et au niveau des articles 13 et 134, la suprématie des conventions internationales sur les conventions nationales, la convention des droits des personnes handicapées, la loi cadre 97-13. Autant d'acquis qui n'ont pas encore réussi à changer la vision sur l'handicap au Maroc, selon le référentiel de droit. Tous ces enfants qui ont eu la chance d'être scolarisés et qui ont évolué ont tout un staff derrière, fourni par leurs parents qui font le suivi avec leurs propres moyens. Alors que c'est un droit acquis et que c'est l'Etat qui devrait s'en charger. La majorité de ces enfants sont scolarisés dans l'enseignement public, on en compte à peu près 400 classes, soit plus de 4000 enfants qui vont passer cette année. Ils font partie d'institutions, de centres, de classes intégrées des associations, de candidats libres. C'est une perte fatale pour les parents, les enfants et les associations et c'est la perte des acquis. On attendait plus de réformes et non ce recul.
Des efforts colossaux sont fournis pas les parents, la prise en charge de l'handicap coûte cher, les parents payent l'adaptation, les cours supplémentaires, l'orthophoniste, le paramédical, les spécialistes, mais, ce coût est dérisoire, côté sociétal, devant son autonomie et sa productivité. Sa scolarité permet à sa mère et à son père de sortir travailler pour subvenir à ses besoins, à ses frères et soeurs de s'instruire dans de bonnes conditions, à sa santé de se stabiliser et de s'améliorer. Une personne qui a des faiblesses ou des défaillances, laissée-pour-compte dans un endroit sans aucun soin dépérit et s'engouffre. Mais quand on la tire vers le haut, elle va évoluer constamment et si on lui enlève les obstacles qui l'empêchent d'évoluer, c'est encore mieux. Il lui faut juste le moyen le plus adapté. Ce n'est pas une discrimination, ce n'est pas un avantage mais une adaptation. Un enfant dit normal ne peut pas également être bon partout. Il y a des lauréats de l'OFPPT, des ingénieurs, des médecins, ceux qui font du travail manuel, des artistes. On ne parle plus de quotient intellectuel, on parle de compétences et d'intelligences multiples. Certains ont des intelligences artistiques, manuelles, sportives, ce qui leur permet d'être autonomes dans la vie et c'est cela la diversité humaine.
Il est inadmissible qu'une personne, dans son bureau, élabore une circulaire ou un guide et mette tous ces enfants sur la touche, c'est de l'irrespect envers les personnes handicapées, leurs familles et les associations qui oeuvrent pour leur protection. C'est de la pure discrimination. C'était un acquis qui a émané de l'organisation de plusieurs ateliers, de réunions, d'efforts communs entre les associations, l'éducation nationale. Surtout que maintenant, on parle de la transversalité, chaque ministère est responsable de la personne handicapée, le MEN, le ministère de la Santé est responsable de la santé des personnes handicapées, le ministère de l'Emploi...C'est une excellente chose mais qui a besoin d'un organisme coordinateur.


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