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Covid-19 : BA5 se propage, une vague épidémique se prépare
Publié dans Maroc Diplomatique le 10 - 06 - 2022

De nouveaux sous-variants du Coronavirus circulent, et les cas d'infection reprennent leur tendance haussière. Les cas de jour en jour plus nombreux alimentent ainsi depuis quelques jours l'inquiétude et la crainte d'une nouvelle vague, poussant le pays dans un nouvel épisode de restrictions. A l'approche de la saison estivale, un scénario comme ceux vécus durant les deux dernières années n'est surtout pas ce que l'on souhaite, surtout avec la reprise touristique tant attendue. Qu'en est-il alors de cette nouvelle hausse de cas ? Est-on au seuil d'une nouvelle vague ? Eclairage du Dr Tayeb Hamdi.
Commençons par les choses sérieuses. Oui ! Une nouvelle vague se prépare et on devra y faire face. Selon Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en Politiques et Systèmes de santé, « on s'attend à une recrudescence accélérée des cas et à une nouvelle vague dans les semaines à venir ». Tous les indicateurs confirment un prochain rebond épidémique. En plus, « tous les ingrédients d'une nouvelle vague sont bien rassemblés », ajoute le médecin, citant une hausse du taux de positivité qui est passé de 0,5% il y a 5 semaines à 12% mercredi dernier et un taux de reproduction (RT) ayant atteint 1,19 la semaine passée, chose qui indique « une courbe épidémique qui se dirige vers le haut ».
Raisons d'un rebond épidémique
Tous les « ingrédients » pour une nouvelle vague sont actuellement réunis. Premièrement, « on a une vaccination qui est au ralenti. Cela fait des mois que la population a reçu sa dose ou a été contaminée, et donc l'immunité acquise par la vaccination ou suite à une contamination au Coronavirus a baissé. Certes, elle continue à protéger la population contre les formes graves, mais elle ne protège plus suffisamment contre les infections ou les réinfections », explique Hamdi.
En outre, la réouverture des frontières mondiales et l'allégement des conditions de déplacement ont facilité la circulation du virus. « Les voyages, les vacances d'été, la reprise du tourisme, déplacements etc. Il faut savoir qu'à chaque fois qu'il y a un déplacement humain, le virus qui circule. A chaque fois qu'il y des rencontres et des rassemblements, il y a le virus qui se propage. Plus il y aura de déplacements, de rencontres, et de contact proche, plus il y aura de cas », ajoute l'expert.
Comme si toutes ces raisons alimentant la hausse des cas n'étaient pas suffisantes, deux nouveaux sous-variants viennent s'ajouter à l'équation : le BA4 et le BA5. Au Maroc, on a fait face à une vague liée au BA1 et qui est toujours dominant dans le pays. Actuellement, selon Hamdi, « le BA2, sous-variant beaucoup plus transmissible, devient majoritaire. En plus, on a aussi des cas confirmés d'infection au BA5 qui est encore plus transmissible que les autres sous-variants et qui provoque des vagues épidémiques là où il passe ».
→ Lire aussi : Covid-19: Nécessité de respecter les mesures préventives face à une situation épidémiologique « non rassurante »
La cerise sur le gâteau ? Le relâchement « total » de la population vis-à-vis des gestes barrières, favorisant ainsi le déclenchement d'une nouvelle vague qui s'installerait à compter des jours à venir.
Un nouveau sous-variant BA5 ?
BA.4 et BA.5 sont des sous-lignages du variant Omicron du Covid-19. IIs ont entraîné une nouvelle vague de Covid en Afrique du Sud et au Portugal. Ils sont les produits des multiples mutations par lesquelles est passé le variant Omicron, lui-même résultats des mutations du virus initial causant la Covid-19, le Sars-Cov-2. Aujourd'hui majoritaire, ce variant a cinq sous-lignages : BA.1, BA.2, BA.3, BA.4 et BA.5. Les sous-variants BA.4 et BA.5 ont commencé à être identifiés en janvier et février 2022 en Afrique du Sud. Ils se sont ensuite diffusés au Portugal, entraînant une nouvelle vague de Covid-19 en mai.
Selon Hamdi, « BA1 est plus transmissible et donne un coup accélérateur de fouet à la hausse des cas, mais il faut aussi s'attendre à ce que BA5 augmente en proportion et devienne majoritaire dans 6 à 8 semaines. Il faut donc s'attendre à ce qu'il ravive la hausse des cas pour en faire une vague ».
Faut-il craindre le pire, soit un scénario similaire à 2020 ?
Une vague épidémique se prépare et le virus continuera à se propager à un rythme accéléré. Néanmoins, la reproduction d'un scénario similaire au début de la pandémie est improbable. C'est ce qu'affirme l'expert en systèmes de santé : « on aura notre vague de contamination, mais le nombre de décès et des cas graves ne sera pas aussi proportionnel qu'il l'a été lors de la première, deuxième ou troisième vague ».
Malgré la hausse des cas, la situation sanitaire au Maroc devrait rester « sous contrôle » affirme par ailleurs l'expert. Des cas graves, des cas nécessitant des soins en réanimation, voire des décès certes, mais ces risques restent surtout élevés chez les personnes âgées de 60 ans ou plus, atteintes de maladies chroniques ou immunodéprimées et qui ne sont pas vaccinées. « Dans les jours qui vont venir, le risque de se retrouver face au virus sera de plus en plus imminent. Davantage de personnes qui ne sont pas immunisées, c.-à-d. triplement vaccinées, vont malheureusement être les premières cibles du virus », regrette le médecin.
Vers un durcissement des mesures sanitaires ?
Les vagues actuelles en Afrique du Sud et au Portugal liées au BA5 se sont accompagnées d'une augmentation « notable » de cas grave et de décès et la vague que connaitrait le Maroc « ne passera pas sans dégâts » . Cependant, est-ce que le nombre des cas et des décès sera aussi important au point de nécessiter des mesures restrictives à l'échelle nationale ? La réponse est non ! Selon Dr Tayeb Hamdi, la prochaine hausse des cas ne constitue un risque ni pour les systèmes de santé, ni pour la santé publique.
Grosso modo, la prochaine vague « ne devrait pas avoir un grand impact sur la vie sociale ou la santé publique », rassure notre interlocuteur. Et lui de soutenir : « Les grandes mesures restrictives sont prises lorsque la population n'est pas protégée et qu'il n'existe aucun autre moyen de la protéger, ou quand le nombre des cas graves et critiques est si important que le système de santé se retrouve débordé. Or, aujourd'hui, ce n'est pas le cas ».
Grâce à la campagne nationale de vaccination lancée par le Royaume dès janvier 2021, le taux de protection dépasser aujourd'hui les 60%. La population a ainsi à sa disposition des vaccins et donc « le système de santé ne risque pas de s'effondre à cause de cette recrudescence », rassure encore le chercheur, évoquant une circulation « active du virus, mais avec un risque qui est modéré ».
Une responsabilité « individuelle »
La responsabilité de protection est une responsabilité individuelle, estime Hamdi. « Chacun doit se protéger et protéger son entourage, et ce n'est ni les entreprises ou écoles qui vont fermer ni le voyage qui sera restreint pour protéger les personnes non vaccinées », signale-t-il.
« Quand on a une circulation du virus qui va se reproduire de la même manière dans plusieurs pays, l'essentiel c'est de ne pas avoir une situation d'intense circulation du virus, c.-à-d. des zones rouges de circulation », explique l'expert de santé. La formule pour se protéger est simple : « 95% des contaminations ont lieu dans des espaces clos non aérés, donc il faut éviter les espaces fermés, les aérer et y passer le minimum de temps possible. S'il faut rester longtemps dans un espace clos, le port d'un masque est nécessaire », explique l'expert. Les rassemblements sont aussi des « occasions propices » à la propagation du virus, et donc il faut les gérer « avec sagesse » et prendre les mesures nécessaires, ajoute-t-il.
Qu'est-ce qu'il faut faire d'autre ? « La formule est connue », répond Hamdi insistant sur l'importance de la vaccination à trois doses pour les 60 ans et plus, et d'adopter les gestes barrières. Il faut se faire vacciner « dès maintenant », insiste-t-il. Ensuite, il faudrait penser à ouvrir la possibilité d'une deuxième dose de rappel, c.-à-d. une 4e dose de vaccin pour les personnes vulnérable, ajoute-t-il, alertant sur une vague « plus importante » en hiver.


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