Pour la première fois depuis sa création, l'Indonésie accède à la présidence du Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies. L'élection de l'ambassadeur Sidharto Reza Suryodipuro, intervenue le 8 janvier 2026, s'inscrit dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques persistantes et par des préoccupations croissantes relatives au respect du droit international et des droits fondamentaux. Conformément au règlement du Conseil, le président est élu pour un mandat d'un an par les 47 Etats membres. Basé à Genève, le Conseil des droits de l'Homme constitue le principal organe intergouvernemental des Nations Unies chargé de la promotion et de la protection des droits humains à l'échelle mondiale. Pour l'année 2026, l'ambassadeur indonésien assurera la conduite des travaux de cette instance, après avoir été désigné comme candidat unique du groupe Asie-Pacifique, auquel revenait cette année la responsabilité de proposer un président. M. Suryodipuro succède à Jürg Lauber, président sortant originaire de Suisse. À ce titre, il présidera les trois sessions ordinaires du Conseil prévues à la fin du mois de février, en juin et en septembre 2026. Il sera également chargé de superviser l'Examen périodique universel (EPU), mécanisme central du Conseil visant à évaluer de manière régulière la situation des droits de l'Homme dans l'ensemble des Etats membres des Nations Unies. Lire aussi : UIP : Le Maroc élu à la Commission permanente de la démocratie et des droits de l'Homme À l'issue de sa confirmation, l'ambassadeur indonésien a rappelé l'engagement constant de son pays au sein du Conseil depuis sa création, il y a vingt ans, ainsi que celui de son prédécesseur institutionnel, la Commission des droits de l'Homme. Lors de la même réunion d'organisation, les Etats membres ont également validé la nomination de l'ambassadeur équatorien Marcelo Vázquez Bermúdez au poste de vice-président du Conseil pour l'année 2026. Bien qu'il ait été l'unique candidat du groupe des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes, sa désignation n'a pas recueilli l'adhésion de la Bolivie, tandis que Cuba s'est dissociée du consensus. Intervenant dans ce contexte, la représentante de la Colombie, María Juliana Tenorio Quintero, a dressé un constat préoccupant de la situation internationale, évoquant une « crise mondiale profonde ». Elle a mis en garde contre le retour des menaces et du recours à la force comme mode de régulation des relations internationales, estimant que cette évolution fragilise le système multilatéral instauré depuis plus de huit décennies afin de prévenir un nouveau conflit mondial de grande ampleur.